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- Style : Elvis Presley , Eddie Cochran , Jerry Lee Lewis , Stray Cats, Buddy Holly , Little Richard, Ricky Nelson

Gene VINCENT - Bluejean Bop (1956)
Par ERWIN le 29 Juin 2009          Consultée 2844 fois

En 1956, c’est dans la bande originale du film “The girl can’t help it” de Tashlin que l’on trouve la première œuvre de Gene Vincent. Comme pour Eddie Cochran, voilà le tremplin qui le rend célèbre et en fait une icône aux yeux de tous les fans de rock, car sa chanson « Be bop a lula » est le symbole même de ces années folles. Le beat simpliste et la rengaine syncopée de Gegene (comme le surnomment ses fans les plus fidèles : les Français) en ont fait l’indémodable classique que chacun aura au moins fredonné une fois dans sa vie.
Inutile de s’attarder, les chiffres parlent d’eux-mêmes, plus de 20 millions de « Be bop a lula » seront vendus à travers le monde. Capitol avait trouvé « son » Elvis Presley.


Précisons avant toute chose que conformément aux canons en vigueur à l’époque, seules les 10 premières chansons paraissent sur l’édition de 56. Les autres ne peuvent se trouver que sur les 45 tours 4 titres, support classique des 50’s. Pour notre plus grand bonheur Capitol aura la bonne idée d’inclure ces 8 titres, bonus dont l’immense classique évoqué plus haut, dans la présente réédition.
Le premier disque de Vincent s’ouvre sur un vrai rock au tempo ravageur : « Blue jean bop ». La voix suave en intro laisse présager un slow qui se transforme par miracle en rock radical et efficace.
« Jezebel » nous présente un chanteur au superbe timbre grave et envoûtant ; les accents hispanisants renforcent la qualité de la chanson traversée par les fulgurances du soliste Cliff Gallup.

Gene Vincent est « socialement » le moins apprécié des grands créateurs du rock : les parents haïssent son look de cuir noir, ses poses extravagantes, son visage d’adolescent attardé, ses yeux pétillants : le mauvais garçon pointe sous le rockeur. Et sa vie sera à l’aune du jugement de ses contemporains : il ne mourra pas en « héros martyr » comme son ami Eddie Cochran ou Buddy Holly, il ne sera pas malade comme Bill Haley ou Elvis, mais une vie d’excès (le terme semble avoir été inventé pour lui) en tous genres le conduira à la dépendance, à la ruine, au rejet et à une mort solitaire et douloureuse. Le destin du plus pur des rockeurs s’achèvera à 35 ans en 1971, d’une hémorragie stomacale...
Mais en 56, il a 21 ans, la vie est douce et il en profite, comme ses chansons gaies et insouciantes le prouvent. Il a été victime d’un accident de moto ce qui lui laisse une jambe un peu raide et provoque une attitude scénique spéciale, très appréciée. Mais cet épisode ne l’émeut pas plus que cela.
“Who slapped john “, “I flipped”, “Bop street” ou « Jump back honey jump back » (avec un solo incisif de Gallup) : les compositions sont certainement moins évoluées que celle d’Eddie Cochran, mais elles swinguent et sont novatrices. Je préfère quant à moi l’obscur « Jump jiggles and shout », plus marrante et à la batterie groovante. Inutile d’être un prophète pour voir où Brian Setzer, patron des Stray Cats et pionnier du rockabilly revival des ‘80s, a piqué ses plans et idées…

L’ensemble des Blue Caps, son groupe d’accompagnement, dispose d’une section rythmique moderne où le Shuffle est permanent, et le grand Guitar Hero Cliff Gallup enchante par chacune de ses interventions scintillantes. Son style est révolutionnaire : la permanence de la reverb’ instille un son clair et insolent dans chacun de ses solos, aucun de ses contemporains ne cherchent à le singer, peu en seraient capables. Ce son clair et cristallin en fait le père spirituel d’une armée de guitaristes en herbe, dont Eric Clapton, Hank Marvin des Shadows, David Gilmour du grand Floyd ou même plus tard Mark Knopfler des Dire Straits ne sont pas les moindres. L’ensemble a donc une sacrée gueule, comme il convient à cette belle gueule d’amour cassée qu’est Vincent Eugene Craddock, de son vrai nom.
Sur les slows, preuve est donnée de sa sublime voix : « Up the lazy river », «Waltz of the mind » ou « Ain’t she sweet », chacune est chantée avec une grande sensibilité, mais les intonations de Gene perpétuent l’image de mauvais garçon qu’il symbolise désormais pour l’éternité.

D’un strict pont de vue musical, seules « Be Bop A lula » « Blue jean bop » et « Race with the devil » ont une postérité, le reste appartient aux cartons poussiéreux de l’Histoire, mais la création, l’innovation sont là, et ses morceaux de bravoure méritent tout l’intérêt du monde, ne serait-ce que pour établir une justice et rendre à Gene Vincent le statut d’icône et de grand créateur que lui ont longtemps refusé ses contemporains américains.

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   ERWIN

 
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- Gene Vincent (chant guitare)
- Willie Williams (guitare rythmique)
- Cliff Gallup (guitare solo)
- Jack Neal (basse)
- Dickie Harell (batterie)


1. Blue Jean Bop
2. Jezebel
3. Who Slapped John?
4. Ain’t She Sweet
5. I Flipped
6. Waltz Of The Mind
7. Jump Back Honey Jump Back
8. Wedding Bells
9. Jumps Giggles And Shouts
10. Lazy River
11. Bop Street
- bonus
12. Peg O My Heart
13. Woman Love
14. Be Bop A Lula
15. Race With The Devil
16. Gonna Back Up Baby
17. Well I Knocked Bim Bam
18. Crazy Leg



             



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