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DIRE STRAITS - On The Night (1993)
Par MARCO STIVELL le 14 Avril 2010          Consultée 5333 fois

C'est à moi que revient la lourde tâche de chroniquer ce On the Night honni de tous, dernier enregistrement connu de DIRE STRAITS (du moins qui respecte la chronologie, par opposition au Live At the BBC sorti après). D'accord, je ne suis pas crédible à faire celui qui se dévoue, mais c'est avec encore plus d'amusement que je vous imagine derrière votre écran. "Comment ? 5 sur 5 ?? C'est un fou !!!" Oui, et je le revendique. J'adore On the Night, je ne comprendrai jamais cette affluence (pour ne pas dire ce raz-de-marée) de termes négatifs à son encontre.

Il faut dire que le public de DIRE STRAITS est très divisé depuis bien longtemps. D'un côté il y a ceux qui les ont toujours fidèlement suivis ou découvert progressivement. D'un autre il y a ceux qui ne se sont jamais remis du passage du groupe à un quintet (ou pour les plus "chauvins", à un troisième album), qui vomissent à son encontre depuis l'emploi d'un duo de synthé, qui conchient Brothers in Arms et (surtout) On Every Street, enfin qui ne lui ont jamais pardonné et ne lui pardonneront jamais ce On the Night. Ouf, ça fait beaucoup de haine en une seule phrase, mais il faut se dire que tous ces aspects existent séparément, mais aussi parfois ensemble. Non, je ne ferai pas de comparaison, je ne dirai même surtout pas que je préfère les plus récentes chansons aux plus anciennes, que je préfère la configuration du DIRE STRAITS de ce dernier live à celle des premiers albums, enfin que je préfère On the Night (disque sur lequel j'ai fait mes premiers pas aux guitares et claviers en m'amusant à jouer par-dessus tous les samedi soirs, véridique !) à Alchemy. Je ne dirai pas que par rapport à ce dernier, le groupe n'a nullement perdu de sa maîtrise (une faculté rare) à transformer de petites chansonnettes en longues plages épiques. Je n'ajouterai pas que le fait de se retrouver à dix sur scène plutôt qu'à cinq enrichit encore plus le spectre sonore et la musicalité de l'ensemble. Je ne dirai pas que la raison qui fait que je préfère ces détails ici plutôt que sur Alchemy, ce n'est pas seulement le nombre de musiciens mais aussi un public conquis, omniprésent et plus communicatif que le groupe. On aurait presque l'impression d'assister à une grand'messe pop-rock, pas loin de l'ambiance des concerts bien plus rock de Bruce SPRINGSTEEN, avec une musicalité égale, le charisme du leader en moins (on va dire que sa guitare parle pour lui). Non, rien de rien. Nooon, je ne dirai rien...

Ca c'était pour le petit côté personnel. Je ne peux cependant renier que cet album est un peu celui de la douleur, lorsque Mark en avait plein le dos de toute cette histoire. Car si On Every Street offrait la possibilité d'être enregistré petit bout par petit bout, dans un esprit "on se prend pas la tête, on va au studio quand on en a envie", ce que Mark pouvait se permettre à l'époque, On the Night immortalise l'esprit de la dernière tournée, aussi longue que celle de Brothers in Arms, mais encore plus harassante. Mark claquera d'ailleurs la porte aussitôt après en disant ne plus vouloir entendre parler de DIRE STRAITS pendant au moins quinze ans. Je le comprends parfaitement, je suis même dans les premiers à dire qu'il avait raison, seulement je considère que ce n'en est pas une pour bouder son plaisir ainsi que tous les petits, moyens ou gros avantages que présente ce live, qui est surtout à la base une idée de la maison de disques (ce qui explique aussi en partie pourquoi il est autant rejeté).

Déjà pour en terminer avec les "défauts", on ne remerciera pas Vertigo pour avoir fait longtemps croire que ce disque, enregistré sur deux dates (une aux Arènes de Nîmes en France, l'autre au Feyenoord Stadium de Rotterdam, Pays-Bas), était un album simple. C'est la seule version que l'on trouve dans le commerce, mais au départ il y en avait une double, avec un mini-disque offrant quatre chansons de plus. La redite de "Your Latest Trick" n'était peut-être pas indispensable, mais les trois autres morceaux, "The Bug", "Solid Rock" et "Wild theme" (de Local Hero) s'intègrent parfaitement au reste. Le DVD du concert a corrigé cette erreur. A part cela, je n'ai pratiquement rien à redire sur la set-list, juste que "Solid Rock" placé après "Brothers in Arms", ouais bof, et "Your Latest Trick" n'est pas une des chansons que je préfère du groupe, loin s'en faut, mais ils ont quand même réussi à la magnifier ici avec un petit décollage rock final bien sympa, il m'aura fallu dix ans pour le reconnaître. "Sultans of Swing" et "Telegraph Road" (qui est pourtant ma chanson préférée de Mark KNOPFLER, groupe, BO ou solo) présentes sur d'autres dates de la tournée ne me manquent pas ici.

