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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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2010 The Road
2016 Mars
 

- Membre : Nick Cave & The Bad Seeds , Grinderman

Nick CAVE & WARREN ELLIS - The Road (2010)
Par STREETCLEANER le 25 Mars 2010          Consultée 1914 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

The Road c’est à l’origine un livre, celui de Cormac McCARTHY, une nouvelle qui se verra décerner le prix Pulitzer. Œuvre minimaliste, sombre et dramatique, elle plante le décor dans un monde post-apocalyptique : la quasi-totalité de l’humanité a été réduite à néant et les survivants y sont exceptionnellement rares. Nous assistons aux tribulations de deux de ces survivants, un père et son fils, dans ce monde désespérément vide, en ruine, deux êtres affamés qui tentent de survivre le long d’une route où les rencontres avec leurs semblables sont très rares et généralement déconseillées. Voilà le décor et le scénario que reprendra le film de John HILLCOAT.

Pour la B.O. on va retrouver Nick CAVE (le rockeur crooner que l’on connaît avec son groupe, Nick CAVE and the BAD SEEDS) ainsi que Warren ELLIS, un violoniste et complice de longue date, avec qui il a déjà réalisé plusieurs musiques de films, films réalisés, entre autres, par HILLCOAT (CAVE et HILLCOAT se connaissent de longue date, depuis le début des années 80 en fait, au moment déjà de l’activité du groupe de post-punk The BIRTHDAY PARTY).

CAVE et ELLIS, toujours aussi explorateurs et touche-à-tout, vont utiliser divers instruments tels que le piano, des synthés, des guitares, une mandoline, des flûtes, un violon, et même un bombardon qui donnera des sonorités oppressantes lors de l’épisode avec les cannibales « The Cannibals », rare moment d’ailleurs un peu chahuté de cette B.O., un moment particulièrement angoissant dans lequel viennent s’imprimer momentanément quelques images tribales ; le pic de l’angoisse est atteint sur « The House », un des sommets de l’horreur de cette pérégrination, avec un « The Cellar » aux instruments dissonants.

CAVE et ELLIS reconnaissent qu’ils ne seraient pas forcément à l’aise s’ils devaient composer une musique symphonique ou pour un grand ensemble. Ce n’est donc pas étonnant de voir que l’orientation de cette nouvelle B.O. est plus ou moins dans la veine de ce qu’ils ont plutôt l’habitude d’écrire, à savoir une musique absolument pas tonitruante, pas grandiloquente ou victorieuse. On retrouvera cette marque de fabrique des compositeurs dans la délivrance d’atmosphères « intimistes », torturées, réservées, avec une prédominance d’instruments tels le violon ou le piano. Des compositions somme toute assez simples faisant parfois aussi appel à quelques instruments à vent d'un orchestre très restreint, ou des percussions lourdes (« The Cannibals »).

Mais c'est bien ce piano délicat et un violon plein de tristesse, mais parfois aussi de tendresse et de poésie (The Beach), qui vont travailler essentiellement de concert. Une musique qui finalement se cale bien sur les ambiances du film ou du livre : peu d’action, un long chemin à parcourir, une certaine résignation, du désespoir et de la tristesse, de la tension permanente mais aussi une marque vraiment attachante de l’amour protecteur d’un père pour son fils. Tout ceci est finalement bien austère et peu propice à de grandes envolées ou à des thèmes musicaux majestueux.

L’histoire est sombre donc, avec peu d'espoir et vraiment pas joyeuse. Tout comme la musique qui, pendant trois quarts d'heure environ, ne cherche pas à trahir les émotions originelles du livre ou du film. Et dès « Home » c’est une ambiance presque funèbre qui s’installe et qui va se poursuivre ensuite sur de lentes boucles de piano accompagnant un violon mélancolique et nostalgique à souhait (« The Road »). On retrouvera ce procédé des boucles de piano accompagnant un violon triste sur quelques autres titres comme « The Far Road » ou « The Journey ».

Mais il ne faudrait pas se méprendre : derrière la simplicité apparente des compositions on se sent vraiment touché par la beauté de cette musique aux mélodies toujours minimalistes (« The Road », « Storytime », « The Real Thing », « The Beach » ou le superbe et poignant « Memory »). Mais il va falloir s’accrocher et savoir encaisser des émotions sans aucune empreinte de joie : à ne pas conseiller à un dépressif sans doute. C’est peut-être là que réside l’obstacle majeur pour les potentiels auditeurs. Une barrière pas si facile à franchir en fin de compte.

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1. Home
2. The Road
3. Storytime
4. The Cannibals
5. Water And Ash
6. The Mother
7. The Real Thing
8. Memory
9. The House
10. The Far Road
11. The Church
12. The Journey
13. The Cellar
14. The Bath
15. The Family
16. The Beach
17. The Boy



             



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