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JERONIMO - Mélodies Démolies (2008)
Par SUNTORY TIME le 17 Juillet 2010          Consultée 1024 fois

C’était sur internet, ou sur la radio belge, je ne sais plus. Trois accords de guitare, une voie approximative mais néanmoins touchante : « Je te le demande, irons-nous voir Ostende ? ». Et au fur et à mesure, je me laisse bercer par cette mélodie poignante, et me viennent en tête les images d’Ostende, joyaux de la côte belge, avec son immense plage, son port plein de vie, son estacade s’avançant fièrement dans la mer du Nord, guettant l’aller-retour des chalutiers et des ferrys en partance pour l’Angleterre…

Parce qu’elle m’a rappelé des souvenirs impérissables, cette chanson inconnue m’a intrigué. Surfant un peu sur les vagues de l’océan du Web, j’ai découvert son auteur, un certain Jérôme Madraga, alias JERONIMO. Ce jeune chanteur belge francophone n’est malheureusement pas connu outre-quiévrain. Grande erreur, car à l’écoute de ses albums (déjà trois à son actif) ce petit gars liégeois aux faux airs de Dominique A a beaucoup plus de choses à dire que bon nombre de ses contemporains français.

JERONIMO s’est fait remarquer avec ses deux premiers albums, Un monde Sans Moi et 12H33, sur la scène belge francophone et a fait entre autre la première partie de Kyo (mais si, vous savez, ce groupe de djeuns qui a eu du succès… à défaut d’avoir du talent…). Il s’avère être un des artiste les plus prometteurs de sa génération, avec des chansons aux influences rock très prononcées (U2 et Placebo entre autre).

Les textes sont à l’image du personnage, un peu fleur bleu, mais cependant désabusé voire cynique. Ils ont pour sujet les (més)aventures amoureuses, réelles ou fictives (on n’est pas si loin de la « Nouvelle Chanson Française »…), comme la rupture de « Heidi », les doutes de « Malgré nos Mauvaises Manière » ou la surréaliste épopée façon Bonnie & Clide de « Tout Sera Comme Avant ». C’est au niveau de la musique que la donne change. Nous sommes très loin des mélodies gentillettes dont sont friands les bobos parisiens (Delerm et consorts…) ; ici ça bouge ! Comment ne pas se laisser entrainer par le rythme de « L’Argent c’est Bien » ou par l’efficacité de la géométrico-pop « Triangle Equilatéral » ?

Si les compositions ne sont pas d’une complexité intense, elles restent finement travaillées et intelligentes, comme en témoigne les accents très rock de « La lumière au Bout du Tunnel est un Train » et son final rageur, ou encore l’étrange intro de « Maman, si tu Savais … ». Des titres comme « Le Nord, le Sud et le Grand Mur » (vision énigmatique des querelles linguistiques de la si petite Belgique …), « Bel Ange » ou « Filles Infinies » sont plus pausés, beaux sans être des chef d’œuvre. Quand à « Rendez-vous dans ma Loge », il fleure bon le PLACEBO période Without You I’m Nothing (écoutez cette intro !).

Mention spéciale à « Malgré nos Mauvaises Manières » avec sa guitare acoustique scintillante et les belles envolées de son refrain. Mais la meilleure pièce reste « Irons-Nous Voir Ostende ?», construite toute en ambiance et – comme je le disais plus haut – une mélodie qui tient sur trois malheureux accords. Trois accords qui vous font une chanson absolument divine, construite en crescendo d’arpège et de chœurs quasi-religieux, pour finir en une explosion de guitare très gilmouriène et de batterie lourde et efficace. La tempête est courte, mais la mer déchainée a le temps de frapper la digue ostendaise, de haper les passants de ses vagues grises, avant que tout ne se calme. Bref mais terriblement intense.

JERONIMO livre, avec Mélodies Démolies, un album riche en émotion, élégant et travaillé. Un petit bijou qui nous rassure : la chanson francophone a encore des choses à dire. Et c’est un petit belge qui nous le prouve.

Allez, la prochaine fois que je vais à Ostende, je me promets d’allumer mon MP3 pour écouter « Irons-nous voir Ostende ? » tout en marchant le long de l’estacade, scrutant la Noordzee et ses bateaux… Quand la musique réussi à concrétiser nos émotions, n’a-t-elle pas accompli sa Mission Ultime ?

P.S : Petit Quizz : Avez-vous reconnu quelle grande romancière illustre la pochette de l’album ?

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- Jérome Madraga (chants, guitares, claviers)
- Thomas Jungblut (batterie et percussions)
- Calogero Marotta (basse, clavier et guitare 12 cordes)
- Xavier Doumont (claviers)
- Gabriel Dozin (guitare electrique)
- Claudio Chiari (caisse claire)


1. Heidi 
2. L’argent C’est Bien 
3. Le Nord Le Sud Et Le Grand Mur
4. Maman Si Tu Savais… 
5. La Lumière Au Bout Du Tunnel Est Un Train 
6. Bel Ange 
7. Rendez-vous Dans Ma Loge 
8. Irons-nous Voir Ostende ? 
9. Malgré Nos Mauvaises Manières 
10. Tout Sera Comme Avant 
11. Triangle équilatéral
12. Fille Infinie



             



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