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WISP - The Shimmering Hour (2009)
Par SASKATCHEWAN le 31 Août 2009          Consultée 2180 fois

Une critique revient souvent quand il s’agit d’apprécier la qualité du genre Techno et de ses petites (mais redoutables !) excroissances jaunes fluo : ça manque de mélodie. A vrai dire, je trouve cela un peu injuste : reprocher à la Techno sa pauvreté en mélodie, c’est un peu comme reprocher à un kangourou de ne pas savoir manier le fer à souder ; la pauvre bête n’est tout simplement pas faite pour ça. Pourtant, qu’on se le dise, la Techno se soigne. De Derrick MAY à Richard D. JAMES, les tentatives pour pallier la carence en mélodies du genre sont nombreuses et parfois fructueuses. Toutefois, il reste un impératif quand on veut se frotter aux créations de tous les dérivés technoïdes : il faut aimer les rythmiques envahissantes, déstructurées, syncopées, répétitives, etc. Cependant, en 2009, les progrès de l’IDM aidant, un nouvel espoir se fait jour pour les allergiques incurables, j’ai nommé The Shimmering Hour, premier album de WISP sur le label Rephlex.

Dire que The Shimmering Hour est mélodieux est un doux euphémisme. En réalité, cet album déborde de mélodies comme une couscoussière en ébullition de sa graine à couscous (pour peu que le dosage sauce/viandes/légumes/graines soit adéquat ; en cas de trop forte sécheresse du milieu, le récipient explose immanquablement). Et pour cause ! Reid DUNN sait comment s’y prendre avec les synthés récalcitrants et les samples de cordes versatiles. Il suffit d’introduire une petite mélopée aux synthés pour lancer le morceau, puis de rompre l’élan l’air de rien avec un break un peu plus rythmé que le reste et BAM ! On balance la grosse envolée mélodieuse à faire pleurer une hyène, exécutée aux claviers ou aux cordes. Ici, deux écueils, un par instrument. Dans le cas des claviers, on risque fort de sombrer dans le désuet, le « cheap » comme on dit du côté de Chelmsford. Cependant, dans le registre de l’effrontément daté, les bidouilleurs IDM ont prouvé qu’ils étaient complètement sans vergogne, et WISP n’arrive sans doute même pas à la cheville du plus atteint de ces nostalgiques (ça commence par un CEE et ça finit par un PHAX). Second écueil, concernant les cordes cette fois, on a tôt fait de sombrer dans le lacrymal. WISP, d’emblée, joue plutôt la carte de l’épique et du mystique, avec de grands crescendos et quelques samples de voix inquiétantes et murmurantes plutôt bien placés.

Mieux encore, WISP, malgré la simplicité de sa recette, réussit à distiller une variété d’ambiances assez conséquente. L’inverse était à craindre, surtout après un EP Katabatic plutôt réussi mais très (trop) homogène. D’ailleurs, les quatre titres dudit EP se retrouvent en position centrale sur l’album, comme pour faire le lien entre une première partie plus enjouée et une fin d’album plus sombre et plus mystique. Cependant, l’album ne se réduit pas à cette opposition binaire ; beaucoup de titres surnagent et possèdent leur identité propre. « Picatrix » par exemple, sans doute le meilleur morceau du disque, fait figure d’accompagnement idéal à un documentaire sur la conquête spatiale. On imagine l’explosion de la mélodie au moment où l’astronaute s’extirpe de sa capsule et s’en va flotter dans l’espace, le crescendo aux claviers soulignerait alors le monologue exalté de la voix off : « … Nous somme les 18 mars 1965, l’homme effectue sa première sortie dans l’espace ! ». Bon, bien sûr, il faut s’être gavé des dernières commémorations lunaires pour être un peu sensible à la chose, sinon, la comparaison tombe à plat (ce qui peut s’avérer problématique quand on se trouve à des milliers de kilomètres du sol).
On change radicalement d’inspiration avec « World Rim Maker », plus tribal, avec ses cordes et ses percussions sourdes et organiques. WISP réussit même l’exploit d’élaborer une atmosphère médiévale avec des synthés criards sur « The Shaper ». On pourrait encore citer « The Fire Above », très ORBITAL dans l’esprit en introduction, avant de céder le pas à des sonorités plus agressives, avec un remarquable sursaut des cordes en fin de morceau ; ou encore « Summoner’s Hollow », sans doute le titre le plus émouvant de l’album avec sa mélodie finement ciselée et un petit rythme qui remplit parfaitement son rôle d’accompagnateur discret.

Cependant, The Shimmering Hour n’est pas exempt de tout défaut. J’avais déjà signalé le peu d’envergure de titres comme « Katabatic » et « Hexenringe » au moment de la chronique de l’EP Katabtic ; leur apparition sur format long ne fait qu’alourdir inutilement l’album. Car cet album est long, très long. Une heure et quart au bas mot ; pour un album qui n’offre pas un large éventail de sonorités, c’est plus qu’assez pour éprouver une certaine lassitude en bout de course. D’autant plus que le morceau de conclusion, « Winter Of Flight », fait vraiment figure de titre de trop. Alors que le reste de l’album échappait aux émotions faciles, ce dernier titre sombre sans retenue dans le larmoyant. Mais bon, achever son album sur un titre Ambient, c’est devenu une sorte de mode dans le genre IDM. Dommage, « The Fire Above » aurait fait une conclusion bien plus percutante.

Néanmoins, The Shimmering Hour reste un très bon album et une voix d’accès vers l’IDM toute trouvée pour ceux qui ont du mal avec l’aspect plus frénétique de la plupart des productions du genre. En plus, c’est disponible en CD. Et puis au cas où, jetez aussi une oreille sur l’album Rushup Edge de The TUSS, on ne sait jamais…

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- Reid W. 'wisp' Dunn (tout)


1. Teddy Oggie
2. Picatrix
3. Keeper Of The Hills
4. Flat Rock
5. Seaway Trail
6. Hexenringe
7. Cultus Klatawa
8. Katabatic
9. Summoner's Hollow
10. World Rim Walker
11. The Shaper
12. Hidebehind
13. The Fire Above
14. Winter Of Flight



             



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