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UNKLE - Where Did The Night Fall (2010)
Par DARK PANDA le 6 Septembre 2010          Consultée 2823 fois

Bon, j'en ai marre. Vous savez, comme quand vous venez de vous sustenter abondamment dans un super restaurant et que le serveur arrive avec un dernier plateau, rempli à ras-bord de superbes desserts - dont la fameuse tarte poire-chocolat au nappage brillant de calories. A cet instant, vos yeux s'agrandissent en un "oui" insistant, mais votre ventre est plein et éructe un "non" définitif. Il y a de quoi être irrité. Bah là, c'est pareil. UNKLE est incroyable, parce qu'il accouche une nouvelle fois d'un chef d'oeuvre, et ce constat ne peut que dépasser l'entendement. Trop, c'est trop. Comment, en effet, un groupe de musique peut-il réaliser un parcours aussi pur et cohérent, avec tant d'excellence et aussi peu d'erreurs ? Mais si seulement, déjà, il y avait eu des erreurs... On pourrait expliquer en long et en large que le groupe s'est amélioré avec le temps, ou au contraire qu'il a baissé de régime, que sais-je encore... mais non. La carrière studio d'UNKLE est exhaustivement parfaite. Sans aucune trace de maladresse. Simplement extraordinaire de justesse, belle à en mourir. Et le dernier opus du collectif, Where did the Night Fall, est une nouvelle fois divin. Il faut l'admettre, sans verser de larme. Parce que c'est un fait.

Il y a eu l'initial Psyence Fiction, stellaire et envoûté, qui a réinventé le trip-hop. Puis Never, Never Land, le bijou électronique aussi précieux qu'inégalable, avant War Stories et son électro-rock violent, crépusculaire chef-d'oeuvre de noirceur. Désormais, il y a aussi Where did the Night Fall, perle des perles, qui enfante tout simplement d'un nouveau genre, le trip-rock. Une sorte de War Stories en plus psychédélique, et l'aspect tragique en moins. Une pure extase, qui colle simplement le sourire ou fait subitement pleurer, selon le niveau d'approfondissement que l'on porte à sa musique.
D'ailleurs, ne perdons pas de temps et plongeons immédiatement dans les quatorze titres de cet album saisissant.

L'introduction de 40 secondes, rien qu'elle, génère déjà des frissons : de pénétrantes vagues de synthétiseur envahissent peu à peu le morceau, d'où découle naturellement le rythme oriental de la première véritable pièce de la galette, "Follow me Down". Le chant de Rachel Williams, vocaliste du groupe de rock psychédélique Sleepy Sun, y offre une interprétation à la fois lyrique et rageuse, entrecoupée par une guitare électrique soigneusement effleurée. Les nombreuses percussions, mélange de batterie traditionnelle et de tambours ancestraux, soufflent un rythme énergique, peut-être d'influence indienne, avant que les trompettes, trombones et autres tubas de l'"Heritage Orchestra", auteur de toutes les parties symphoniques de l'album, ne viennent clore le morceau avec une volupté toute aérienne.
Déjà, on jubile. Consistance parfaite, musique dépaysante, mélodies saisissantes de pureté. Et ce n'est pas fini. Au contraire. La collaboration d'UNKLE avec les "Black Angels" sur le titre suivant, "Natural Selection", est à tomber par terre : un orgue triomphal annonce l'orage qui s'abat sur l'auditeur au bout d'une trentaine de secondes, sous la forme d'une basse sourde et d'une batterie éthérée. Mais rien n'égale la voix qui émerge de ce magma proprement psychédélique : un chant à la fois lymphatique et raffiné, qui s'empare des aigus comme l'eau se transforme en nuage, c'est à dire avec une grâce incroyable. Un refrain entêtant augmente l'efficacité du morceau, qui se fragmente en son milieu avec l'explosion d'une guitare électrique, pour mieux encore redoubler d'intensité : le rythme frénétique et hanté d'un clavier parcoure les dernières minutes, accompagné d'une batterie toujours plus agressive et d'admirables nappes électroniques. On perd pied, l'extase est à son paroxysme. Tout sonne incroyablement juste et la teneur musicale échappe à la définition, tant les instruments se mêlent et se confondent irrésistiblement les uns aux autres.

