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- Membre : Pink Floyd

Rick WRIGHT - Broken China (1996)
Par SUNTORY TIME le 15 Février 2010          Consultée 2512 fois

Le 15 Septembre 2008, Rick WRIGHT nous quittait. Rick WRIGHT … un nom qui ne fait pas forcément « tilt ! » à l’oreille de tout le monde, même parmi les mélomanes. Mais si je vous dis PINK FLOYD, peut être que cela rappellera des souvenirs à certains … pourtant quand on parle de PINK FLOYD, on pense à Syd BARRETT le fondateur carbonisé, à Roger WATERS le leader tyrannique, ou à David GILMOUR l’immense guitariste. Alors quid de Rick WRIGHT ?

Une biographie s’impose (rassurez-vous, je vais essayer d’être le plus bref possible). Rick WRIGHT est l’un des membres fondateur de PINK FLOYD, avec Roger WATERS, Nick MASON, puis Syd BARRETT. Il tient le rôle de claviériste, et aussi de chanteur additionnel. A la sortie du premier album du groupe, « The Piper at the Gates of Dawn », WRIGHT chante sur bon nombre de morceaux, dont certains en duo avec BARRETT, comme le désormais célèbre « Astronomie Domine ». Sa place dans le groupe est alors la plus importante après le charismatique BARRETT. Mais à l’éviction de celui-ci et à l’arrivée de David GILMOUR, les rapports de force vont être bouleversés. Waters va prendre les rênes du groupe mais n’est pas encore le redoutable mégalo de l’ère The Wall. Rick WRIGHT va se faire de moins en moins présent au niveau du chant, jusqu’à ne plus rien chanter après « The Dark Side of the Moon ».
Discret, Rick Wright l’était, trop même. Pourtant PINK FLOYD n’aurait pas été le même sans sa « patte ». Rappelez-vous, le sonar mythique d’ « Echoes », c’était lui. Les sublimes « Great Gig in the Sky » et « Us and Them » sur Dark Side …, c’était lui. La lancinante intro de « Shine on You, Crazy Diamond », c’était lui. La liste est longue…
Lors des sessions de The Wall, le tyran Waters le virera manu militari du groupe. Il reviendra au sein du FLOYD de l’ère GILMOUR, et aura même l’honneur de composer et chanter seul « Wearing the Inside Out » sur le dernier album du groupe, The Division Bell.
Depuis la fin de PINK FLOYD, WRIGHT est resté proche de David GILMOUR et participera à son album solo « On a Island » en 2006, ainsi qu’à la tournée qui suiviT. C’est à la fin de cette tournée qu’il disparut.

Après ces quelques précisions, nous pouvons nous pencher sur cet album, paru il y a déjà 13 ans. Broken China (Porcelaine Brisée) est le troisième album solo de Rick WRIGHT après Wet Dreams , sorti en 1978, et Identity sorti en tant qu’album d’un groupe éphémère, ZEE, en 1984. La pochette frappe par sa ressemblance avec celles de PINK FLOYD. Cela n’a rien d’étonnant car son créateur n’est autre que Storm Thorgerson, le génial photographe qui a réalisé toutes les pochettes du groupe (Sauf Piper …, The Wall et The Final Cut).

L’album, quant à lui, est à l’image de la pochette : liquide. Dès le premier morceau, on est plongé dans un univers étrange, nageant dans des eaux noires, inquiétantes et mélancoliques. Car Broken China est un album sombre, il ne faut pas se leurrer : il suinte le spleen, les blessures internes, les larmes, la souffrance, et n’est vraiment pas conseillé comme antidépresseur. Le concept de l’album est en effet basé sur la dépression nerveuse dont à été victime une amie de Wright (à moins qu’il ne s’agisse de lui-même …), et le chemin parcouru pour sortir de cette dépression.

L’album se constitue de 4 parties de 4 morceaux, séparées chacune par un bref silence, une moitié de chansons, pour l’autre moitié d’instrumentaux. Les claviers à forte consonances Ambient dominent tout l’album : WRIGHT est bien aux commandes et se charge de toutes les compositions. Son ami Anthony MOORE, déjà présent sur The Division Bell, se charge des textes et des arrangements. L’ambiance est pesante, mais calme, très calme, trop calme même parfois. « Along the Shoreline » est le seul morceau rapide du disque, avec des guitares très gilmouriennes en échos et un solo de synthé qui rappelle furieusement « Run Like Hell » sur The Wall. Les instrumentaux comme « Breaking Water », « Runaway », « Cloud » ou « Drowning » servent de ligne directive tout le long de l’album, et renforcent cet aspect de liquidité de l’ambiance. Wright s’occupe de toute la partie chant, sauf sur la grave « Reaching for the Rail » et sur la poignante « Breakthrough » , où Sinead O’CONNOR vient porter sa voix fragile. On peut aussi citer la présence de notre Manu KATCHE national à la rythmique (Cocoricooo !!).

Broken China est un album moderne. En effet le son n’a pas vieilli d’un décibel, on n’est pas loin des ambiances New Age et même Trip Hop en vogue à l’époque. Il ressemble aussi beaucoup à The Division Bell sortit 2 ans plus tôt, en plus sombre et encore plus lent (si si, c’est possible !). C’est d’ailleurs le problème majeur de cet opus, il ne décolle jamais vraiment, à part peut être sur « Satellite » et « Along the Shoreline » ; et on sort frustré de cette écoute si l’on recherche des sensations fortes. La fin est faible dans le sens ou la dernière chanson, « Breakthrough », se finit un peu trop rapidement. On aurait espéré un plus grand final après une heure entière de musique …

Reste un disque très beau, planant à souhait, triste, mais avec cette note d’espoir à la fin. On se laisse bercer par cette ambiance nocturne, comme en apnée dans un monde parallèle, aquatique. On n'en ressort pas forcément bouleversé, mais ému par tant de sincérité et de richesse. Broken China est un album rare (au sens propre et figuré) et mérite d’être redécouvert, pour que Rick WRIGHT soit reconnu à sa juste valeur ; l’un des plus grands musiciens de la scène Rock et Progressive de son temps.

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- Rick Wright : Clavier Et Chant
- Anthony Moore (arrangements)
- Sinead O’connor (chants)
- Pino Palladino (basse)
- Tim Renwick (guitare electrique)
- Dominic Miller (guitare accoustique)
- Steve Bolton (guitare)
- Manu Katché (batterie)
- Sian Bell (violoncelle)
- Kate St John (oboe et cor anglais)


1. Breaking Water
2. Night Of A Thousand Furry Toys
3. Hidden Fear
4. Runaway
5. Unfair Ground
6. Satellite
7. Woman Of Custom
8. Interlude
9. Black Cloud
10. Far From The Harbour Wall
11. Drowning
12. Reaching For The Rail
13. Blue Room In Venice
14. Sweet July
15. Along The Shoreline
16. Breakthrough



             



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