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- Style : The Flaming Lips

MERCURY REV - Deserter's Songs (1998)
Par STREETCLEANER le 1er Octobre 2010          Consultée 1594 fois

Avec Deserter's Songs je ne prends vraiment pas beaucoup de risques à écrire qu'on tient là l'un des meilleurs albums de MERCURY REV (il s'agit de leur quatrième album), et un des tout meilleurs albums de pop des années 90. Formé à la fin des années 80 à New-York, le groupe MERCURY REV sera souvent comparé à ses compatriotes de l'Oklahoma, les Américains de The FLAMING LIPS. En cause, la participation de Jonathan Donahue, un des principaux membres fondateurs du groupe (chant, guitares), venu tout droit de chez les LIPS où il était guitariste entre 1988 et 1991. La présence dans les deux groupes du producteur Dave Fridmann n'est pas non plus étrangère à cette comparaison. Tout comme l'évidence d'influences musicales communes, et notamment la pop 60's des BEATLES.

Cette dernière phrase et évocation m'offrent une transition toute trouvée. Car, il ne faut pas s'y tromper. MERCURY REV, contrairement à ce que l'on peut lire ça et là, n'est pas un seulement un groupe de rock. Même si cet album est un peu particulier dans leur discographie, le combo américain demeure essentiellement un groupe pop. Une pop ici profondément mélodique et symphonique, aux arrangements très travaillés, précisément ciselés, finement pensés, une volonté symphonique évidente accapare l'auditeur, en témoigne la longue liste des instruments utilisés et des musiciens invités. Une orientation prise sur le précédent See You On The Other Side (1995), album qui fut d'ailleurs un échec commercial. Sans être surchargé, on peut dire que chaque titre ne serait pas ce qu'il est sans ces arrangements et instrumentations particulièrement riches. Bien entendu, je ne parle pas là des compositions en elles-mêmes qui, je dois le dire, sont vraiment toutes excellentes. La force de l'album réside tout d'abord dans cet aspect-là, aspect qu'il ne faut absolument pas occulter. Chaque titre est un petit bijou mélodique, chaque titre est là, évident, une seule écoute et vous savez que vous vous trouvez face à un grand album de pop, une pop relativement psychédélique d'ailleurs, mais surtout délicate et mélancolique, sans jamais être sombre. Des chansons plutôt lumineuses sans être non plus trop joyeuses. Même si parfois Donahue semble heureux de chanter, et que ce bonheur peut être communicatif "Tonite It Shows". Deserter's Songs c'est un peu comme de beaux et nombreux filets de lumière qui viendraient inonder un ciel nuageux.

J'évoquais précédemment les BEATLES. Prenez un titre comme "Opus 40". Qu'on ne me dise pas qu'on ne pense pas immédiatement à une cover des BEATLES. Même façon de composer, arrangements déjà entendus, des instruments aux sons d'époque, un chant assez proche... bien entendu, ce titre n'est pas une cover mais bien une composition originale, pourtant l'imitation (réussie) est bel et bien là... c'est presque bluffant ! Mais ce qui me semble être le clin d'oeil le plus drôle aux BEATLES est sans doute la fin de "Delta Sun Bottleneck Stomp" quand Donahue chante "Wavin' goodbye i'm not sayin' hello"... trop hasardeux pour être du hasard non ?

Jouant sur le côté orchestral, cuivres et piano, que contrebalancent les cymbales de la batterie "Holes", introduisant des violons aériens que renforce la harpe dans une recherche de légèreté "Tonite It Shows", ou nous immergeant dans un climat plus neigeux et céleste (l'acoustique "Endlessly" avec ses flûtes et son clavecin ressemblerait presque à un chant de Noël !), Donahue et sa bande savent nous enchanter par des atmosphères magiques, et disons-le, carrément belles. D'ailleurs c'est bien ce que l'on attend de la pop music non ? De jolies chansons qui se retiennent facilement, qu'on a envie de chanter... et pour les plus exigeants, comme c'est le cas ici, finement travaillées et recherchées, en faisant l'impasse sur la facilité. On s'éloigne quand même du pop/rock psychédélique moins accessible des débuts. Difficile également de ne pas coller l'étiquette "chef-d'oeuvre pop" à l'écoute de "The Funny Bird" où s'invite une guitare floydienne dans un tourbillon où les faces symphonique et rock sont entremêlées. La voix passée aux filtres pourrait rappeler certains groupes des 70's. En tout cas, comme souvent dans cet album, les mélodies sont, je le répète, vraiment somptueuses et marquantes. Un vrai bonheur musical, des émotions et des endomorphines en veux-tu en voilà ! Même les petites plages instumentales de transition (un peu plus sombres), si elles ne sont pas indispensables, sont plutôt bien trouvées.

J'avoue juste un coup de coeur peut-être plus marqué pour l'énergique "Goddess On A Hiway" avec son riff au piano et sa basse dansante qui travaille de conserve. C'est rythmé et on a envie de chanter avec Jonathan Donahue. Les couplets tout commes les refrains sont justes magnifiquement efficaces. Un autre titre, "Delta Sun Bottleneck Stomp", du même acabit, clôt en beauté cet album (enfin presque car il existe un petit titre caché complètement barré) et là on se dit une fois terminée : "ouah ça le fait... quand même !". Eh oui, des chefs-d'oeuvre pop sont là à portée de main, mais souvent trop méconnus.

Ceux qui sont donc à la recherche d'une pop somptueuse, classieuse, psychédélique et quand même un peu barrée (cf. les textes essentiellement), aux mélodies captivantes, une pop travaillée, délicate, rétro tout en étant incroyablement moderne (intemporelle) à la fois, mélancolique, et pas racoleuse ou putassière pour un sou, se précipiteront sur ce Deserter's Songs. Les yeux fermés je vous dis. Allez hop, dans ma liste des 1001 albums à écouter avant de mourir !

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- Jonathan Donahue (chant, guitare acoustique)
- Grasshopper (guitares)
- Adam Snyder (mellotron, wurlitzer, b3)
- Dave Fridmann (piano, basse, mellotron, choeurs)
- Suzanne Thorpe (flûtes)
- Jimy Chambers (clavinet, batterie, clavecin)
- ::autres Musiciens :
- Levon Helm (batterie sur 'opus 40')
- Garth Hudson (tenor et alto sax sur 'hudson line')
- Mary Gavazzi Fridmann (soprano)
- Jeff Mercel (batterie)
- Rachel Handman (violons)
- Matt Jordan (cor)
- Jim Burgess (trombones)
- Aaron Hurwitz (piano)
- Scott Petito (basse)
- Garrett James Uhlenbrock (slide guiare)
- Amy Helm (voix)
- Marie Spinosa (voix)
- Joel Eckhouse (bowed saw)


1. Holes
2. Tonite It Shows
3. Endlessly
4. I Collect Coins
5. Opus 40
6. Hudson Line
7. The Happy End (the Drunk Room)
8. Goddess On A Hiway
9. The Funny Bird
10. Pick Up If You're There
11. Delta Sun Bottleneck Stomp



             



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