Après la belle transition expérimentale d'Autolux sur "Joy Factory", UNKLE va encore plus loin et propose un titre complètement néo-psychédélique, "The Answer". Une bête merveilleuse semblant tirée des hallucinogènes années 70, avec batterie hypnotique, guitares scintillantes et chœurs ensorcelants. On arrive au centre névralgique de l'album, l'esprit se délite. L'enlevée "On A Wire" achève l'entreprise en proposant un rock-électro torride, rendu somptueux par le chant cristallin et envoûté d'Elle. J. Une nouvelle fois, la force d'UNKLE explose aux oreilles : des guitares lumineuses au manteau électronique, tout y est simplement... parfait.
Mais l'autre force d'UNKLE, c'est d'aller encore plus loin que la perfection. "Falling Stars", la pièce suivante, est en ce sens indescriptible, hors de portée de la linguistique. Une seule chose est à noter : la voix de Gavin Clark, qui porte le titre et que l'on retrouve plus loin sur "The Healing", a cela de particulier qu'elle est UNKLE, dans toute sa dépression et son magnétisme. On pleure durant les six minutes du morceau.
"Heavy Drug", l'interlude qui suit, a beau briller à nouveau de chœurs psychédéliques, l'album a désormais basculé dans la majesté. "Caged Bird" poursuit cette lignée en offrant un trip-rock nappé d'électronique... qui devient génial et surnaturel lorsque les accalmies de la musique laissent la chanteuse Katrina Ford pousser quelques soupirs célestes, sur un mélancolique arpège de guitare électrique.
Le même schéma transforme "Ablivion", chanté par James Lavelle en personne - instigateur et leader d'UNKLE -, en bijou brut : l'arpège de guitare remplacé par un air bouleversant de violons et de violoncelles, la pièce s'envole, emportant avec elle le peu de raison qui nous restait encore. Et laissant une seule certitude : jamais la musique, dans son mélange des genres et la rigueur de sa création, n'aura été aussi belle et maîtrisée.
le trance-rock acerbe et résolument "dark" de "The Runaway" n'arrange rien, si ce n'est qu'il permet d'appréhender le morceau suivant, "Ever Rest", dans toute sa légèreté et son onirisme : le chanteur Joel Cadbury, déjà présent sur Never, never Land, y exécute des prouesses lyriques, insoutenables de charme et de délicatesse, au travers d'un rythme soutenu et d'une écharpe électronique toujours intouchable d'élégance.

Arrivé là, l'auditeur qui connaît Where Did The Night Fall n'a pas envie d'entendre les premières notes de "The Healing". Parce qu'il sait pertinemment que c'est l'avant-dernier morceau de l'album, aussi l'un des meilleurs, et qu'il ne peut résolument pas se satisfaire de cette situation.
Car si la musique est une drogue, Where did the Night Fall est l'hallucinogène le plus intense qui ait jamais existé sur cette terre. "The healing", féérie hantée par Gavin Clark, en est une dose excessive, peut-être la plus pure de la galette. "Another Night Out", aussi grandiose qu'il soit, constitue quant à lui le dernier titre de l'album et, de ce fait, le bad trip le plus terrifiant jamais généré. Puisqu'il mène à la fin de Where did the Night Fall, et donc au retour à la normale. C'est à dire à la mort.

Ce serait en effet le cas si l'on ne pouvait pas remettre, dès lors, l'album à son commencement. Pour une petite dose encore, la dernière... Après la prochaine. Et la prochaine. Pour le feu. Pour la lumière. Pour la Musique, avec un grand M.

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   DARK PANDA

 
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- James Lavelle (composition principale, chant)
- Pablo Clements (composition, programmation, synthétiseurs, chant)
- James Griffith (composition, basse, guitare électrique, synthétise)
- Joshua Block (batterie)
- Rachel Williams, The Black Angels, Autol (composition, chant)


1. Nowhere
2. Follow Me Down - Avec Sleepy Sun
3. Natural Selection - Avec The Black Angels
4. Joy Factory - Avec Autolux
5. The Answer - Avec Big In Japan
6. On A Wire - Avec Elle J
7. Falling Stars - Avec Gavin Clark
8. Heavy Drug
9. Caged Bird - Avec Katrina Ford
10. Ablivion
11. The Runaway - Avec Elle J
12. Ever Rest - Avec Joel Cadbury
13. The Healing - Avec Gavin Clark
14. Another Night Out - Avec Mark Lanegan



             



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