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EIFFEL - A Tout Moment (2009)
Par FROMAGE_ENRAGE le 5 Juillet 2011          Consultée 1584 fois

Pour une fois, je voudrais commencer cette chronique par des remerciements. Oui, oui. Je voudrais donc remercier Nabomouette, qui sévit sur le forum du site. Un soir que je postais un commentaire enthousiaste au sujet de 666.667 Club d'un certain groupe Bordelais (et merde, première phrase de ma chronique et j'en parle déjà...c'est mal barré), celui-ci s'empresse de me recommander Eiffel, et plus particulièrement, leur album Tandoori. Une demi-écoute le soir même commence déjà à éveiller mon intérêt. Puis j'ai acheté l'album. Quelle claque imprévue ! Il est depuis devenu un essentiel de ma CDthèque.

Il était donc on ne peut plus normal que je m'intéresse au petit dernier, successeur du fameux « Tandoori » susnommé. Premier constat immédiat, d'ordre structurel : A Tout Moment est divisé en douze chansons, plus longues qu'à l'accoutumée, là où « Tandoori » enchaînait seize brûlots concis dans un festival de délectation. Par conséquent, cette nouvelle livraison est un peu plus longue. Intéressante orientation, Eiffel a décidé de pondre des titres moins expéditifs et plus développés. Premier indice d'évolution.

Bon, c'est pas le tout, mais admirer la pochette et faire du calcul mental pour calculer la durée totale du bouzin, ça va cinq minutes, merde ! Car, cet album, je l'ai écouté. Étonnant, non ? Et de toute évidence, A Tout Moment s'impose comme un album solide.
Pause. Arrêt sur images. Qu'est-ce que ça veut dire, après tout, "un album solide" ? C'est vrai ça ! Nous autres chroniqueurs, on a notre petit champ lexical tout prêt, suffit de choisir les qualificatifs qui vont bien, on brode autour, et hop, une kro ! Démystifions donc un peu tout ce vocbulaire.

Par "album solide", j'entends que ce disque montre un groupe qui sait où il va. Et surtout, comment y parvenir. Fort de ses succès précédents, Eiffel (enfin, Romain Humeau) est en confiance. Et il a bien raison. Cette confiance se retrouve aussi bien musicalement (les titres sont variés, comme d'habitude, j'y reviendrai) que dans la plume de Humeau, qui fort heureusement, ne s'est pas tarie. Ses paroles font toujours montre de ce mélange des genres, parfois argotique, parfois solennel, toujours riche en métaphores et jeux de mots souvent brillants. Morceaux choisis des nouveaux slogans made in Eiffel :

-"A bien recompter le monde est X fois plus nombreux que ces trois cents familles qui sur la rue ont pignon" (« A Tout Moment La Rue »)
-"Mon amour, mon ami, ô prairies d'altitude, on se tient à la vie à mélanger nos solitudes" (« Le Coeur Australie »)
-"L'arase des ondes à fleur de connerie, pour les dancefloors de la jeunesse" (« Sous Ton Aile »).
-"Où va l'espoir ? Se dissout-il dans ta vodka ? En quelle élégie, pour quel sondage mass-média ? (« Nous Sommes du Hasard »)

Grande est la tentation de continuer comme ça pendant un petit moment. En un mot comme en cent, les textes chez Eiffel, c'est d'la bonne, encore une fois. Important pour une formation qui assume de chanter dans notre belle langue. J'y suis sensible. Un bon point à mettre sur le compte de l'album.

Et niveau musical, c'est du grand Eiffel. Notre fierté nationale joue la carte de la variété, et n'hésite pas à partir en conquête de l'auditeur sur plusieurs fronts. Le groupe a complexifié quelque peu son propos, et semble vouloir éviter cette dichotomie qui caractérisait son prédécesseur. Oui, là où « Tandoori » alternait, de manière assez distincte, petites bombes rageuses et ballades prenantes, ce nouvel album mélange, fusionne, varie les tonalités au sein même des titres, plus longs et plus léchés comme je le disais plus haut. A grands renforts d'acoustique, de piano, d'accalmies ou de ballades bien souvent, le groupe n'hésite pas non plus à lâcher les chiens, le temps d'un « Le Cœur Australie » par exemple. Et nos compères savent toujours monter en puissance, j'en veux pour preuve ce "Je M'obstine" qui décolle par étapes, pour notre plus grand bonheur. Regrettable outro en fade-out par contre, rendant ce titre par trop répétitif.

Puisque j'en suis aux méchancetés, je continue. J'évoquais plus haut une évolution dans la structure des titres, moins nombreux mais plus longs. Dans l'ensemble, cette volonté de densifier le propos est tout à fait bienvenue. Mais le groupe perd en impact. L'enchaînement de nombreux titres courts (« Dispersés », « L'Opium du Peuple » et bien d'autres) sur « Tandoori » décuplait son efficacité. Ici, Eiffel tombe dans le piège d'un propos un peu trop dilué. "Clash", "Mort J'appelle" me font regretter le punch et la concision d'antan. La charge émotionnelle de « Tandoori » (encore lui, j'en suis navré mais ce « A Tout Moment » souffre définitivement de la comparaison avec son prédécesseur) semble estompée, assagie. Eiffel a-t-il voulu trop bien (ou trop tout court) faire ?

Pas de quoi cracher sur la soupe, ou de hurler à la mort pour autant. Eiffel livre la confirmation de son talent, et semble avancer vers l'avenir en toute sérénité.
Ça sera donc un 3,5 arrondi à 3, pour bien marquer la différence avec « Tandoori ».

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- Romain Humeau (chant, guitares acoustique et électrique)
- Estelle Humeau (basse, piano, harmonium, bandonéon, hammond, chœur)
- Nicolas Courret (batterie percussions, chœurs)


1. Minouche
2. À Tout Moment La Rue
3. Le Cœur Australie
4. Je M'obstine
5. Sous Ton Aile
6. Cet Instant Là
7. Mort J'appelle
8. Nous Sommes Du Hasard
9. Clash
10. Ma Blonde
11. Mille Voix Rauques
12. Ma Nébuleuse Mélancolique



             



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