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Joe COCKER - Hard Knocks (2010)
Par MANIAC BLUES le 22 Novembre 2010          Consultée 1345 fois

Hard Knocks est l'exemple parfait des effets nocifs que peut avoir l'industrie musicale sur la force créative d'un artiste talentueux. Tout le monde se souvient de l'interprétation éblouissante de Joe Cocker à Woodstock. Sa présence scénique à la limite de l'hystérie a marqué les esprits en forgeant l'image d'un artiste hors norme à la très forte personnalité. Le bonhomme a bien évolué depuis 1969 : finis le rock rebelle, les rouflaquettes et cheveux longs en bataille. A 66 ans, le britannique s'est bien assagi mais pas dans le bon sens du terme : la qualité de sa discographie en dent de scie depuis une trentaine d'année ne sera pas franchement transcendée par ce dernier cru. La musique stéréotypée de Hard Knocks a déjà été entendue un million de fois : de la musique clinquante et aussi aseptisée qu'une chambre d'hôpital. Mais de là à dire que Hard Knocks est un mauvais disque... il y a encore un pas à franchir.

Le Britannique nous sort l'artillerie lourde. Hard Knocks présente en effet toutes les caractéristiques de la grosse production superficielle : des cuivres au son synthétique, des choristes à la voix formatée, une section rythmique en carton pâte, des paroles usées jusqu'à la corde. Heureusement que le disque est court. Hard Knocks est un album qui joue évidemment sur les émotions faciles, c'est même le moteur de cet album qui cherche par tous les moyens à nous tirer une larme. Parfois cela fonctionne, sur « The Fall » par exemple, et souvent cela sonne faux... un peu comme dans un mauvais mélo. Tous les ingrédients sont là : des slows à n'en plus finir, des paroles pleurnichardes, des arrangements artificiels. « Unforgiven », les mièvres « So » et « So It Goes » dégoulinent de guimauve.

Hard Knocks coule dans une veine pop à grand spectacle. L'air de déjà-entendu est flagrant sur « Thankful » qui n'en est pas moins une composition émouvante. « Runaway Train » n'est pas très éloigné du « rock grand public » qu'a pu produire Johnny Hallyday dans les années deux mille. Pas très subtil mais relativement accrocheur. C'est audible, les airs rentrent facilement dans la tête mais cela manque un peu d'âme. Tout est millimétré, réchauffé, léché, prédigéré. Zéro spontanéité et zéro prise de risque. Heureusement que Joe Cocker a toujours un aussi bel organe vocal : c'est en effet l'élément le plus plus appréciable de ce disque. La beauté et la force de sa voix sauvent à elles seules cet album qui aurait pu être un désastre sans cela. Mais il est vraiment frustrant d'écouter un artiste aussi talentueux tomber dans une telle facilité artistique.

Au milieu de titres softs et lights sont disséminés quelques morceaux plus énergiques. L'ouverture « Hard Knocks » annonce en effet un album plutôt dynamique. Toutes les grosses ficelles du genre sont utilisées; est-ce forcément désagréable ? Pas toujours. Mais la recette est toujours la même et finit parfois par donner la nausée : lourdeur, refrains gros comme une maison, aucune subtilité. Certains refrains sont tout de même plaisants : celui de « Get On » ou de « The Fall » mais ils sont noyés dans des arrangements grandiloquents qui nuisent à la qualité des compositions. En revanche, difficile de sauver Joe Cocker du naufrage de « Stay The Same ». Il coule ici dans un océan de lieux communs.

Finalement, on préfère quand Joe Cocker se contente de faire des reprises de standards comme sur Hymn For Your Soul. D'ailleurs, le meilleur titre de l'album n'est autre qu' « I Hope » qui sonne un peu moins faux que le reste du disque. Hard Knocks n'est pas déplaisant à écouter mais le plaisir que peut procurer ce genre de musique est de toute façon trop éphémère. Trop stéréotypé, trop formaté, cet album brille par sa banalité. Alors que retirer d'un tel disque? Quelques titres corrects noyés au milieu de ballades ennuyeuses, de l'émotion qui tourne parfois à la guimauve et une production clinquante qui ne valorise pas la qualité des compositions. L'album aurait gagné à être plus sobre. Dommage.

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1. Hard Knocks
2. Get On
3. Unforgiven
4. The Fall
5. So It Goes
6. Runaway Train
7. Stay The Same
8. Thankful
9. So
10. I Hope



             



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