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NOBODY KNOWS - We Folk You (2010)
Par GEGERS le 19 Juillet 2010          Consultée 1318 fois

La valorisation d'un patrimoine est, à l'occasion, une motivation non négligeable des groupes et artistes folk et folk-rock européens. Mieux faire connaître et remettre au goût du jour sa culture et ses spécificités peut prendre alors une forme quasi-revendicatrice. Les exemples ne sont pas rares. I Muvrini, fort bien conté par notre Marco Stivell national, démontre sur chacun de ses albums son attachement incommensurable pour l'île de beauté. Dougie MacLean chante quant à lui son amour de l'Ecosse sur le titre à succès « Caledonia » alors que Runrig clame à qui veut l'entendre le romantisme littéraire de cette même région à travers « Loch Lomond », devenu quasiment l'hymne national du pays.

NOBODY KNOWS est donc un cas à part. D'origine allemande, nos cinq folkeux ne rendent aucunement hommage au patrimoine bavarois. Ils ne donnent pas non plus l'impression de vouloir se damner pour promouvoir le romantisme mystique et envoûtant de la Forêt Noire. En effet, le groupe effectue son tour d'horizon des folklores européens sans s'arrêter ne serait-ce que le temps d'un morceau sur le patrimoine allemand. Et pourtant, de nombreuses contrées sont mises à l'honneur : l'Irlande tout d'abord, avec la reprises des traditionnels « Star of the County Down », « Foggy Gardens » (également connu sous le titre « Foggy Dew ») et « Galway Piper ». Solennelles et fidèles, les adaptations présentées sur cet album témoignent néanmoins d'une richesse musicale et d'harmonies vocales offrant un coup de jeune bienvenu à ces incontournables de la musique celtique. Soutenus par une exécution sans faille (la voix chaude et grave du chanteur Max Heckel n'étant pas étrangère à cette qualité d'interprétation) et une production irréprochable, ces titres « à boire » ou plus intimistes constituent d'excellents moments, tout en donnant l'envie de se replonger dans les versions originales, tout de même plus « authentiques ».

La Russie se voit également mise à l'honneur, avec une reprise de « Katyusha », célèbre chant russe composé au début de la deuxième guerre mondiale, à la mélodie entêtante et à l'accordéon guilleret. Guillerette, l'adaptation en langue allemande de la chanson de protestation italienne « Bella Ciao » l'est également. Accordéon et guitare acoustique s'en donnent à cœur joie sur ce morceau traditionnel à la mélodie horripilante, mais que l'on redécouvre sous un jour nouveau et finalement pas si désagréable.

C'est par la France que NOBODY KNOWS termine son tour des patrimoines musicaux européens. Non pas en reprenant « Frère Jacques » ou « J'ai du bon tabac », mais en mettant en musique plusieurs poèmes de François Villon, un des auteurs les plus connus de la période moyenâgeuse. Un choix audacieux et surprenant, mais un défi que le groupe relève avec brio et conviction. En reprenant tout d'abord à son compte un des travaux les plus célèbres du poète et en l'adaptant en langue allemande. « Jean, Jacques et Nicolas » se voit ici transfiguré grâce à une rythmique acoustique entraînante rappelant fortement les ambiances distillées par notre Georges Brassens national. L'ajout d'un violon en fin de morceau offre une saveur quasi gitane à ce titre qui s'impose rapidement comme un des meilleurs moments de l'opus.

Il en va de même pour « François », autre poème de Villon mis en musique, mais chanté cette fois en vieux français, rendant les paroles incompréhensibles (chantées en plus avec un accent allemand à couper au couteau). L'atmosphère dansante distillée ici, une nouvelle fois par le violon de Dietrich Eichenberg, se rapproche d'ambiances celtiques dansantes, offrant un break final dansant et totalement hallucinant.

Déployant une énergie de tous les instants, NOBODY KNOWS parvient avec son premier album à remettre dans le coup un patrimoine musical européen un peu daté, comme en illustre la pochette de son album. Partant dans tous les sens, l'album trouve néanmoins une cohésion dans la sincérité de l'intérêt porté par le groupe dans ces diverses manifestations musicales qui ont depuis toujours illustré l'histoire de l'Europe. Les Allemands démontrent une nouvelle fois leur attachement à l'Europe, de la plus belle des manière. Un album fort recommandable, à commander sur le site du groupe : www.nobody-knows-stendal.de

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   GEGERS

 
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- Max Heckel (chant, guitare, mandoline, violon)
- Maxx Heinrichs (claviers, basse)
- Dietrich Eichenberg (violoncelle)
- Julie Seyer (batterie)
- Georg Marth (violon)


1. Intro
2. Star Of The County Down
3. Katjuscha
4. Jean, Jacques Und Nicola
5. Französisches Gedicht
6. François
7. Foggy Gardens
8. Mcpherson
9. Bella Ciao
10. Zeh
11. Creel
12. Galway Piper
13. Outro
14. Dein Rotes Haar



             



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