Ce qui nous amène à tous les plus de On the Night. Je ne serai pas avare sur la question car le groupe, y compris son leader même dans une posture de bon gré mal gré, ne l'a pas été non plus. Dès "Calling Elvis" (10 minutes au compteur) qui résonne puissamment dès que les instrus sont en place, on est en phase avec non pas le conglomérat de musiciens sans âme souvent décrit par les plus négatifs, mais avec des intervenants tous talentueux, peut-être pas facilement reconnaissables (surtout en ce qui concerne les claviers, sauf quand Alan joue du piano, les nappes sont de Guy), mais qui prouvent par divers solos que DIRE STRAITS s'appelait bien DIRE STRAITS, pas Mark KNOPFLER. Les musiciens sont toujours présents, même quand ils ne jouent pas (Chris WHITE notamment, il aide au tambourin), et ils ont presque tous droit à leur moment de gloire, surtout Paul FRANKLIN qui bénéficie d'un solo par chanson. Puis un leader un brin désabusé ne tire pas forcément un groupe vers le bas : chacun des musiciens arrive à tenir la barre haute niveau humeur, et de surcroît l'ambiance au beau fixe. Quant à la set-list, elle groupe bien sûr les plus grands succès dont les différences avec les versions studio sont bien visibles : zéro "wouhou" pour "Walk of Life" (yes !), versions nettement plus denses de "Heavy Fuel", "On Every Street", "You And Your Friend" et j'en passe. Puis DIRE STRAITS est le type même de groupe qui malgré la reconnaissance mondiale pour des tubes efficaces ne renie pas sa face la plus obscure, "Private Investigations" en est le meilleur exemple, mais il y en avait d'autres sur la tournée, comme "Planet of New Orleans" ou "Telegraph Road" donc. Après, pour une fois, le support K7 audio avait son avantage car "Your Latest Trick" était placé en fin de face A, et "Private Investigations" en début de face B, alors que sur le disque, les deux sont inversés. Dommage car "Private Investigations" et "On Every Street" placés l'un après l'autre offraient un bon début de seconde partie. On peut citer enfin les versions magistrales de "You And Your Friend", "Brothers in Arms" (la plus dense de toutes) avec "Wild Theme" pour couronner le tout (Mark seul avec ses deux claviéristes), et on obtient une fin de concert (de groupe ?) sublime.

Même si vous ne faites pas partie de plus sceptiques, vous vous direz peut-être après avoir écouté On the Night que la note maximale, c'est un peu exagéré. Rappelez-vous qu'un avis, une note, c'est strictement personnel, surtout chez moi, et je juge donc que, toutes proportions gardées par rapport au reste de l'oeuvre du groupe, ce disque mérite amplement celle-ci. On peut penser tout ce que l'on voudra, employer tous les arguments surtout venant du contexte, les prestations capturées sont remarquables par leur honnêteté, émanant aussi bien des musiciens que du public. On sent la reconnaissance profonde de ce dernier envers ce groupe certes en tout points différent de celui qu'il était à ses débuts (et dont le nom signifiant "être sans le sou" n'est plus adapté depuis longtemps) ; on sent le beau produit bien finalisé, propre mais non sans folie ; et au final il devient inutile de toujours chercher à comparer On the Night à Alchemy comme on a pu le faire de On Every Street avec Communiqué. C'est tout simplement une autre époque, une autre manière de raisonner sans pour autant chercher à tout prix à se faire concurrence, la musicalité est encore une fois là pour le rappeler. Même si je préfère On the Night, chacun de ces témoignages aura été idéal à sa manière pour rendre hommage à toutes les périodes de cette somptueuse carrière qu'aura eu DIRE STRAITS en plus de quinze ans.

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   MARCO STIVELL

 
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- Mark Knopfler (chant, guitares)
- John Illsley (basse, choeurs)
- Alan Clark (claviers)
- Guy Fletcher (claviers, choeurs)
- Chris White (saxophones, tambourin, choeurs)
- Phil Palmer (guitares, choeurs)
- Paul Franklin (pedal-steel guitare)
- Danny Cummings (percussions, choeurs)
- Chris Whitten (batterie)


1. Calling Elvis
2. Walk Of Life
3. Heavy Fuel
4. Romeo And Juliet
5. Private Investigations
6. You Latest Trick
7. On Every Street
8. You And Your Friend
9. Money For Nothing
10. Brothers In Arms

1. Your Latest Trick
2. The Bug
3. Solid Rock
4. Wild Theme - From Local Hero



             



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