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2005 Animalien

ETHNOPAIRE - Animalien (2005)
Par OUAIMOI le 29 Juin 2008          Consultée 1365 fois

Il y a un an, je croise dans le métro un étrange individu aux yeux exorbités qui, ses écouteurs enfoncés dans les oreilles, lance ses membres dans des directions aléatoires et pousse des cris qui imposent une certaine distance entre lui et les autres passagers. Au bout d'un quart d'heure ou deux, il coupe son walkman, se calme visiblement et s'assoie sur une banquette. Voyant que la folie qui le possède semble liée à sa musique et non à une drogue quelconque, je me décide à prendre mon courage à deux mains et à aller lui demander quel groupe peut le mettre dans cet état. Il me parle alors d'Ethnopaire. Il m'explique que l'auditeur ne peut atteindre la transe que grâce à un volume élevé et une écoute active : il doit se laisser emporter par le flot de pensées enfermées dans son esprit. Pendant les quelques nuits qui suivent, des images de cette scène hantent mon sommeil. C'en est trop : je décide de me renseigner sur ces artistes mystérieux et de me procurer une oeuvre de leur cru. Je n'allais pas être déçu.

Ethnopaire est un groupe de trance composé de seulement trois membres : les deux premiers, Violette, une guitariste engagée à gauche qui s'est logée une bonne partie de sa vie grâce aux squats et aux écovillages, et Nilos ont déjà fait quelques apparitions dans le monde de la musique (notamment dans Tromatism). Ethnopaire naît de leur initiative et ils sont rejoints un peu plus tard par Zimo. Ils sortent leur premier album Animalien en 2005. Comme le groupe appartient à la scène alternative, on nous offre un coffret contenant le CD et un DVD (quatre heures de clips et de concerts) à petit prix (ici je ne traite que du CD).

Tentons de décrire le dédale infernal et passionnant dans lequel cet album plonge l'auditeur. Dès que ce dernier entame la première écoute, il se sent transporté loin des problèmes quotidiens qui le tracassaient il y a encore une heure ou deux. Les questions qu'on a l'habitude de se poser lors de la découverte d'un groupe lui traversent alors l'esprit : " Ont-ils un bon niveau technique ? Est-ce un son authentique ou un produit commercial ? Y a-t-il quelque chose de nouveau ou est-ce la copie d'un cliché musical que j'ai déjà entendu X fois ?". Puis ces questions sans réponse se dissipent, il perd le contrôle de la réalité et entre dans le labyrinthe de son inconscient. C'est à partir de ce moment que sa mémoire le trahit et il est incapable de se souvenir de l'ordre chronologique des évènements. A croire que cet album possède une structure particulière qui, au lieu de s'imprimer sur la dimension linéaire et monotone qu'est le temps, possède une forme libre et insaisissable : l'auditeur est propulsé à travers diverses ambiances et atmosphères sans comprendre son itinéraire.

Dans "Flash" et dans "Clandestin", il voyage dans la peau d'un pauvre homme agonisant au milieu d'une masse humaine serrée dans le camion d'un passeur. Il sent son coeur s'emballer, il croit même l'entendre par moment. Il manque d'oxygène, un rythme rapide, peut-être celui des secousses du véhicule, lui ronge les nerfs. La folie s'empare de lui, une folie qui emmène notre auditeur dans une prison, ou plutôt un hôpital psychiatrique : c'est le coeur de "Tek1". Les synthés s'envolent vers les aigus au fur et à mesure que la colère du détenu monte. Mais notre pauvre auditeur n'en a pas fini d'étouffer, il doit aussi trouver son chemin dans les tunnels sans fin de "Matrix"... Sans oublier ceux de "Labyrinthe", un des deux titres majeurs de l'oeuvre. Quoique cette fois une impression étrange le saisit : celle d'être embarqué par les courants de la puissance rythmique et mélodique propre au titre.

Mais l'album ne se limite pas aux atmosphères carcérales. Après s'être détaché de toute identité, l'auditeur peut se laisser porter par les vents de "Apatride" et "Nobody". Dans ces deux titres, tout comme dans "Predator" la mélodie reprend le dessus et se mélange à d'originales sensations de liberté. Tous ces mondes émotionnels s’articulent autour de la pièce maîtresse de l'album : "Holocauste", où on a rendez-vous avec les cris torturés d'un synthétiseur majestueux accompagné d'un riff répétitif et terrifiant.

Vous l'aurez compris, Animalien est l'oeuvre qu'il vous faut si vous êtes en quête d'un voyage surréaliste et psychédélique. Cependant il reste très violent et torturé, ce qui pourrait en rebuter plus d'un : ne vous lancez pas dans l'achat de cet album si vous ne supportez pas d'être secoué lorsque vous écoutez une musique.

Seules les remix bonus sont quelque peu décevants à mon goût, non pas qu'ils soient mauvais, mais ils restent malheureusement trop différents du reste des titres et rompent ainsi l'homogénéité de l'album.

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   OUAIMOI

 
  N/A



- Violette (guitare)
- Nilos (synthé)
- Zimo (autre)


1. Flash
2. Labyrinthe
3. Clandestin
4. Tek 1
5. Tribal
6. Deadstone
7. Apatride
8. Holocauste
9. Spoutnik
10. Matrix
11. Nobody
12. Predator
13. Labyrinthe (barbirooza Mix)
14. Tek 1 (junior Cony Mix)
15. Holocauste (junior Cony Mix)



             



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