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MUSIQUE CLASSIQUE  |  OEUVRE

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 Ludwig Van Beethoven, Le Site (1437)

Ludwig Van BEETHOVEN - Concerto Pour Piano N°3 (klemperer) (1803)
Par CHIPSTOUILLE le 9 Septembre 2014          Consultée 1509 fois

Ludwig Van BEETHOVEN avait déjà montré de très belles choses avec ses « deux » premiers concertos, avec le troisième il repousse les limites de la musique classique. Tout le monde s’accorde pour dater les débuts du romantisme à la symphonie Héroïque, avec pour lettre d’adieux à la période classique, le testament d’Heiligenstadt. Funeste document qu’un BEETHOVEN atteint par la surdité et déçu par ses amours rédigeait à l’attention de ses deux frères, sans que l’acte tragique qui aurait pu l’accompagner ne fut jamais porté (1). Le concerto pour piano n°3 fut ébauché dès 1796, bien avant cette période sombre (on le pense évoqué dans une lettre lors de la publication du premier dès 1800), et est achevé on ne sait vraiment trop quand. On a longtemps cru que ce fut en 1800, mais une partition d’origine datée de 1803 a fait réviser cet avis depuis. Il fut joué pour la première fois en 1803 et publié sous le numéro d’opus 37 en 1804. De par sa majesté, il est qualifié de grand au même titre que les deux suivants. Plus loin encore que la seconde symphonie, BEETHOVEN nous emmenait déjà dans un autre monde. MOZART, bien avant lui, avait pourtant grace à ses romances, ouvert une porte sur le futur de la musique. Avec ce troisième concerto, BEETHOVEN dépassait finalement le maître avec brio.

La première exécution du concerto, lors du même concert qui voyait la création de la seconde symphonie et de l’oratorio Le Christ au Mont des Oliviers fut un échec. Les répétitions furent très difficiles faute de temps. Le tourneur de page lors de cette création rapportera que la partition de piano soliste jouée par BEETHOVEN contenait des pages blanches. BEETHOVEN dut jouer sa partie soit de tête, soit partiellement improvisée. On pense que c’est ce qui valut un accueil ombrageux à cette première exécution. La seconde, une année plus tard reçut un accueil bien plus méritant, à la hauteur de l'oeuvre.

Seul concerto composé en mode mineur, il contient une tension dramatique qui le distingue des 4 autres. En outre, la tonalité d’ut mineur employée est celle que l’on retrouvera dans la 5e symphonie, une analogie évidente. Le premier mouvement de forme sonate, avec ses deux thèmes aussi puissants que beaux l’un que l’autre, reprend là où MOZART nous avait laissés avec son concerto n°24. Ombrageux tout en étant triomphal, c’est l’esquisse maussade d’un piano tantôt épris de colère, emporté par tout un orchestre prenant des allures symphoniques, tantôt porté par les regrets. Son regard voilé toise un passé triomphal dont on ne devine plus que les soubresauts.

Le second mouvement en comparaison joue la carte de la sonate le temps d’une introduction calme. Quand l’orchestre rejoint l’ensemble c’est l’extase, une félicité sans pareille. Dans un dialogue, le piano égraine sa mélancolie amoureuse en étreignant cet orchestre doué de magie. On note en particulier de superbes interventions de flûte et basson qui volent la vedette au piano l’espace de quelques instants, sur lit de pizzicato donnant le rythme de cette lente promenade dans les jardins taillés par le compositeur.

Enfin le dernier mouvement : retour au mode mineur et élan dramatique. Egalité avec l’évidence du thème du second, voire du cinquième concerto. Petite préférence de même, de la part de votre serviteur, pour cette signature blessante. Palam pam pam pam paaaam… Inoubliable tour de force qui permet à ce thème d’être aussi prenant, aussi bien joué par le piano que par tout l’orchestre, tous cuivres et timbales dehors. Repris de toutes les manières possibles, en fugue à trois voix, évoqué sous forme d’écho, le travail thématique est tout simplement époustouflant. On évoquera ces coups de tonnerres assénés vers la fin, PAM PAM, TADAM, le destin frappe à la porte. C’est haut la main du niveau du premier mouvement de la 5e et de l’Hymne à la joie de la 9e symphonie, un véritable chef-d’œuvre de la musique classique qu’il est impardonnable de ne pas connaître.

Le concerto pour piano n°3 pour BEETHOVEN, vous l’aurez compris est de ces œuvres classiques qui surclassent la majorité de ce qui existe. Etonnamment moins célèbre que d’autres œuvres du compositeur, il n’en demeure pas moins l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre.

(1) Le message est considéré comme très funeste, et pourtant Beethoven y précise bien ne pas se suicider.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Daniel Barenboim (piano)
- New Philharmonia Orchestra
- Otto Klemperer (direction)


- concerto Pour Piano N°3 En Ut Mineur Op. 37
1. Allegro Con Brio
2. Largo
3. Rondo
- concerto Pour Piano N°4 En Sol Majeur Op. 58
4. Allegro Moderato
5. Andante Con Brio
6. Rondo (vivace)



             



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