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DARK HIP-HOP / LATIN RAP  |  STUDIO

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- Membre : Prophets Of Rage

CYPRESS HILL - Cypress Hill Iii (temples Of Boom) (1995)
Par STREETCLEANER le 23 Juin 2011          Consultée 2075 fois

Après avoir délivré deux albums purement imparables, voilà que nos rappeurs américains vont nettement accentuer une direction déjà amorcée sur Black Sunday. Il semble en effet que chaque opus s'enfonce toujours un peu plus du côté obscur de la force et là on se demande ce qui a pu arriver à nos gangsters fumeurs de cigarettes qui font rire (mis à part les problèmes dans le groupe avec un DJ Muggs pas très présent, et Sean Dog qui a aussi envie d'air frais). Là on ne rigole plus, mais alors plus du tout. Déjà, l'artwork terriblement sombre pourrait faire penser à un groupe de dark metal, le nom de l'album également n'est pas sans évoquer Indiana Jones avec son Temple of Doom... bref, l'ombre de la malédiction et des esprits malfaisants va planer tout du long de cet album.

Voilà donc que sur Temples of Boom le bong commence à donner de méchantes hallucinations et nos rappeurs latinos voient le décor autour d'eux se transformer en celui d'une maison hantée, c'est ce qu'on appelle un bad trip non ? Ouverture façon cérémonie incantatoire ou séance de spiritisme, puis le gong résonne annonciateur de malheurs. Car que peuvent les glocks de nos gangsters contre les fantômes et les poltergeists ? Et comment trouver la sortie dans le labyrinthique manoir hanté alors que les vapeurs de ganja dissimulent revenants, spectres et autres ectoplasmes ? Et puis à quoi faire vraiment face ? Sommes nous réellement dans un manoir maudit façon Danse Macabre ou tout ceci n'est-il qu'une illusion spectrale enfumée qui hante un cerveau paranoïaque fortement perturbé par le mauvais génie du bong ? Ce que nous voyons est-il réel ? Après tout, CYPRESS HILL ne nous demande-t-il pas d'ouvrir notre esprit ? Oui, mais pour y voir quoi ?

« Once again the powers of the herb open up the mind
Seek deep inside, tell me what you find
come on... come on... come on...» (1)

Si l'introduction de « Spark Another Owl » mettait en place le décor, c'est sur « Throw Your Set in the Air » que celui-ci met ses forces ténébreuses en mouvement. Au loin du manoir, les bois sont visiblement hantés par des gardiens perdus. Ainsi, apparaissent voix fantomatiques qui viennent appuyer des synthés hantés alors que les boucles hypnotiques de la basse semblent vouloir abandonner toute velléité d'action, comme si les pieds de nos gus restaient collés au sol alors que le danger arrive, tel le scénario d'un cauchemar qui se termine forcément mal. « Stoned Raiders » enchaîne les atmosphères spectrales. Cette fois-ci, c'est le fantôme d'une cantatrice damnée qui s'invite (« Stoned Raiders », « Make A Move ») alors que ressurgissent les esprits de tous ceux que le manoir maudit a emprisonné au fil du temps. Et on sentirait presque les courants d'air glaciaux courir dans les couloirs abandonnés, et les lumières des chandeliers vaciller ! Après une petite vision orientale (le thème et l'image du Buddha reviennent régulièrement encore ici) la mauvaise pente, le bad trip se confirme alors que B-Real chante « I'm havin illusions, I'm havin illusions drivin me mad inside... fuckin me up in my mind » (« Illusions »).

Toutefois, ce décor hautement dark de Temples Of Boom aura rapidement du mal à dissimuler un manque de groove et d'inventivité rythmique, les atmosphères léthargiques étant dans l'ensemble trop présentes et le combo américain ayant visiblement du mal à s'extraire d'une certaine torpeur créative. Un peu comme eux (« I'm stoned » affirme B-Real) l'auditeur reste assommé par ces atmosphères sans issues (« No Rest For the Wicked », « Make A Move », « Killafornia »...) et s'enfiler d'une traite cet album relève d'une volonté de fer car bien trop de redites parcourent la seconde partie du disque alors que le sans faute est quasiment atteint jusqu'à l'excellent « Boom Biddy Bye Bye ». Essentiellement grâce à cette originalité spectrale d'ailleurs. La suite manque cruellement de conviction, et dévêtue de ses oripeaux horrifiques, il ne reste rien de bien particulièrement enthousiasmant... et ça se traîne en longueur, dans une linéarité assommante. Finalement, tout ceci n'était qu'une illusion, un mauvais trip. Si Temples Of Boom reste toutefois un bon album, recommandable, cela est donc largement dû à ses atmosphères. En revanche, côté composition, le groupe est malheureusement un peu trop en mode veille. Dommage, l'alliance réussie des deux (compositions/atmosphères) aurait pu donner une sacrée bombe hip-hop. Au final on n'aura juste qu'un bon petit album.

(1) encore une fois les pouvoirs de l'herbe ouvrent l'esprit
cherche y profondément, dis-moi ce que tu trouves
viens... viens... viens...

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   STREETCLEANER

 
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- B-real (rap)
- Sean Dog (rap)
- Dj Muggs (arrangements, tables, mixage, production)
- Autres Participants :
- Shag (backing vocals)
- Bobo (congas)
- Red Dog (basse, orgue)
- U-god (guest vocals)
- Rza (production, mixage, guest vocals)


1. Spark Another Owl
2. Throw Your Set In The Air
3. Stoned Raiders
4. Illusions
5. Killa Hill Niggas (feat. Rza & U-god)
6. Boom Biddy Bye Bye
7. No Rest For The Wicked
8. Make A Move
9. Killafornia
10. Funk Freakers
11. Locotes
12. Red Light Visions
13. Strictly Hip Hop
14. Let It Rain
15. Everybody Must Get Stoned



             



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