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THIRD WORLD - Third World (1976)
Par MARCO STIVELL le 10 Juillet 2011          Consultée 903 fois

THIRD WORLD est un groupe jamaïcain qui sort son premier album en 1976, mais dont la formation date de 1973, ses membres les plus influents, Michael "Ibo" Cooper et Stephen "Cat" Coore ayant alors des antécédents musicaux (ils étaient membres de Inner Circle). Cet album sera un succès dans l'île au drapeau rouge, jaune et vert, mais le groupe sera d'emblée catalogué comme trop commercial par les amateurs de reggae bien roots. Et pour cause, THIRD WORLD mélange au saint reggae de la soul voire du disco. Pourtant dès ce premier album et si l'on écoute bien la musique, on se rend compte que le groupe pratique un reggae des plus travaillés voire élaborés, pour ne pas dire progressif : Coore et Cooper ont un gros bagage classique (le premier est ancien violoncelliste) et la plupart de leurs morceaux sont étirés sur six, voire sept minutes. Voilà qui devrait inciter les fans de Yes, Genesis, et Santana à délaisser un moment leurs préjugés sur cette musique qui n'est souvent à ce titre pas considérée comme une musique (trop chiant et rébarbatif, selon les dires) et à écouter un peu ce que fait THIRD WORLD.

Soyons néanmoins honnêtes, le premier album chroniqué dans cette page n'est certainement pas le meilleur de cette importante discographie, il est juste très très bon pour un premier essai. Le reggae progressif de THIRD WORLD mélange donc allègrement musique des rastas, Afrique pure, soul, et des éléments qui contribuent, malgré une certaine sophistication, à le rendre accessible. "Satta Amasa Gana" en est la meilleure preuve. Même avec un bagage classique, on se rend bien compte à travers cette reprise de The Abyssinians que les musiciens de THIRD WORLD ne versent pas dans la démonstration de virtuosité gratuite. Ce sont des musiciens qui constituent un vrai groupe (alors qu'à l'époque, la plupart des groupes de reggae étaient des chanteurs accompagnés de musiciens), et qui se font plaisir tout en primant sur l'émotion que peuvent procurer leurs intelligentes (plutôt que savantes) interventions, à travers une musique parfaitement distillée. "Satta Amasa Gana" est ouvert avec des ambiances de jungle, la nuit. L'intro est dominée par les claviers, avant que ne rentre la rythmique. Le chant de Prilly est plus qu'agréable. On est dans un reggae, bien qu'étiré, à la fois pépère, mélodique, avec une petite influence bluesy dans la mélodie. Puis vient le moment des soli, une spécificité de THIRD WORLD (encore plus développée en live), la flûte se frayant un chemin à travers les percussions et la guitare ponctuant le tout de manière très jolie. Ce sont sept minutes de pur bonheur.

Le reste de ce Third World est aussi à l'avenant, on ne note aucun réel moment regrettable. Il y a juste "Brand New Beggar" qui peut paraître un peu passe-partout au début, mais les arrangements vocaux la portent assez haut et les musiciens font, comme d'habitude, preuve de musicalité avec de passionnantes interventions et subtilités à l'appui. L'Afrique est mise à l'honneur sur le très court "Kumina" ainsi que "Cross Reference" par le biais de fiestas de percussions tribales qui affirment un super groove, et parfois un très beau choeur gospel. Sur "Cross Reference", la batterie effectue un beat préfigurant le dub et autres musiques électroniques inspirées du reggae. Et Coore magnifie le tout avec un excellent solo de guitare par-dessus un clavinet bien funky. N'oublions pas le bon vieux reggae, présent avant tout le reste, et notable surtout lors de "Satta Amasa Gana", "Slavery Days", et "Got to Get Along". Cette dernière surprend avec son côté ballade très soul, ne faisant aucunement ombrage aux plus belles du genre. L'intro classisante au piano est digne des oeuvres des romantiques du début du XIXème siècle. Les voix sont encore une fois superbes, et l'on peut apprécier ce métissage également un peu sur "Freedom Song". Quant à "Slavery Days", il est le titre le plus "roots", le chant y étant plus affirmé et la musique gardant quelque chose d'hypnotique. Les voix planent sur le reste avec des "ouh ouh", et les "Do you remember the days of slavery" tournent en boucle comme une complainte de Noirs.

Excellent premier album donc, prometteur pour la suite, et de ce que l'on peut en entendre, celle-ci sera encore meilleure !

Note réelle : 3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Michael 'ibo' Cooper (piano, orgue hammond, claviers)
- Stephen 'cat' Coore (guitares)
- Prilly (chant, choeurs)
- Cornel Marshall (batterie)
- Irving 'carrott' Jarrett (percussions)


1. Satta Amasa Gana
2. Kumina
3. Slavery Days
4. Brand New Beggar
5. Cross Reference
6. Got To Get Along
7. Sun Don't Shine
8. Freedom Song



             



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