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DM STITH - Heavy Ghost (2009)
Par A.T.N. le 10 Septembre 2009          Consultée 1038 fois

Quand Shara WORDEN, l’onirique artiste habitée qui travaille sous le nom de MY BRIGHTEST DIAMOND, a commencé à chanter les louanges de David Michael STITH (qui l'avait aidée, par sa maîtrise des outils de studio, à enregistrer son premier album), la curiosité s’en est trouvée piquée. Connaissant l’œuvre de WORDEN, on se dit que ce geek de 29 ans, on l’aimera ou on ne l’aimera pas, mais a priori on ne restera pas indifférent. Voici donc l’album Heavy Ghost, première œuvre de ce fils de musiciens (père chef d’orchestre, mère pianiste, entre autres).

Disons le tout net : ces morceaux, c’est n’importe quoi. Peu de structure, on ne sait pas trop où il va. Couplet / refrain, ce n’est pas vraiment sa préoccupation.

Certaines intros se font au piano, c’est peu subtil, voire lourd, mais de petites notes comme des oiseaux contredisent la première impression. Pas vraiment de rythme non plus, puis des percussions qui s’imposent, ou un riff folk. Un break, indiquant la fin du propos. Puis non, une phrase douce finale vient clôturer le titre. Bref, pas vraiment des chansons, et un goût prononcé pour l’inattendu. Le genre de démarche qui d’habitude peut m’agacer prodigieusement, cette liberté trop grande que môôssieur l’artiste s’octroie comme une excuse pour ne pas avoir de cohérence, pour allonger ses délires et s’écouter écrire, dans une autosatisfaction de poète maudit.

Mais bizarrement rien de tout cela ne se produit dans mes oreilles. STITH, qui fait tout lui-même comme tout bon psychopathe qui se respecte, déroule les bruits qu’il entend dans son cerveau dérangé, il en fait un tableau qu’il peint sous nos yeux, et une forte beauté s’en dégage, car malgré le sentiment de départ sur l'absence d'idée directrice, un propos prend forme, l'auditeur réalise que finalement le bonhomme construit quelque chose. Une invitation à un certain mysticisme, comme un gospel post-moderne.

Cette alchimie subtile de voix fantomatiques, d’arrangements bricolés dans un équilibre complexe et surréaliste, de présence vocale entre Roger WATERS et Peter GABRIEL, invite à un voyage un peu ardu certes, mais qui sait récompenser le baroudeur tenace. On se retrouve prisonnier de mélodies fragiles et obsédantes, ensorcelé par des strates successives de voix sorties d’un film de Tim BURTON, comme si Danny ELFMAN avait attrapé la fièvre jaune. Et où va-t-il chercher ces instruments et comment les enregistre-t-il ? C’est un sacré travail, qui à lui seul mérite qu’on s’y arrête cinq minutes.

Pour les plus prudents, je suggère de commencer par les titres relativement classiques (mais déjà gentiment déglingués) que sont « Morning Glory Cloud » ou le sublime « Pigs ». Pour les autres, vous pouvez tenter de vous avaler l’album d’une traite, c’est une expérience qui vaut son pesant de frissons et d’hallucinations moites.

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   A.T.N.

 
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- David Michael Stith (tout, ou presque)


1. Isaac's Song
2. Pity Dance
3. Creekmouth
4. Pigs
5. Spirit Parade
6. Bmb
7. Thanksgiving Moon
8. Fire Of Birds
9. Morning Glory Cloud
10. Gms
11. Braid Of Voices
12. Wig



             



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