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The FLAMIN' GROOVIES - Flamingo (1970)
Par TOMTOM le 3 Novembre 2010          Consultée 1605 fois

Si on veut s’exprimer par des lieux communs, on dira que les FLAMIN' GROOVIES n’avaient jamais su être au bon endroit au bon moment, jamais là où on les attendait. Loosers jusqu’au bout du mediator, les cinq compères s’étaient rejoints à San Francisco à la fin des années 1960, ville dont l’attention s’était exclusivement tourné à l’époque vers le croisement de Haight et Ashburry. Or les bougres confirmaient à travers leur deuxième album Flamingo le credo qui avait été le leur depuis le début. L’exil semblait inévitable. Explications.

Groupe consacré par le monumental Teenage Head, les GROOVIES n’avaient pas toujours été ainsi. Avec Supersnazz (leur premier méfait) et Flamingo, la bande s’était donné une mission quasi religieuse (la même que celle adoptée par les CRAMPS, une quinzaine d’années plus tard) : transmettre la bonne parole de leurs ancêtres rock'n’roll, rockabilly, country et blues ; avec une préférence pour le premier of course. Alors que leurs comparses SANTANA, John CIPPOLINA ou Jerry GARCIA pourfendaient la gamme pentatonique, tel une pucelle dans les bras d’un soudard, le duo de guitariste Cyril JORDAN / Tim LYNCH la suivait à la lettre tout en la poussant dans ce qu’elle pouvait avoir de plus simple mais aussi de plus percutant. Obsédés par Chuck BERRY, COCHRAN ou VINCENT, les deux gratteux n’auraient changé pour rien au monde, comme en témoigne les soli du « Gonna Rock Tonite » d’ouverture, monumentale pièce de rockabilly dédiée à l’exhibition de chaque instrument (un solo de chaque s’il vous plait) et dont le titre (annonçant les STRAY CATS et leur « Rock This Town ») reste emprunt de cette mythologie fifties vouant la musique à la fête, à la déconne et aux soirées du genre American Graffiti.

Ceci dit, Les FLAMIN GROOVIES étaient grillés sur de nombreux plans encore. En effet, lors d’un passage à Detroit, la route des GROOVIES croise celle du MC5. Révélation : la musique ne peut plus se jouer qu’en poussant les potards à onze, en trouant les amplis et en hurlant. Badaboum, et cela s’entend : contrairement aux chansons de Teenage Head, celles de Flamingo débordent de soli et de distorsion en tout genre. Mais c’est la voix de Roy LONEY qui vient parachever l’œuvre, celui-ci reprenant tous les gimmicks rock n’ roll de ses parents (la voix lascive de « Jailbait », les débordements spasmodiques de « Gonna Rock Tonite ») et jusqu’au cri introducteur des solos, inauguré quelques années auparavant par les SONICS dont les FLAMIN GROOVIES se placent désormais comme légitimes descendants.

Alors bien sûr, on a le droit aux classiques ballades, une débile (« Sweet Roll Me On Down »), une parodie de country (« Childhood’s End ») ou une véritablement réussie comme la magnifique « She’s Falling Appart », annonciatrice du futur chef d’œuvre « Whiskey Woman ». Mais ces quelques intermèdes ne doivent pas voiler l’édifice de démence et de violence déployé tout au long du disque. Les mots sont peut être un peu fort, mais lesquels sont les plus à même de décrire « Headin’ For The Texas Border » ? Chanson à écouter à fond (assurément), vicieuse, rapide, guitares flamboyantes et rythmique de plomb, chant fantastique, reprise par les Raconteurs de Jack White, elle est l’hymne de l’album, le résumant tout en le dépassant dans la folie la plus parfaite. Dans le même genre il y a d’ailleurs « Road House », où tous les protagonistes semblent prêts à disjoncter : la voix de LONEY est au bord de la rupture, JORDAN et LYNCH se fendent de soli mémorables au son clair et tranchant comme une lame de rasoir, semblent exploser leur guitare alors que le batteur Danny MIHM et le bassiste George ALEXANDER martèlent leurs instruments tels des damnés, perforant un rythme avec la certitude qu’ils n’en sortiront jamais vivant.

Alors bon, 40 minutes de rock n’ roll old school (56 minutes pour ceux qui ont la chance de posséder la version CD aux reprises bonus, toutes aussi essentielles que leurs consœurs originales) il y en a que ça saoule. Et il faut dire que des chansons comme « Comin’ After Me » ou « Second Cousin » peuvent décevoir par leur manque d’originalité. Mais à une époque où tous les groupes commençaient à se prendre au sérieux, les GROOVIES (sur cet album, pour moi, aux antipodes de Teenage Head) incarnaient tout ce que le rock n’ roll avait pu avoir de plus dément, des sessions de Little RICHARD au piano de Jerry LEE LEWIS, et contribuaient à faire survivre l’idéologie garage du début des sixties. Et puis, à part les NEW YORK DOLLS 3 ans plus tard, personne ne sera plus aussi sympathique que ces cinq loosers de San Francisco.

Note : 4,5/5

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   TOMTOM

 
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- Roy Loney (chant, guitare)
- Cyril Jordan (lead guitar)
- Tim Lynch (lead guitar)
- Danny Mihm (batterie)
- George Alexander (basse)


1. Gonna Rock Tonite
2. Comin' After You
3. Headin' For The Texas Border
4. Sweet Roll On Me Down
5. Keep A Knockin'
6. Second Cousin
7. Childhood's End
8. Jailbait
9. She's Falling Apart
10. Road House
11. My Girl Josephine (bonus Track)
12. Around And Around (bonus Track)
13. Rockin' Pneumonia And The Boogie Woogies Flu (bonu
14. Somethin' Else (bonus Track)
15. Rumble (bonus Track)
16. Going Out Theme (bonus Track)



             



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