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Coralie CLEMENT - Salle Des Pas Perdus (2001)
Par MARCO STIVELL le 1er Juillet 2010          Consultée 1592 fois

A l'orée du nouveau millénaire, le nom de Benjamin Biolay, multi-instrumentiste diplômé (du conservatoire de Lyon) et compositeur talentueux, commence tout juste à se faire une petite place dans le paysage musical français, bien que l'on soit encore loin de le citer dans toutes les chaumières. Ce qui a fait le début de son petit succès, c'est sa collaboration avec Keren Ann d'abord sur le premier album de cette dernière, mais aussi sur celui d'Henri Salvador, Chambre Avec Vue, dont est extrait le tube bien connu "Jardin d'Hiver". Infatiguable, le jeune Benjamin trouve le temps de s'occuper également de la carrière d'une artiste encore plus jeune que lui et qui n'est autre que sa petite soeur, Coralie. Celle-ci, alors que son frère lui faisait par hasard chanter quelques-unes de ses compositions, s'est révélée être une interprète de choix. Benjamin lui compose alors un album entier, qu'elle enregistre parallèlement à ses études universitaires. Elle n'a alors que 23 ans lorsque paraît son premier "bébé", Salle des Pas Perdus, en 2001.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'un nombre d'écoutes successives conséquent n'est pas nécessaire pour rentrer dans l'univers de cette jeune artiste, et surtout pour reconnaître la patte de son grand frère qui n'est décidément pas loin derrière, pas du tout même. Le seul fait de connaître le tube d'Henri Salvador cité plus haut donne un avant-goût de ce que l'on rencontre dans cette salle des pas perdus qui ne sont pas aussi perdus que cela, bien au contraire. Les ingrédients ont été méticuleusement choisis, et si l'on aime la recette, on aimera le plat proposé à la fin car tout prend, même la sauce. Plus exactement, il faut s'attendre à retrouver les mêmes idées de composition (le plat) ainsi que d'arrangement musical (la sauce) que pour un titre comme "Jardin d'Hiver", ou encore qui rappelle un peu ce que Keren Ann propose sur ses disques solo, en moins étoffé peut-être. Prenons un titre, pas nécessairement du début parce que c'est toujours un peu trop "facile" selon moi (oui je dois dire que ça m'énerve de voir toujours les tubes en tête de gondole dans les albums, même si ça ne veut bien sûr jamais dire que le reste est moins bon), mais au milieu : "Samba de mon Coeur qui Bat". Un titre qui rime ainsi, on n'en fait plus aujourd'hui (tiens, ma phrase rime aussi !), et c'est joli comme tout. La chanson ne l'est pas moins, un genre de bossa agréable rappelant l'époque du printemps brésilien... Cette chanson est à la fois un exemple de choix, bien qu'en fait elle ne le soit pas. Curieux me direz-vous, mais je m'explique. Elle l'est parce qu'elle fait partie des plus beaux extraits à retenir de ce premier opus de la jeune Coralie, et la contradiction vient de Coralie elle-même.

En effet, ce qui caractérise la qualité d'interprétation de ces treize chansons par la demoiselle, c'est un pouvoir de séduction immédiat (ou pas) relatif à la douceur de son "chant". En réalité, le nombre de titres où elle chante vraiment est peu élevé, et la fameuse "Samba de mon Coeur qui Bat" en fait partie, d'où le faux exemple. Mais ça ne fait rien, car y compris lors les moments où elle "parle", on peut facilement se laisser prendre (ou pas, encore une fois) par cette suavité. Coralie est grande amatrice de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin et bien que le ton et la musique diffèrent nettement (surtout par rapport à Serge, celui de ses quinze dernières années en tout cas), on retrouve cette même idée de talk-over en plus féminin. Alors quelle importance quand elle le fait doucereusement (la "Samba" encore une fois, mais cela vaut bien un "Jardin d'Hiver" !) ou rapidement ("Ca Valait la Peine") ? Le résultat est le même, soit on se laisse porter, soit on trouve ça trop "mou", sans parler de la musique. J'appartiens bien évidemment au premier cas. Difficile d'aimer des chanteuses qui "envoient" plus et ne pas tomber amoureux de cette autre aspect musical féminin. Je ne parle que de ma situation bien sûr, mais tout amateur de chanteuses à voix n'y sera pas obligatoirement insensible...

Pour les textes et musiques, la brunette s'en est presque entièrement remise à son grand frère Benjamin, mis à part pour deux chansons dont "Lou" qui a été écrite par Franck Le Gall, un des musiciens de l'album que l'on peut aussi entendre le temps d'un duo avec Coralie sur "Le Dernier Train". Quant aux arrangements, pour un album qui flirte avec des styles dont les couleurs sonores se rejoignent comme le jazz et la bossa, avec un zeste de variété dite "de luxe" pour orner le tout, on s'attend à avoir une orchestration plutôt acoustique. Pour la couleur jazz, les trombones de Benjamin, mais aussi parfois le saxophone ténor viennent un peu "pimenter" (mais toujours de manière douce) l'articulation plutôt "piano" qui règne pour le reste de l'arrangement, ce qui est loin d'être déplaisant. En fait cela donne un ensemble plus ou moins uniforme mais jamais ennuyeux, pour peu que l'on apprécie cette "sauce" (et que l'on en redemande à la fin de chaque chanson !).

Une fois que l'on a en tête toutes ces spécificités, on sait à quoi on va goûter et il n'y a franchement pas grand-chose à redire sur la qualité de l'écriture (principalement la poésie de Grand Frère) ni de la composition. On peut trouver deux ou trois titres moins évidents que les autres, notamment "Ces Matins d'Eté", ou "Mes Fenêtres Donnent sur la Cour", mais ce dernier se classe vite parmi les meilleurs du disque, aux côtés de la "Samba", du morceau-titre, de "Lou", "La Mer Opale", "L'Ombre et la Lumière", "Le Dernier Train"... Une jolie réussite que ce premier album, reste maintenant à savoir si le talent d'interprète (au moins, puisque pour l'heure elle ne compose pas) de la jeune Coralie va se confirmer par la suite, si elle va s'essayer à un autre genre, se démarquer de son frère...

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   MARCO STIVELL

 
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- Coralie Clément (chant)
- Benjamin Biolay (guitares, piano fender rhodes, trombone, orgue ham)
- Denis Benarrosh (batterie, percussions)
- Laurent Vernerey (basse, contrebasse)
- Ghislaine Benabdallah (violon)
- Eric Villeminey (violoncelle)
- David Maurin (batterie, percussions)
- Bertrand Cervera (violon)
- Catherine Bourgeat (violon)
- Eric Silliere (violon)
- Nina Chaverness (violon)
- Emmanuelle Barth (alto)
- Christophe Briquet (alto)
- Christophe Morin (violoncelle)
- Frederic Kret (violoncelle)
- Laurent Manganas (orgue hammond)
- Dieter Limbourg (saxophone ténor)
- Gaëlle Séverine Mace (flûte)
- Karen Brunon (violon)
- Franck Le Gall (saxophone ténor)


1. Salle Des Pas Perdus
2. L'ombre Et La Lumière
3. Ca Valait La Peine
4. La Contradiction
5. La Mer Opale
6. A L'occasion Tu Souris
7. Samba De Mon Coeur Qui Bat
8. Ces Matins D'eté
9. Le Dernier Train
10. Lou
11. Le Jazz Et Le Gin
12. Bientôt
13. Mes Fenêtres Donnent Sur La Cour



             



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