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Olivier KOWALSKI - Photocopies (1981)
Par MARCO STIVELL le 19 Novembre 2010          Consultée 1569 fois

1981 m'a toujours semblé être une date particulière dans l'histoire de la musique. C'est entre autres l'année du Retour de Gérard Lambert, l'album le plus rock de mon artiste français préféré, celle d'Abacab, le disque le plus surprenant de mon groupe préféré, celle de Face Value, soit l'envol de mon Dieu, celle de Terre des Vivants, la moins bonne galette de mon artiste solo préféré, et au contraire celle de An Heol a zo Glaz, le meilleur disque d'un excellent groupe breton super connu. Et au milieu, il y a Malicorne, un autre groupe que j'adore, qui tente un dernier essai discographique avec le concours du parolier Etienne Roda-Gil (Julien Clerc et bien d'autres), ce qui leur vaudra beaucoup de mauvaises critiques d'ailleurs. Pourtant Balançoire en Feu est vraiment bon... Quoiqu'il en soit, Olivier KOWALSKI, autrefois Zdrzalik, qui accompagne le groupe depuis 1976, tente de continuer son petit bonhomme de chemin en se lançant dans une aventure solo, dont ce Photocopies est le premier jalon, et le seul visiblement (en 33 tours du moins), encore trente ans après.

Enfer et damnation. Ce disque qui comme beaucoup d'autres projets "obscurs" de ce style n'a jamais été réédité en CD, avait toutes les qualités pour être un grand disque. Voyez un peu, il y a d'un côté la confection. Ca, c'est l'affaire de Olivier pour les musiques, et de Hughes De Courson, lui aussi ancien membre de Malicorne, pour les paroles, sauf pour la chanson "Grand-Père" où il signe paroles et musique. On connait les qualités de ce genre d'équipe, qui, même en l'absence du couple Yacoub et de Laurent Vercambre était capable du meilleur, ainsi qu'elle l'a prouvée avec Malicorne. Venons en maintenant aux instrumentistes. Bon sang de bonsoir, d'abord une section rythmique de grande taille, Olivier à la basse et Jean-Pierre Arnoux, lui aussi membre de Malicorne (décidément, on reste en famille), à la batterie. Olivier est d'ailleurs crédité aussi bien à la basse qu'aux guitares et aux synthés, sans parler de sa présence bien évidemment au chant, ce qui va nous permettre de découvrir ses possibilités, et en partant un brin optimiste, on se dit que ça promet. Aux synthés, le grand, l'illustre Pascal Stive, ancien membre du groupe légendaire d'Alan Stivell, qui en dehors de son excellent projet de l'époque (The Dice), s'est mis à apporter son soutien à des chansons de nombreux(euses) et différent(e)s artistes de variété française. Rien que la vue de ce nom a fait bouillonner mon sang, tant j'admire ce musicien, au même titre que Gabriel Yacoub d'ailleurs (qui est avec sa femme Marie présent dans la chorale du premier titre de ce Photocopies). Aux saxophones, Didier Malherbe, membre de Mother Gong - groupe issu de la famille Gong -, et Jim Cuomo qui a participé à Balançoire en Feu. Enfin, Carole Fredericks dans les choeurs, le fait de la savoir impliquée à un projet précédant les albums de Jean-Jacques Goldman a son petit charme...

Eh bien non. Comment dire ? Non... C'est tout, non. Un grand NON pour ce projet qui avait tout pour être excellent avec autant d'arguments, et qui tombe presque complètement à l'eau. Je ne peux même pas le qualifier de au moins "sympathique", car je mentirais en disant cela. Le fait est que d'abord, Olivier KOWALSKI n'est vraiment, vraiment pas le type de chanteur que l'on s'apprêtait à entendre. Faire ressortir négativement le fait qu'il soit limité en possibilités vocales serait déplacé, beaucoup de chanteurs sont "limités" et s'en sortent très bien en arrivant à bien adapter leurs compositions et en ne forçant pas. Le problème, c'est l'accent du bonhomme, et sa tendance à chanter de manière très nasale, en donnant souvent l'impression d'avoir une épingle à linge sur le nez.

Et s'il n'y avait que ça... Mais non. D'abord les paroles, je ne m'attarde pas sur ce versant-là d'habitude, mais là ça saute aux oreilles tellement c'est... décalé, à l'image de "Mixomatose" et de "15 Juillet" (entre nombreux autres, à commencer par "Grand-Père"), et disons heu, pas excellent, mais alors pas du tout. J'ai un grand respect pour Hughes De Courson, mais là j'avoue que j'ai du mal à à comprendre la démarche. Il y a décalé et décalé. Admettons que ce soit pour coller à ce chant particulier ainsi qu'à la musique de l'album, ben même l'exercice n'est pas une franche réussite. La musique quant à elle, c'est un genre de rock variété à la française comme beaucoup en faisaient à l'époque, et sans les connaitre tous (loin de là), avec certainement plus de conviction que KOWALSKI. Les guitares sont tranchantes, les saxophones sont omniprésents, et à ce dernier titre, le culot est tel que le meilleur solo parmi les instruments à vent est celui de la clarinette sur "Hôtel Impérador"... Remarque, c'est le plan musical qui sauve l'album d'une certaine manière, avec parfois de bonnes parties rock ou reggae, voire punk comme sur "Montez Flammes Légères", sur laquelle Olivier fait son Plastic Bertrand, et pas pour le meilleur encore une fois... Disons que la plupart des musiques sont bien faites, mais souvent d'un effet réduit par le chant et les paroles. Les meilleurs titres du disque restent sans aucun doute "Si tu te Casses, je me Brise" et son petit piano, ainsi que "Métro, Métro", un peu plus orientée eighties.

Autant dire que deux chansons sur onze, ça fait peu, très peu, et encore je suis gentil car elles ne sont pas des chefs-d'oeuvre pour autant. C'est dommage, bien dommage en tout cas car l'album semblait plein de promesses... Oivier arrivera à "se rattraper" pour le génial Les Cathédrales de l'Industrie, avec Malicorne.

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   MARCO STIVELL

 
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- Olivier Kowalski (chant, basse, guitares, synthétiseurs)
- Jean-pierre Arnoux (batterie)
- Robert Moi (guitares)
- Michel Texier (guitares, choeurs)
- Michel Muzak (guitares, choeurs)
- Pascal Stive (synthétiseurs)
- Hughes De Courson (piano, synthétiseurs)
- Frédéric Rousseau (programmation séquenceur)
- Didier Malherbe (saxophones)
- Jim Cuomo (saxophones, clarinette, choeurs)
- Glenn Ferris (trombone)
- Janice Mabry (choeurs)
- Carole Fredericks (choeurs)
- Véronique Harvay (choeurs)
- Gabriel Et Marie Yacoub, Dominique Larti (chorale sur 'grand-père')


1. Grand-père
2. L'amour, C'est N'importe Quoi
3. Si Tu Te Casses, J'me Brise
4. Avec Elle à 300 à L'heure
5. Mixomatose
6. Montez Flammes Légères
7. Photocopies
8. Métro, Métro
9. Hôtel Impérador
10. L'enfer, Je Préfère
11. 15 Juillet



             



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