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PVT - Church With No Magic (2010)
Par STREETCLEANER le 1er Mars 2011          Consultée 965 fois

Après deux albums, PIVOT (1) continue son petit bonhomme de chemin sur le label Warp (depuis 2008), et prend une oblique toute particulière puisqu’il se défait en partie de son post-rock / math rock pour, nous dit le sticker promotionnel, s’engager dans une voie quelque part « entre synthpop, krautrock, et electro mutante ». Si cette catégorisation n’est pas complètement exacte, elle semble être en tout cas suffisamment différente de ce que le groupe anglo-australien faisait auparavant pour devoir être annoncée et prévenir nouveau et ancien publics. A la différence de ses prédécesseurs, Church With No Magic ne comportera pas que des instrumentaux, et le chant va donc s’inviter, inflexion pop/rock oblige, et c’est Richard Pike qui s’y colle. S’il s’en tire honorablement (malgré la dissimulation de la voix par les effets), son chant est parfois plus haché (« Window »), peut-être faut-il y voir quelques influences de David Byrne (une référence pour le groupe qui est aussi connu pour avoir repris « I Zimbra » des TALKING HEADS).

En fait, plusieurs choses éclatent rapidement aux oreilles. Synthpop oui, krautrock oui aussi, electro bien sûr, il y a de tout cela dans cet album. Mais aussi pas mal d’influences post-punk et new wave, en témoignent par exemple les atmosphères sépulcrales de « Crimson Swan ». Fans de l’album Closer de JOY DIVISION, ce morceau est fait pour vous, puisque PVT, comme le groupe EDITORS avant eux sur l’album The Back Room, emprunte, entre autres choses, les synthés 70/80’s du célèbre combo anglais mené par Ian Curtis pour nous plonger dans un crépuscule funèbre particulièrement poignant et réussi, les frissons et les émotions pleines de tristesse et de désespoir gagneront sans aucun doute l’auditeur plongé dans ces atmosphères livides et froides comme le tombeau ouvert qui n’attend plus que notre dépouille. Ces synthés post-punk seront de nouveau de sortie sur « The Quick Mile », et le dernier « Only the Wind Can Hear You », qui démontrent également toute l'attention mélodique et planante dont sont capables nos trois compères.

Le son du groupe a également changé. Si la batterie conserve une sonorité très organique, ce côté est fortement accentué par les traitements sonores appliqués (« Light Up Bright Fires »), et pour le coup on ne peut s’empêcher de penser à l’album Embryonic des FLAMING LIPS. Echos, grésillements, quelques bidouillages électroniques noisy, crus et plein de réverbérations, les frères Pike et Dave Miller semblent avoir piqué quelques idées chez nos faiseurs de sons américains, en sus de la panoplie sonore habituelle des groupes de synthpop « Timeless ». Il va sans dire qu’ils partagent également quelques gènes qui se souviennent de la scène psychédélique et krautrock des années 70. Et une volonté évidente d’expérimentation, de froideur, et de tourbillon sonore qui risque d’en laisser certains de marbre et plutôt décontenancés au final, enfin ceux qui demeurent hermétiques à ce type de recherche. Sur « Circle of Friends » on retrouvera le jeu de batterie plus complexe et typé math rock (alors qu'il est plutôt post-punk sur « Church With No Magic »), et le plus ambient « Waves and Radiation » pourrait quant à lui faire penser à un Eno-like (ils ont d'ailleurs fait une date avec Brian Eno, le maître britannique de l'ambient).

Church With No Magic se révèle être un bon album. Soyons honnêtes, nous sommes quand même loin de rejoindre certaines critiques dithyrambiques qu'on a parfois pu lire, certains emprunts sont un peu trop évidents, les travaux au niveau du son et des effets ne sont pas non plus particulièrement novateurs, et s'inscrivent dans une certaine recherche qui se fait tendance, et puis l'album est un peu court (juste un peu plus de 40 minutes). Même s'il possède un fort potentiel dans sa capacité à se révéler au fur et à mesure des écoutes, il ne devient jamais totalement renversant non plus, côté mélodique notamment. Mais on peut passer un bon moment avec ce Church With No Magic, sans aucun problème.

(1) A noter que, suite à une réclamation juridique et une question de droits, le groupe anglo-australien emploie désormais l’abréviation PVT en lieu et place de PiVoT, et ce depuis 2010.

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- Richard Pike (chant, guitare, basse, claviers)
- Laurence Pike (claviers, batterie, percussions)
- Dave Miller (laptop, production)


1. Community
2. Light Up Bright Fires
3. Church With No Magic
4. Crimson Swan
5. Window
6. The Quick Mile
7. Waves And Radiation
8. Circle Of Friends
9. Timeless
10. Only The Wind Can Hear You



             



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