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DARK DUBSTEP / AMBIENT  |  STUDIO

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- Style : Magnetic Man

VEX'D - Cloud Seed (2010)
Par STREETCLEANER le 28 Juin 2010          Consultée 1992 fois

VEX'D est un duo anglais (Jamie Teasdale, Roly Porter) présent sur la label Planet Mu depuis 2004 et on lui doit en 2005 un premier album de dubstep d'excellente facture intitulé Degenerate, du dubstep sombre, opaque, un peu torturé, et pas forcément très accessible pour le premier venu. En tout cas l'album a été très favorablement remarqué et s'avère être sacrément bon pour peu qu'on adhère au genre et au style.

Avec leur second album, Cloud Seed, on gagne des terres plus accessibles car plus diversifiées, mais aux atmosphères encore plus sombres et post-apocalyptiques. Cloud Seed permet au dubstep d'entamer une nouvelle direction. Premier contact avec l'album : sa pochette ; image d'une cité en ruine et qui semble avoir été abandonnée par la civilisation. Une catastrophe dont on ignore l'origine s'est probablement abattue sur notre monde et nous sommes plongés dans un environnement urbain dévasté digne de l'obscurité d'un "New-York 1997" qui copulerait avec un "Je Suis une Légende". Sur Cloud Seed, le dubstep cotoie l'ambient teinté de sonorités industrielles, le hip-hop, voire le grime, une musique urbaine d'origine anglaise proche du dubstep, avec des éléments rap, hip-hop, drum and bass et UK garage. Parler uniquement de dubstep pour Cloud Seed ne serait donc pas complètement exact, et mis à part un morceau comme "Killing Floor" à la violente noirceur empoisonnée, il n'y a pas une pléthore de choses qui nous ramènera au précédent Degenerate.

Avec le titre d'ouverture "Take Time Out", interprété par Warrior Queen, un hip-hop typé "chant africain" qui interpelle le promeneur nous rappelle que les gangs des bas quartiers se sont emparés de ce qu'il reste de la ville. En arrière plan, quelques paumés s'amusent à jouer aux percussions avec le matériel qu'ils ont su récupérer des décombres. Essentiellement de la ferraille qui résonne sur les murs de béton... une vieille machine ou générateur qu'on essaie de rétablir à côté produit des basses électrisantes ; rétablir l'électricité c'est forcément penser aux moments d'avant la catastrophe. Instant plus contemplatif : le ciel est toujours aussi sombre, ces nuages gris et épais ne s'en iront donc jamais "Remains of the Day". Le trip-hop de "Heart Space" offre une -fausse- parenthèse plus apaisée et quelques rastas ayant perdu eux aussi tout espoir se réfugient dans leur dub aux ustensiles qui sentent les matériaux de récupération "Out of the Hills". Le rythme chaloupé est méchamment hypnotique. On aurait apprécié s'attarder encore un peu mais nous devons continuer notre chemin. On s'arrête un court moment "Shinju Bridge" pour contempler, depuis un point de vue dégagé, la désolation qui s'est abattue sur la ville.

Nous venons de quitter temporairement la dernière présence humaine sur "Disposition" avec son hip-hop interprété par Jest. Nous avons été mis en garde : la nuit va bientôt tomber, les ténèbres vont prendre possession des lieux. Il est désormais temps de se trouver un abri et c'est "Suite For Piano & Electronics" (original de John Richards remixé par Vex'd) qui nous plonge dans une ambiance sinistre, la lumière vient de disparaître et le drone répétitif en forme d'alarme nous met en garde : il nous reste peu de temps. Et ce n'était pas une fausse alerte : car sur "Killing Floor" les forces invisibles et agressives viennent s'emparer de la ville à la recherche de quelques proies. Une vraie scène de film d'horreur. C'est du chacun pour soi désormais, une lutte pour la survie, et au petit jour la cité aura sans doute encore perdu quelques habitants. Puis les forces meurtrières se sont progressivement retirées, sans doute repues. Retour à un calme relatif sur "String Quartet n°2" (un remix de Prokofiev) : dans les profondeurs de la ville certains se prennent pour les tambours du Bronx et quelques ombres dansent à la lueur du feu qui sort de barils métalliques. Attention toutefois à ne pas trop prendre d'assurance, le danger guette toujours. D'autres font plutôt confiance à un chamane qui chante et danse pour éloigner les forces maléfiques "Fallen" (une remix d'un original par Distance). Cela peu redonner de l'espoir. Retour à des instants plus contemplatifs du côté de la plage "Oceans". Si le jour revient progressivement voilà que ce sont les gangs sans loi qu'il faut craindre : "Nails" n'aurait probablement pas déplu à John Carpenter car si on y prête attention ce morceau, mis de côté son aspect plus agressif, n'aurait pas dépareillé dans un film comme "New-York 1997" ou "Los Angeles 2013", auxquels il emprunte la vision, la tension et l'obscurité.

Car c'est bien de cela dont il s'agit ; Cloud Seed s'écoute en définitive comme on pourrait regarder un film d'horreur ou d'anticipation qui prendrait pour décor un environnement urbain post-apocalyptique. Cloud Seed n'est pas seulement du dubstep. Bien plus que cela, cette nouvelle oeuvre est avant tout une plongée visuelle dans un univers foncièrement dark et urbain. Et il ne semble pas y avoir d'happy end de ce côté...

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- Jamie Teasdale
- Roly Porter


1. Take Time Out (ft. Warrior Queen)
2. Remains Of The Day
3. Heart Space (ft. Anneka)
4. Out Of The Hills
5. Shinju Bridge
6. Slug Trawl Depths
7. Bar Kimura (original By Plaid)
8. Disposition (ft. Jest)
9. Suite For Piano & Electronics (original By J. Rich
10. Killing Floor (mah Mix)
11. String Quartet No.2 (original By Prokofiev)
12. Fallen (original By Distance)
13. Oceans
14. Nails



             



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