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Nils Petter MOLVAER - Buoyancy (2016)
Par STREETCLEANER le 10 Octobre 2016          Consultée 1506 fois

Switch, le précédent album du trompettiste norvégien Nils Petter MOLVAER, était vraiment enthousiasmant et quasi-parfait. Lourde tâche donc pour ce nouveau Buoyancy qui doit relever le défi. Pour ce faire, MOLVAER conserve le noyau du line-up précédent tout en s'adjoignant les services du bassiste / guitariste Jo Berger Myhre, lequel est particulièrement impliqué dans l'écriture des compositions. Cette collaboration s'étend d'ailleurs jusqu'à la production de l'album puisque Berger Myhre est également crédité en tant que co-producteur.

Une chose semble plutôt évidente à l'écoute de Buoyancy. Il ne s'agit pas d'un album dans lequel le leader est omniprésent ou s'impose continuellement, attendant des autres d'être servi. Ici, la sensation d'avoir à faire à un vrai groupe, qui partage une complicité et l'espace, vient assez naturellement.

La direction imprimée à Buoyancy est une nouvelle surprise. Bien sûr, MOLVAER, à son habitude, est avant-tout un peintre talentueux. Les décors, les paysages, les atmosphères sont la raison d'être de sa musique et cet album n'y échappe pas. Mais, naviguant entre nu-jazz et post-rock, MOLVAER et sa bande investissent des contrées psychédéliques et progressives. Plutôt surprenant. Ou pas tant que ça quand on connaît l'audace des musiciens norvégiens, leur liberté d'expression et leur volonté de survoler les frontières. Le violoniste Nils Okland en est un autre exemple et on pourrait faire à cette occasion un rapprochement avec sa formation Lumen Drones.

Avec l'entame de l'album, « Ras Mohammad » flirte, avec sa guitare grésillante ou sa pedal steel, du côté de PINK FLOYD et plus précisément de The Dark Side of the Moon. Même sensation de baigner dans des textures d'éther qui flottent entre le sol et le plafond. On croit même discerner ci et là quelques notes aspirées de l'année 1973... « Jackson Reef » ou la splendide pièce maîtresse de plus de neuf minutes « Amed » ne sont rien d'autre que des pièces progressives psychédéliques à souhait. Sur « Amed », vague triptyque, après une longue introduction mélodique en forme de chanson, la trompette va souffler peu à peu le décor qui prend place dans un suspense plein de tension. MOLVAER y est fantastique, la progression des images est tout bonnement majestueuse. Sa trompette cède ensuite la place à une guitare hautement abrasive qui finira avalée par un tourbillon d'éléments déchaînés d'où jaillissent des boucles qui tentent de vous hypnotiser. « Amed » est assurément une pièce maîtresse de sa discographie.

Généralement, le groupe trouve encore ses inspirations dans la musique traditionnelle du continent indien (« Gilimanuk », « Lamna Reef »), n'hésitant pas à recourir aux tonalités locales grâce à une guitare slide indienne (shankar guitar) sur « Puri Jati », « Maddagala » ou « Amed ». La filiation de MOLVAER avec Miles DAVIS est encore évidente dans cette manière de jouer les – longs - silences sur « Moute Cave » ou « Martoli Bridge », où le trompettiste intervient en solo et possède cette habileté à capturer la luminosité des paysages, que ce soit celle du crépuscule ou celle d'un soleil fixe dardant sur un paysage immobilisé et piégé par ses rayons. Superbe. « Kingfish Castle » est un titre surprenant, où sur fond d'un mouvement de balancier d'un gros pendule, des images de terres exotiques immobiles surgissent, peu à peu dévoilées par un mouvement de travelling ou de dégagement d'une brume épaisse. Le voyage est, depuis le début, la raison de la musique de Molvaer. Et ce genre de titre est une vraie réussite en la matière.

MOLVAER est entouré d'un line-up solide. Buoyancy est une nouvelle fois une très belle réussite du trompettiste norvégien qui, décidément et heureusement, ne déçoit pas. Ceux qui aiment sa musique lui accorderont leur confiance sans hésitation.

Note : 4.25/5.

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- Nils Petter Molvaer (trompette, électronique, voix, loops)
- Geir Sundstøl (pedal steel, shankar guitar, guitares)
- Jo Berger Myhre (contrebasse, basse, guitares, synthés)
- Erland Dahlen (batterie, cloches, drum machine, piano)


1. Ras Mohammad
2. Gilimanuk
3. Moute Cave
4. Jackson Reef
5. Puri Jati
6. Lamna Reef
7. Amed
8. Martoli Bridge
9. Kingfish Castle
10. Maddagala (bonus Track)



             



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