Recherche avancée       Liste groupes



      
BLUES-ROCK  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


FOGHAT - Last Train Home (2010)
Par GEGERS le 9 Août 2010          Consultée 1262 fois

A perte de vue, des rails fumants suintent encore la chaleur accablante de l'ouest américain. Et, comme pour briser la monotonie des grandes plaines désertiques, un train. Une locomotive, poussive, trimbale bon an mal an une demi-douzaine de wagons de marchandises poussiéreux et essoufflés, le tout formant un convoi des plus singuliers en ce début de 21ème siècle. Poussiéreux et essoufflés, les quatre passagers du train le sont également. Eux ont tout vécu, tout vu. Certes, depuis que leur train personnel s'est embarqué sur les rails du boogie/blues rock au début des années 70, les choses (et les membres) ont bien changé. Splits, décès, les FOGHAT ont traversé toutes les épreuves et entament leur cinquième décennie d'activité avec ce Last Train Home qui n'est, finalement, que leur quatorzième opus studio.

Peu nombreux étaient ceux qui, au début des années 2000, auraient parié sur l'avenir du groupe. Suite au décès de Dave Peverett, le destin de FOGHAT semblait bien sombre. C'était sans compter sur l'intégration de Charlie Huhn (Gary Moore, Ted Nugent), qui porte littéralement ce Last Train Home, successeur de Family Joules (2003) sur ses épaules. Sa voix énergique et rocailleuse constitue sans doute l'élément le plus convaincant de cet opus aux faux airs de bonus pour les fans. La formule reste quant à elle très simple et en totale adéquation avec le style du groupe. Mêlant blues, boogie et rock, le combo alterne les morceaux avec une envie et une efficacité certaine. Il faut bien avouer que tous les morceaux donnent une impression de déjà-entendu. Que ce soit le riff de « Born for the Road », le piano de « 495 Boogie » ou encore l'harmonica de « Lousiana Blues », tout sur cet album sonne réchauffé et témoigne d'une nostalgie certaine pour l'âge d'or d'un style ultra-balisé et dans lequel il semble difficile de se renouveler. Si certains, comme Lynyrd Skynyrd ou Status Quo y sont parvenus, n'hésitant pas à parsemer leur musique d'ingrédients plus modernes, FOGHAT semble se complaire dans la répétition de gimmicks et d'ambiances quasiment identiques à ceux de leurs premiers albums studio.

Mais si sa carrière semble désormais derrière lui, le groupe met toutes les chances de son côté pour convaincre. Faisant preuve d'une énergie débordante malgré l'âge avancé de ses membres, FOGHAT développe son savoir-faire pour embarquer l'auditeur dans un voyage aux confins du grand ouest américain. Que ce soit « Needle & Spoon », boogie endiablé faisant la part belle au piano, le langoureux et délectable « So Many Roads, So Many Trains », le rapide et rageur « Shake Your Money Maker » ou encore le quasi hard rock « Rollin' & Tumblin' » (qui voit le guitariste légendaire Eddie Kirkland – 87 ans! - faire une apparition), tout sur cet album pousse à épouser sans rechigner la cause de FOGHAT qui nous emmène plus de 40 ans en arrière, à l'époque du blues-roi. Transcendés par la voix et le charisme de Charlie Huhn, les 12 morceaux de l'opus passent comme une lettre à la poste, et l'on reste admiratif du talent déployé par l'ensemble du groupe qui montre que si le blues rock est un genre parsemé de nombreux codes plus ou moins explicites, le pratiquer de manière convaincante requiert tout de même une très forte dose de talent.

C'est bien entendu dans le contexte du live que les morceaux de ce Last Train Home trouveront un écrin dans lequel ils pourront s'exprimer pleinement. Car si les puristes trouveront sans doute leur compte à l'écoute de cette heure de musique, les autres n'y entendront rien de novateur ou même d'original. Huit ans après Family Joules, FOGHAT, dont la carrière s'est toujours limitée aux frontières des Etats-Unis malgré des origines britanniques, vient se rappeler à notre bon souvenir avec classe et conviction. Rien de neuf sous l'accablant soleil du midwest, mais un retour fort sympathique, en bonne et dûe forme, pour un un groupe au talent indéniable.

A lire aussi en BLUES-ROCK par GEGERS :


Ben HARPER
Burn To Shine (1999)
Chef d'oeuvre, deuxième du nom




The UNION
The Union (2010)
L'union sacrée


Marquez et partagez





 
   GEGERS

 
  N/A



- Charlie Huhn (chant, guitare)
- Bryan Bassett (guitare)
- Craig Macgregor (basse)
- Roger Earl (batterie)


1. Born For The Road
2. Needle & Spoon
3. So Many Roads, So Many Trains
4. Last Train Home
5. Shake Your Money Maker
6. It Hurts Me Too
7. Feel So Bad
8. Louisiana Blues
9. 495 Boogie
10. Rollin’ & Tumblin’ / You Need Love
11. In My Dreams
12. Good Good Day



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod