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2021 Raise The Roof
 

- Membre : Led Zeppelin, Page & Plant
- Style + Membre : Alison Krauss , Robert Plant

PLANT & KRAUSS - Raise The Roof (2021)
Par LONG JOHN SILVER le 16 Mars 2022          Consultée 568 fois

Fin 2007, débarquait dans les bacs, sans tambour ni trompette, l’album Raising Sand, fruit de l’association Robert PLANT/Alison KRAUSS. Or contrairement à l’adage selon lequel ce que l’on construit sur du sable sera vite balayé, ce disque sorti de manière relativement confidentielle allait connaître un succès exceptionnel et rafler moultes récompenses dont pas moins de cinq Grammy Awards. La tournée a également fait le plein, votre serviteur étant présent pour le passage du duo au Grand Rex de Paris à l’occasion d’un concert magique resté dans les mémoires. Évidemment qu’on en redemandait.
Sauf que non. La suite devait se profiler rapidement, mais elle fut annulée, ou plutôt ce serait le seul Percy qui la produirait via son album solo, l’excellent Band Of Joy qui suivait une ligne directrice Folk/Country/Pop/Bluegrass proche de celle de Raising Sand. Finalement, l’adage suscité n’était pas complètement faux. Oui, mais. Quatorze ans après, voilà que surgit dans les bacs, un peu par surprise, Raise The Roof, nouvel opus du tandem, entouré d’à peu près la même équipe drivée par T-Bone Burnett, déjà producteur (et musicien) de l’épisode précédent !

Raise The Roof reprend par ailleurs les bases qui avaient fait le sel (ou plutôt le sable) de son illustre prédécesseur, à savoir que nos protagonistes sont allé piocher dans le répertoire déjà existant les pépites (souvent méconnues) qui ornent l’album, à l’exception d’une compo (signée PLANT/ T-Bone BURNETT), on retrouve par exemple les EVERLY BROTHERS et Allen TOUSSAINT, déjà cités en 2007, mais également Bert JANSCH (modèle d’un certain James Patrick PAGE) mais aussi CALEXICO. C’est en effet ce groupe que l'ouverture met en lumière avec une magnifique interprétation de "Quattro (World Drift In)". La chanson est splendide, la prod' nous replonge quasiment au bon vieux temps de 2007. On est dans la continuité de ce qui fut alors mais, comme c’est (très) beau, on évite de se plaindre. La formule se répète ainsi sur les douze titres du disque où les deux vocalistes alternent duos et chansons solo, durant lesquelles un des deux jouant le rôle de choriste de luxe assure de somptueuses harmonies comme c’est le cas dès "The Price of Love".
Cependant, un doute point concernant la voix de Robert PLANT dont les prises ne semblent pas toujours si naturelles, notamment sur ses modulations dans les aigus. Serait-elle pitchée ? Pas impossible. Allez savoir avec les mystères de la production! Toutefois, cela ne nuit pas vraiment au déroulé de l’écoute et il faut avoir l’oreille bien suspicieuse pour déceler cela car ce qui prévaut, c’est avant tout la magnificence du rendu. Mais aussi l’efficacité imparable de titres comme "Searching For My Love", "High And Lonesome" aux saveurs psyché de bon aloi, ou encore "Can’t Let Go", ce dernier paré d’atours vintage fifties totalement irrésistibles, le travail sur le son est absolument ahurissant.

Bien entendu, la formule est éprouvée et l’effet de surprise prévalant quatorze ans auparavant n’y est plus vraiment, "Going Where The Lonely Go" n’apportant pas de plus-value par rapport à l’opus de 2007, au point qu’on jurerait que cette chanson y figurait déjà. Il n’empêche que les cages à miel demeurent tout aussi accueillantes à l’écoute de pièces aussi roboratives qu’exquises. Rayon (légère) bifurcation, "You Led Me To The Wrong" n’est pas sans rappeler la scansion du chant opérée sur "When The Levee Breaks" du Zep (en 1971) et son arrangement les penchants World Music de sieur Percy sur ses efforts solo précédents. Cela pour fondre juste après à l’écoute de "Last Kind Words Blues", valse hypnotique qu’on aurait bien vu clore cet ensemble de haute volée. C’est à "Somebody Was Watching Over Me" que revient cet honneur, un titre qui s’extrait de l’ensemble par un traitement déjà plus contemporain ou plutôt moins old school, et fait partie des plus mordants d’un disque qui reste suave, la plupart du temps, et parvient à poser un point final digne d'un album de grande classe.

Une édition spéciale propose deux bonus : des chansons de Hank Williams puis de Lucinda Williams, que l’auditeur saura apprécier à leur juste valeur, à savoir celle que peut avoir (en général) ce genre de compléments : de bonne facture mais écartés pour d'aussi bonnes raisons, soit de rythme, soit de cohérence. Précision amusante, Robert PLANT avait déclaré en interview (il y a déjà quelques années, alors qu'on piaffait pour une suite) qu’Alison KRAUSS avait été très impressionnée par le succès des DAFT PUNK version discoïde et aurait souhaité une orientation artistique lorgnant sur ce type de prod’, ce à quoi il aurait rétorqué qu’il était prêt à l’inviter au resto avec Nile Rodgers mais que l’expérience -sinon l'expérimentation- s’arrêterait là.
Raise The Roof s’inscrit bien dans la lignée de Raising Sand, jusque dans son titre. Il pose un toit sur des fondations bien plus solides qu’on ne le pense. Après tout, le béton est le produit d’un mélange de sable et d’eau (bon pas que, mais tout de même). Maintenant que le toit est posé, lovons-nous à l’intérieur afin de savourer de langoureux instants de paix, d'harmonies féériques, tant que cela nous est encore permis.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Robert Plant (chant)
- Alison Krauss (chant, fiddle)
- Jay Bellerose (batterie, percussions)
- Bill Frisell (guitare)
- Marc Ribot (guitare)
- Russell Pahl (pedal steel guitar, basse)
- David Hidalgo (jarana, claps)
- Stuart Duncan (banjo, fiddle)
- Denis Crouch (basse)
- Buddy Miller (guitare)
- T-bone Burnett (guitare, chœurs)
- Viktor Krauss (basse)
- Lucinda Williams (chœurs)


1. Quattro (words Drift In)
2. The Price Of Love
3. Go Your Way
4. Trouble With My Lover
5. Searching For My Love
6. Can't Let Go
7. It Don't Bother Me
8. You Led Me The Wrong
9. Last Kind Words Blues
10. High And Lonesome
11. Going Where The Lonely Go
12. Somebody Was Watching Over Me



             



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