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1978 Wet Dream
1996 Broken China
 

- Membre : Pink Floyd

Rick WRIGHT - Wet Dream (1978)
Par BRADFLOYD le 7 Septembre 2023          Consultée 1254 fois

Il est un album longtemps resté confidentiel, déjà parce que son auteur le trouvait tout à fait mineur, voire amateur, et parce que la maison de disque ne l'a jamais vraiment promu. Par ailleurs, le groupe dans lequel évoluait l'artiste avait cultivé un relatif anonymat au point que chacun des membres pouvait être croisé dans différents concerts ou déambuler en ville sans jamais être reconnu.

Le groupe en question était PINK FLOYD et l'auteur de cet opus se nommait Richard 'Rick' WRIGHT, clavier dudit groupe. Un personnage discret derrière ses claviers, quand bien même il avait tenu le lead durant la transition BARRETT/WATERS. Oui, vous avez bien lu. Si WATERS n'avait pas eu cet ego surdimentionné, c'est bien WRIGHT qui en aurait assumé le lead, devenu le principal compositeur avant que WATERS ne s'impose. En effet, les singles d'après BARRETT, composés essentiellement par Rick WRIGHT, ayant été quelque peu boudés par le public*, et sachant que la complicité musicale entre WRIGHT et GILMOUR ne s'était pas encore manifestée réellement, WATERS prit les rênes et ne les lâchait plus jusqu'en 1983. Et l'Histoire oublia la place prépondérante du clavier jusqu'à sa réhabilitation à partir de 1994**.

Alors, à l'occasion des 80 ans de la naissance de Richard WRIGHT, Guy Pratt, bassiste ayant pris la place de WATERS au sein de PINK FLOYD, devenu entretemps le gendre de WRIGHT, a demandé à Steven WILSON, lequel n'en finit plus de dépoussiérer les albums iconiques des 70's, de procéder à la remasterisation et à un nouveau mix de Wet Dream, premier des trois albums solos de WRIGHT ***, sorti la même année que le premier album solo de GILMOUR, dans une totale indifférence.

Je suis étonné que votre webzine préféré n'ait pas eu en son sein un chroniqueur pour en toucher deux mots jusqu'à ce jour et c'est avec un grand plaisir que j'écris ces lignes au sujet d'un album qui m'accompagne depuis plus de 40 ans. A l'époque, je l'avais acheté en K7 qui a été tellement usée que j'ai acheté le vinyle dans la foulée. Ne voulant pas user le vinyle, j'ai cherché la version CD, très difficile à trouver quand Internet ne permettait pas encore l'accès à des raretés de par le monde, mais j'ai réussi quand même à dégoter une version japonaise que j'ai écoutée plusieurs dizaines de fois, tout heureux de pouvoir me plonger dans cet univers, touchant autant la prog, le jazz et le funk, d'un des musiciens les plus sensibles que je connaisse.

Et là, aujourd'hui, miracle, nouvelle version avec un son qui ne semble pas changer, sur ma chaîne qui n'est pourtant pas bas de gamme, fondamentalement de l'original. Même si je préfère quand même cette version quoique je n'ai entendu que la version CD sortie le 28 juillet dernier, jour anniversaire de son auteur. Il me faudrait écouter surtout la version en Dolby ATMOS que l'on trouve sur l'édition en Blu-Ray pour apprécier, vraisemblablement, le traitement du leader de PORCUPINE TREE****. En effet, à l'époque, le producteur de Wet Dream n'était autre que Richard WRIGHT lui-même et je trouvais le son déjà excellent, quand bien même les enfants de WRIGHT considéraient que le mixage était raté. La différence de traitement par Steven WILSON tient, selon moi, essentiellement dans les dynamiques sur les guitares, un peu plus de clarté sur les shuffles et une impression d'amplitude sur certains titres, la première version paraissant, comme pour beaucoup de passages au numérique, trop froide par rapport au vinyle. On entend même aujourd'hui plus clairement les dialogues entre les différents instruments solistes, chaque instrument étant parfaitement défini, et l'on peut se prendre à regretter que GILMOUR et WRIGHT aient chacun produit la même année leurs albums solo. Imaginez la réunion des deux en dehors du FLOYD et nous aurions eu un album magnifique en plus d'un véritable contrepoint par rapport à Animals et surtout The Wall.

