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FELIPECHA - Les Lignes De Fuite (2011)
Par MARCO STIVELL le 16 Mai 2011          Consultée 1048 fois

FELIPECHA possède d'une histoire en apparence banale, mais qui prouve que ce style de projet à long terme est souvent parmi ceux qui s'avèrent être les plus prometteurs. Charlotte Savary rencontre Philippe Chevallier un beau jour dans les couloirs de la fac de Nanterre, et ils se croisent épisodiquement durant le temps de leurs études, suffisamment pour se rapprocher grâce à leurs goûts musicaux, en ayant la même envie de former un groupe dans un avenir plus ou moins proche. Philippe est un baroudeur, il emploie sa jeune vie à parcourir le monde et se faire embaucher pour diverses tâches artistiques, cinéma ou autre. Mais pour FELIPECHA, il revient se poser en France et consacre son temps à l'écriture et l'enregistrement, avec son amie Charlotte. Le nom de leur duo est tout simplement une jonction de leurs patronymes (Felipe, surnom de Philippe, et Cha pour Charlotte). Un premier album, De Fil en Aiguille, est publié en 2008 et remporte un certain succès.

Néanmoins, ce sont bien ces Lignes de Fuite qui s'imposent comme un premier opus majeur dans le paysage musical français actuel. Sur le précédant, le style du duo s'était imposé avec une essence plutôt folk dynamique et des textes déjà marquants par leurs trouvailles, leur imagination autant que leur absurdité. Si Felipe se présente un peu comme le diable, côté obscur du duo doté d'une voix grave, Cha apparaît comme l'ange, doucereux et qui marque la mélodie. Tous deux n'ont pas une voix exceptionnelle, simplement agréable. La pochette de ce second disque prouve un peu mieux cette dualité, avec Cha dans la lumière et Felipe dans l'ombre, qui la regarde d'un air malin. Les Lignes de Fuite marque aussi un net progrès en termes de musicalité.

Si le côté mélodies accessibles et fraîcheur n'a pas changé, FELIPECHA tient ici à étoffer son univers, le rendre plus dynamique encore mais aussi plus dense. Pour la rythmique, aucun souci la basse est toujours bien présente, cette fois accompagnée d'une batterie omniprésente. Ce qui permet de dissiper les quelques marques de monotonie que l'on pouvait éventuellement ressentir à l'écoute du premier disque. La guitare électrique est elle aussi beaucoup plus utilisée. En dehors de cela, et c'est ce qui contribue fortement à rendre la musique du duo plus dense, ce dernier a misé ici sur tout un emploi d'effets, réalisé sur des claviers discrets voire des guitares.

C'est ainsi que l'album s'ouvre avec pour la chanson "Rien", un début éthéré garni de bandes inversées, ou même d'un semblant de flûte. La chanson démarre ensuite sur une batterie typiquement binaire, une basse sautillante, tandis que la voix douce de Cha plâne par-dessus, nous raconte l'histoire d'un paysage fantôme loin de la ville. On se balade ainsi avec elle dans une campagne nocturne, par le biais d'un titre mélodique et prenant. Le reste de Les Lignes de Fuite joue avec brio sur cette alchimie d'éléments folk-rock légers et d'autres plus matures, faisant nettement avancer la "gentille" musique du groupe. "Ce Que je Sais" est marqué par l'emploi de mellotron et de piano Fender Rhodes alors que Felipe et Cha interprètent un texte désabusé, pour une ambiance à la Gainsbourg période Melody Nelson. Sur "L'Exil", la basse et Felipe (qui chante bien à la manière d'un petit diable) mènent la danse, Cha quant à elle pose sa voix sur des refrain plus fuyants. La densité est palpable sur les divers effets, voix, etc... Même constat pour le très beau "De la Lune au Soleil".

"London Shopping" contient un texte rigolo et sans queue ni tête (cette chute !), une certaine légèreté et quelques moments instrumentaux qui viennent joliment ponctuer la chanson. De même, "La Tour Eiffel Est un Tipi" révèle une ambiance Far-West (indispensable pour un tel titre), un petit riff de mandoline et des décollages bien soutenus par la batterie, particulièrement savoureux. Pour le reste, on note dans ces titres entre innocence et sombriété ("Le Diable Gardien", torride et vraiment excellent), des subtilités ou apports nets enrichissant la musique comme l'orgue vintage et le ukulélé de "L'Hiver" (texte contemplatif de rigueur), la lourdeur de "Le Diable Gardien", l'évasion musicale de "L'Etincelle" (quel final !)... "Lovers' Lane" permet de conclure sur une note plus rétro et romantique, le rêve qui s'accomplit grâcieusement sur près de sept minutes.

Sur tous les titres, on peut aussi souligner la présence de parties instrumentales qui renforcent le côté ambiancé. Le travail sur les guitares et la rythmique est soigné, sans parler de tous ces effets et arrangements miraculeux. Si les voix sont quant à elles cantonnées à un registre limité de par un manque de technique, ce n'est que pour mieux garder une simplicité de choix dans cette orchestration élaborée. Une bien jolie évolution (et rapide !) pour ce tandem magique qui semble nous offrir encore de belles promesses.

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   MARCO STIVELL

 
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- Charlotte Savary (chant)
- Philippe Chevallier (chant, guitares)


1. Rien
2. L'exil
3. London Shopping
4. La Tour Eiffel Est Un Tipi
5. Ce Que Je Sais
6. De La Lune Au Soleil
7. Le Diable Gardien
8. A Pile Ou Face
9. L'hiver
10. L'etincelle
11. Lovers' Lane



             



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