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A.R. & MACHINES - Autovision (1974)
Par WALTERSMOKE le 1er Août 2019          Consultée 124 fois

Il est toujours très risqué pour un musicien de faire tout le temps la même chose. Certes, l'idéal pour certains est d'enchanter les foules en proposant la même chose, du moment que ça plait. C'est contestable, mais ça se comprend. Cependant, c'est tellement ardu que lorsqu'un artiste/groupe s'y tente, il se plante et se fait défoncer par les critiques ET le public. Autant vous dire qu'il faut vraiment être sûr de soi et/ou certain d'avoir LA formule magique pour continuer à plaire tout en sortant la même tambouille.

Cela, Achim Reichel l'a compris, mais dans l'exécution, il s'y est pris avec un succès mitigé. Durant sa carrière krautrock, menée avec A.R. & MACHINES, il a ainsi réussi l'exploit finalement pas si difficile de ne pas se planter dans toutes les largeurs, mais il a également créé une discographie très inégale. Le premier album du projet, Die grüne Reise (1971), est un monument absolument grandiose et déjanté du krautrock, le genre d'ovni capable de tutoyer Tago Mago de Can, rien que ça ; mais la suite fut bien plus bancale, et au mieux Reichel a-t-il pu fournir des albums profitant de son expérience pop des années 60 et de son goût pour l'expérimental, et qui jouissent tous d'une identité originale mais qui s'est peu variée. Concrètement : si vous avez écouté AR3 (1972), vous avez écouté AR IV (1973) et vice-versa.

Cependant, les choses changent avec Autovision, le 5e album de A.R. & MACHINES. Sorti en 1974, il peut être considéré comme un album de transition, certes, puisqu'il synthétise tout ce qu'a fait Reichel depuis 1971, mais il parvient surtout à être plus que ça, ne serait-ce que parce qu'il s'agit du meilleur album depuis Die grüne Reise. Avec cet album, Achim Reichel repasse de manière complète dans les sphères prog et krautrock, quand bien même il continuer de perfectionner son son tout en restant accessible.

Autovision est en fait plus facile à appréhender si l'on se rappelle que c'était un album sorti en vinyle à l'origine (logique, on est alors en 1974). La face A est ainsi placée sous le signe du rock véloce et puissant, qui cavale et charme d'emblée. C'est en tout cas ainsi que se présente l'ouverture "Eisenpferde" (« les chevaux de fer »), suivi par "Tanz der Vögel in den Winden", à la rythmique tout aussi enlevée mais plus hypnotique, car dotée d'une répétitivité typiquement teutonne. Rien que sur ces deux morceaux, Reichel évolue de manière plus que notable, ce qui est très bon à prendre. Et parce que le musicien aguerri sait qu'il faut ménager sa monture, il accompagne le tout d'un "Drei in Eins" plus calme et court, à la mélodie évidente mais pas facile.

De l'autre côté du disque, A.R. & MACHINES mute en quelque chose de plus corsé. Cette fois, Reichel s'aventure dans des terres plus calmes, avec des éléments encore bien rock/pop/whatever, mais on sent qu'on n'est qu'à un clavier de l'ambient, ou de ce qui s'en rapproche le plus en 1974. D'aucuns pourraient même évoquer le new-age avec un titre comme "Jay Guru Dev", mais Dieu nous en préserve, ce n'est pas le cas, du moins pas explicitement. Côté musique à proprement parler, ce pavé de 10 minutes n'est pas mauvais, mais il y avait moyen de vivre sans. Par contre, l'autre morceau fleuve occupant la face B, "Turbulenzen", est plus intéressant. S'il fallait présenter en un seul morceau la carrière de A.R. & MACHINES sans pour autant attaquer directement par Die grüne Reise (1971), "Turbulenzen" serait un choix idéal. La patte Reichel, les guitares bouclées, l'ambiance mystérieuse qui s'en dégage, tout n'y est certes pas parfait, mais ça suffira pour comprendre que A.R. & MACHINES est un groupe qui mérite qu'on s'y attarde.

Autovision est donc un bon album dans sa catégorie, et Achim Reichel peut en être fier. S'il avait continué dans cette veine, il aurait peut-être sorti d'autres albums tout pareils mais meilleurs encore. Hélas, à part un live, Erholung, paru en 1975, il n'y aura plus rien, Reichel préférant se consacrer à une carrière résolument pop. Reste donc une discographie par moments décevante mais globalement satisfaisante, dominée par un essentiel du krautrock. Tout le monde peut-il en dire autant ? Non.

Note réelle : 3,5/5

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- Achim Reichel (guitare, claviers, batterie, harmonica)
- Peter Franken (batterie)
- Jochen Petersen (saxophone)
- Claus-robert Kruse (claviers)
- Olaf Casalich (percussions)


1. Eisenpferde
2. Tanz Der Vögel In Den Winden
3. Drei In Eins
4. Turbulenzen
5. Jay Guru Dev
6. Kopf In Den Wolken - Beine Auf Der Erde



             



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