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2010 1 Cardioid
 

- Style : Tears Of Hope

YODELICE - Cardioid (2010)
Par MARCO STIVELL le 9 Février 2011          Consultée 2303 fois

Maxim Nucci alias YODELICE, connait enfin un succès amplement mérité pour lui-même, avec ce masque sur les yeux, après quelques "flops" en début de carrière et quelques expériences dans l'ombre de sa (désormais ex-) chérie Jenifer Bartoli, ancienne staracadémicienne (l'excellent Lunatique, en 2007). Suivant la voie d'un premier album plus que prometteur, YODELICE revient avec son personnage et, une fois de plus, des chansons entièrement en anglais. La différence principale, c'est qu'après un disque de folk parfois assez doux, l'artiste évolue sur un, voire des terrains au fond similaire mais plus particuliers sur la forme.

Il est difficile de classifier la musique de YODELICE sur ce Cardioid, tant elle a tendance à explorer diverses facettes du folk-rock tout en restant proche de la pop, mettant en avant les traditionnels instruments basse, batterie, guitares électriques, et souvent doté d'une certaine originalité. Il est ainsi facile de passer d'un faux morceau folk épuré à un blues mordant, ou encore une certaine complaisance - façon de parler - dans un milieu rock quasi-électronique plutôt froid. Bien sûr, on pourra dire que ce que YODELICE apporte, beaucoup l'ont fait avant lui, mais il garde le mérite, en plus d'arriver à une certaine qualité, de parvenir à faire naître un certain engouement alors qu'on a tendance à critiquer une certaine paralysie de la production française actuelle. Et ce bien qu'il chante en anglais, mais il n'est pas exclu qu'avec son talent, il parvienne un jour à redorer aux yeux de beaucoup, le blason de la digne langue de Molière.

On pourrait croire qu'avec un délai aussi "court" d'attente entre la parution de deux albums, soit à peine un an et demi (comme quoi les années 70 remontent à loin), ce Cardioid a été fait à la va-vite. Pourtant une production régulière, en admettant qu'elle le restera, est toujours à saluer, et rien n'empêche n'importe quel artiste d'arriver à répéter un coup d'éclat, voire le rendre plus important encore, dans une période minime. Cardioid tient, à ce titre, toutes ses promesses, arrive même à faire encore mieux que son prédécesseur.

"Breathe in" propose un folk électrifié avec des guitares proches des ambiances western spaghetti, et des cordes qui trouvent plus leur inspiration au Moyen-Orient. On passe ensuite à un blues entraînant, "More Than Meets the Eye" dont le riff n'est pas sans rappeler celui de "La Fille du Père Noël" de Jacques Dutronc. De là à parler de plagiat, il y a un monde (des riffs bluesy de ce style, il y en a des tonnes) et les deux chansons révèlent un certain nombre d'atouts, aussi bien l'une que l'autre, chacune à leur manière. "Lady in Black", là encore dans un folk électrifié, peut aisément faire office de single pour l'album, proposant un côté "léger" (dans le son, pas dans le ton) que n'ont pas beaucoup d'autres titres. "My Blood is Burning" fusionne les idées des deux précédentes chansons, rythme et son, avec des "la la la" peu réjouissants, bien que toujours appréciables.

C'est avec "Experience" que nous parvient la première curiosité de l'album. S'accompagnant au piano, YODELICE livre une ballade dont le désespoir est accentué lorsque rentrent les cuivres. Ceci, avec un côté plus "branché", nous redirige vers un autre morceau également barré à savoir en toute simplicité, "The National Anthem" de Radiohead (album Kid A). C'est tout à fait flagrant, cette voix qui vient se perdre dans des arrangements cuivrés qui s'alourdissent, ce rythme à caractère électronique. Le ton est moins "free", et l'idée du piano en roue libre sur le final aurait peut-être mérité meilleur développement, mais en guise de final haché, c'est tout aussi bien. Rien de mieux après cela qu'une petite gâterie sous forme de valse folk, avec une belle voix féminine qui n'est autre que celle de l'actrice et chanteuse Marion Cotillard créditée ici simplement "Simone". Les "wake me up" assénés autant que la batterie sur le titre du même nom, avec les voix fuyantes témoignent aussi d'une ingéniosité classieuse. "Picture Perfect" fait office de petite respiration, nous ramène une dernière fois vers un folk éminemment acoustique, avec emballage bien pensé de cordes discrètes.

On termine avec le morceau de choix, "Monkey's Evolution", étalé sur près de quatorze minutes, ayant pour fil conducteur un rock doux et planant avec des sonorités moîtes, survolées par la voix fragilisée de YODELICE. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'agit pas tout à fait d'une récréation "progressive" à l'ancienne, juste d'une chanson étalée, et sans grands changements, mis à part à partir de 8,40 min, où l'on rencontre un développement échelonné vers un final plus dynamique et porté par un choeur vibrant, le tout très bien réalisé.

Ce folk sombre (acid-folk ?) reste éxécuté de main maître dans l'ensemble. Les nouveautés sont rares par rapport au premier album, d'un point de vue morceaux entiers, mais les arrangements suffisent, encore plus que les compositions, à donner à l'ensemble une certaine richesse. Chapeau (melon), monsieur Nucci, ou devrais-je dire YODELICE !

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Non disponible


1. Breathe In
2. More Than Meets The Eye
3. Lady In Black
4. My Blood Is Burning
5. Experience
6. Five Thousand Nights
7. Wake Me Up
8. Picture Perfect
9. Monkey's Evolution



             



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