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- Style + Membre : Ryan Bingham

Jeff BRIDGES - Jeff Bridges (2011)
Par GEGERS le 30 Juillet 2011          Consultée 1335 fois

Jeff BRIDGES chante et joue de la même manière qu'il interprète ses rôles : pleinement, sincèrement, et n'hésitant pas à se mettre en danger. Comme bon nombre de ses confrères (Russell Crowe, Kevin Costner, pour ne citer qu'eux), l'acteur a un pied dans la musique aussi bien que dans le cinéma et à décidé, à l'aube de la soixantaine, de mettre ses deux passions sur un pied d'égalité, quitte à les faire cohabiter à l'occasion du fabuleux film Crazy Heart, qui voit l'interprète du célèbre Duc (The Big Lebowki) camper un chanteur de country sur le déclin tenter de renouer avec le succès. Collaborant pour l'occasion avec de grands noms de la musique country (T-Bone Burnett et Ryan Bingham en tête), le bonhomme se place alors derrière le micro afin d'enregistrer quelques uns des titres de la bande originale du film, couronnée d'un Oscar. Une collaboration qui ne s'avéra pas sans suite, puisque ce nouvel album de Jeff BRIDGES, qui fait suite à un premier opus paru en 2000, rassemble une nouvelle fois une grande partie de la crème de la country « roots » US.

Les grands noms sont légion sur cet album. Outre les deux précités, nous retrouvons John Goodwin, le guitariste steel Russ Pahl ou encore la chanteuse Roseanne Cash. Une équipe solide et efficace, mais comme son titre l'indique, Jeff Bridges, l'album, est véritablement un effort solo de Jeff BRIDGES, le musicien, auteur ici de la quasi-totalité des morceaux. Fort d'une vie riche et faite de hauts et de bas, le bonhomme diffuse son expérience et son aura de vieux routard sur ces morceaux au très fort accent country-rock. Entre hommage à la musique « roots » qui a bercé son enfance et clins d'œil appuyé à ceux qui font encore vivre le style, loin des clichés et des modes, l'album est un manifeste, un convaincant appel lointain d'une Amérique profonde à laquelle il arrive encore de réfléchir et prendre son temps. Jeff Bridges ne s'écoute pas dans le train ou les embouteillages, il nécessite une mise en condition, un apaisement « forcé », avant de dévoiler ses nombreux charmes.

Dès « What a little bit of love can do », l'auditeur a la sensation d'enfiler une paire de pantoufles des plus confortables. