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- Style : Joseph Haydn , Georg Philipp Telemann

Carl Philip Emmanuel BACH - Sonates En Trio (les Nieces De Rameau) (2002)
Par CHIPSTOUILLE le 27 Janvier 2008          Consultée 2870 fois

De la famille BACH, on connaît avant tout Jean-Sebastien, autrement appelé Johann Sebastian outre-Rhin. On sait plus rarement qu’il fut père d’une famille nombreuse dont quelques-uns de ses fils, principalement Johann Christian, Wilhelm Friedman et Carl Philip Emmanuel ont également marqué à leur façon l’histoire de la musique. Contrairement à leur père qui toute sa vie durant resta figé « dans » le style baroque, ses fils ouvrirent la voie du classicisme en Allemagne et furent même comptés parmi les plus illustres compositeurs de leur époque. C’est d’ailleurs entre ces deux générations de Bach qu’on établit la frontière la plus claire entre les deux styles de composition. Johann Christian à ce titre, eut une grande influence sur le jeune MOZART, qu’il rencontra à Londres dans sa jeunesse alors qu’il était montré comme enfant prodige à toutes les cours d’Europe.

Carl Philip Emmanuel de son côté restera contrairement à ses deux frères toute sa vie en Prusse. D’abord comme claveciniste de la cour à Berlin, puis à Hambourg où il succédera à son parrain TELEMANN comme « genralmusikdirector ». C’est avant tout dans la symphonie, type de composition encore en pleine maturité, que Carl Philip Emmanuel excellera durant sa carrière. C’est également à lui que l’on pense, lorsque l’on sait que le qualificatif de "père de la symphonie" est abusivement attribué à son contemporain Joseph HAYDN.

Si la symphonie est un style clairement ancré dans l’ère classique, les sonates en trio du disque qui nous intéresse ici pourraient représenter le chaînon manquant entre cette ère et la précédente, celle de la musique baroque. On s’étonne ici de compositions qui font cohabiter sans réellement fusionner basse continue complexe à l’allemande avec une mélodie plus claire, allant de l’avant, tout à fait galante voire insouciante. On se trouve alors doublement en terrain connu, quelque part chez le classique des classiques HAYDN côté mélodies, sans pour autant avoir définitivement délaissé cet accompagnement dont RAMEAU ou TELEMANN n’avaient pas encore eu l’idée de se débarrasser.

Il faut dire qu’en l’an de grâce 1749, nous ne sommes ni tout à fait dans l’ère baroque, ni dans l’ère classique. BACH père et HAENDEL, deux grandes figures du baroque, n’ont pas encore rendu leur dernier souffle. HAYDN quant à lui, en est encore à apprendre la musique en autodidacte. Au centre de tout cela, des compositeurs médiocres mais modernes comme Johann Adolf HASSE éclipsent d’autres plus talentueux mais dont le style tombe en disgrâce tels que Jan Dismas ZELENKA, reflet évident de la querelle des bouffons sur le point d'éclater en France. Carl Philip Emmanuel BACH fait partie des visionnaires, qui n'appliquent pas encore les règles de l'harmonie à la lettre, mais qui ont fait faire un pas de géant à la musique classique.

De son père, il hérite cette insistance rythmique, cette violence de la basse continue, omniprésente et indispensable, quand bien même il ne s’agit que de l’accompagnement. Le clavecin bat la mesure alors que la viole de gambe enveloppe de ses grasses rondeurs le tout d’un pourtour grave et entretenu. Dans cette quasi-cacophonie baroque, les violons battent de leurs propres ailes, et annoncent déjà des jours plus ensoleillés. Les cordes frottées du fils BACH n’ont déjà presque plus cette touche allemande contrepointée jusqu’à plus soif. Ils virevoltent l’un près de l’autre, sans chocs, évitent les coups de clavecins et de viole et bientôt, s’égarent, seuls, dans une « forme sonate » qui n’attend plus que la tête bien organisée d’un HAYDN pour être définitivement couchée sur papier.

Outre une vision historique des plus intéressante, ce disque présente de belles mélodies. L’un de ces disques que l’on ressort de temps à autre en rappelant à nos oreilles son contenu gracieux. Contenu qui ne reste cependant pas indiciblement gravé dans les mémoires, "CPE" BACH n'ayant pas un style suffisamment marqué si ce n'est cet assemblage inédit de deux styles. Il serait peut-être intéressant de voir ce que peut donner une interprétation plus romantique de ces quatre sonates, en mettant légèrement le clavecin de côté. C’est sans doute d'ailleurs ce fameux assemblage, qui met bien malgré lui en exergue cet aspect encombrant de la basse continue. Ce qui vaudra au final une appréciation moyenne à ce disque, c’est surtout l’inconsistance du tout, la musique ne restant malheureusement pas gravée dans nos mémoires.

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