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ATMOSPHERE - The Family Sign (2011)
Par MARCO STIVELL le 6 Juillet 2011          Consultée 838 fois

ATMOSPHERE n'est pas la formation de hip-hop la plus connue, mais elle a su s'installer durablement et prouver par sa longévité autant que sa qualité artistique qu'elle était à même de figurer parmi les essentielles. Pour ce nouveau disque, The Family Sign, des changements ont eu lieu toutefois. D'abord, les inséparables Slug (le rappeur) et Ant (le emcee) se sont entourés du guitariste Nate Collis et du claviériste Erick Anderson. Deux éléments qui viennent "compléter" à leur manière le groupe qui pratique depuis toujours, un hip-hop justement atmosphérique. Loin du gangsta rap, des dérives que l'on peut reconnaître au genre et surtout de sa superficialité, développée par de nombreux rappeurs actuels, ATMOPSHERE prêche une musique fine, ambiancée et finalement, assez "mûre".

L'autre point important pour ce disque, et qui vient s'ajouter à ce dernier constat, c'est la naissance de l'enfant de Slug, d'où le rapport avec la pochette du disque. L'heureux papa n'en oublie pas pour autant ses soucis, d'ordre plutôt conjugal cette fois, et ces deux critères rentrent fortement en jeu d'abord pour la trame textuelle du disque. Le titre lui-même est la preuve de cet engagement introspectif, et la musique, fidèle à l'esprit de toujours d'ATMOSPHERE, se met pleinement à son service, pour un ensemble linéaire et homogène.

En fait de linéarité, c'est surtout pour le calme, l'attitude posée avec laquelle oeuvre le groupe. Les problèmes autant que la relative joie sont colorés par cette blancheur angélique qui fait la force de la musique d'ATMOSPHERE, même si The Family Sign requiert plusieurs écoutes pour révéler tous ses charmes. Aucun titre n'est à déplorer, mais on sent que cette douceur qui entraîne cette homogénéité rend le chemin difficile. Oh, on a bien quelques escapades inédites comme le reggae de "Just for Show", ou les influences folk dépaysantes de "Who I'll Never Be" et "Ain't Nobody", sur lequel on note une pointe de simili-accordéon. Il y a aussi cette perle magnifique, "I Don't Need Brighter Days", plus "incisive" avec cette grosse guitare et ces claviers sournois. Tout cela n'est guère surprenant car c'est le genre d'éclectisme auquel ATMOPSHERE nous a habitué.

Malgré ces quelques tentatives de diversification, on doit reconnaître que cette douceur claire, plus marquée encore que sur les précédents albums, permet d'apprécier une facette du hip-hop que l'on ne connait que trop peu. C'est que le rap peut aussi se faire tendre ! Et nombre de morceaux de cet album sont dotés de ce caractère (ou plutôt manque de caractère), en proposant des confections musicales planantes, mais aussi très mélodiques. Cet album est déjà loin de tomber dans la facilité, il demeure comme d'habitude avec ATMOSPHERE assez remarquable de par son aspect mélodieux, allant jusqu'à mêler des voix grâcieuses au chant rap plus sombre.

Cependant, il reste un critère à propos duquel on sera moins optimistes. C'est sur le plan instrumental. Autant la guitare est omniprésente, délivrant des riffs et arpèges simples et beaux à l'électrique (tout) comme à l'acoustique ("Who I'll Never Be"), autant pour les claviers, le constat est un peu plus nuancé. En fait si le piano, présent au début et à la fin du disque, est en tout points splendide, lorsqu'il s'agit d'effets, il est beaucoup plus difficile de savoir si ce sont des samples d'Ant ou l'oeuvre des claviers. Et l'accent aurait pu parfois être mis sur des nappes que la musique n'aurait rien perdu de sa beauté ni de sa simplicité. Au contraire même, alors que des "My Key" et "Something So" contiennent une réalisation idéale, de belles nappes auraient permis à un morceau comme "Millennium Dodo" de décoller un peu plus, de paraître moins "vide". Peut-être aurait-ce aussi été trop évident ?

En tout cas, peu de choses négatives à dire sur ce très bel album d'une formation dont la discographie est déjà assez classieuse. Souhaitons à Slug que ses problèmes s'arrangent et au groupe encore beaucoup de bonheur, à vivre comme à donner...

Note réelle : 3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
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- Slug (rap, chant)
- Ant (samples, programmations)
- Erick Anderson (piano, claviers)
- Nate Collis (guitares)


1. My Key
2. The Last To Say
3. Became
4. Just For Show
5. She's Enough
6. Bad Bad Daddy
7. Millennium Dodo
8. Who I'll Never Be
9. I Don't Need Brighter Days
10. Ain't Nobody
11. Your Name Here
12. If You Can Save Me Now
13. Something So
14. My Notes



             



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