Essentiellement sur du mid-tempo, voire tempo lent, cet album particulièrement mélancolique révèle encore mieux que dans les premières années du FLOYD la voix de Richard WRIGHT, particulièrement claire sur les quatre titres chantés de cet opus, beaucoup plus en tout cas que sur tous les autres titres chantés, en solo ou dans le FLOYD, par l'intéressé qui avait une voix que l'on qualifierait de plutôt fragile. Les six autres titres sont instrumentaux et mettent en valeur Snowy White, doublure de GILMOUR durant les concerts du FLOYD à partir de 1977 jusqu'en 1981, de même que Mel Collins aux saxs et autres flutes. Les claviers sont relativement discrets, plutôt dans l'accompagnement des solistes, sauf pour ce qui concerne les parties de piano qui montrent la singularité de son auteur. Ode à la Méditerranée, Wet Dream ne peut s'écouter d'une oreille distraite. Et si vous connaissez la première version, vous aurez la surprise de découvrir que deux titres sortent enfin complets. Ainsi, "Wave" passe de 4'18 à 5'13 et "Cat Cruise" de 5'13 à 5'49. Si l'allongement de "Cat Cruise" n'apporte pas grand-chose, Snowy White se trouvant coincé à faire du remplissage en étirant le titre sans plus-value, c'est surtout "Wave" qui bénéficie d'un traitement sur les dynamiques, ce qui transforme littéralement le morceau par une production extraordinaire. Personnellement, j'adore.

Pour certains auditeurs, cet album pourrait paraître soporifique en raison du parti-pris de travailler sur des boucles et de les développer ad nauseam. C'est ce qui peut expliquer le qualificatif d'amateur que WRIGHT avait accolé à son travail. En fait, il s'agit là d'un album mettant en avant une certaine 'coolitude' de celui qui aimait passer sa vie en Grèce et sur son bateau. D'où ce titre de Wet Dream que, pourtant, Gala, la fille qu'il avait eue avec Juliette Gale, n'apprécie pas vraiment en raison du caractère tendancieux vers un certain érotisme. Pourtant, malgré ce qu'en dit Gala, si l'on s'attarde sur la nouvelle pochette du disque (sorti en CD en juillet et dont la sortie vinyle se fera le 29 septembre 2023), cet érotisme transparaît à travers une photo dans le dépliant où l'on devine les amis de WRIGHT dans le plus simple appareil sur l'île grecque de Rhodes, ainsi que dans la reproduction de la pochette originale à travers la photo élargie de la nageuse, cet élargissement permettant de deviner sa nudité.

En tout état de cause, je vous invite à poser une oreille attentive sur cette galette. Si vous aimez les FLOYD, vous ne pourrez qu'être sensible au charme de cette œuvre qu'il faut écouter dans son entièreté et qui peut vous laisser imaginer la direction qu'aurait prise le groupe si le leadership de WATERS ne s'était pas fait si pesant, notamment pour WRIGHT, à compter de 1974, et ce malgré certaines fulgurances de compositions de ce dernier que l'on retrouve dans WYWH. Mais cela, c'est une autre histoire.
Pour moi, un bon 4/5 bien mérité.


* De 1968 à 1973, date à laquelle le groupe a accepté de sortir "Money" en 45-tours, PINK FLOYD n'a sorti aucun single original, considérant que sa musique ne méritait que le 3O cm.
** Plus précisément à partir de 2006, quand GILMOUR emmena son comparse en tournée avec lui, et au moment de son décès, le 15 septembre 2008, lorsque le guitariste lui fit cet hommage appuyé en précisant la complicité qui les unissait et la place si importante que WRIGHT avait dans l'élaboration du son du groupe.
*** Le second, sorti en 1985, est le fruit de la collaboration de WRIGHT avec Dave Harris (du groupe néo-romantique FASHION), sous le nom de ZEE (Identity) et le troisième, Broken China, est sorti en 1996 et a été encensé par la critique de l'époque.
**** Les nouveaux mixages comprennent donc une version en Dolby Atmos, 5.1 Surround DTS-HD Master Audio 96kHz / 24-bit et un mix stéréo en Hi-Res 96kHz / 24-bit LPCM. De plus, une copie brute du pré-master original du mixage stéréo de 1978, extraite des bobines analogiques, a été incluse à la demande des fans, ce qui avait été omis des formats physiques précédents. Enfin, le Blu-ray comprend quatre cartes postales de collection et un livret concertina de 8 pages ainsi que des photos et vidéos personnelles exclusives.

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   BRADFLOYD

 
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- Richard Wright (vocal, claviers
)
- Mel Collins (saxophone, flute
)
- Snowy White (guitare
)
- Larry Steele (basse
)
- Reg Isadore (batterie)


1. Mediterranean C
2. Against The Odds             
3. Cat Cruise
4. Summer Elegy
5. Waves
6. Holiday
7. Mad Yannis Dance
8. Drop In From The Top
9. Pink’s Song
10. Funky Deux



             



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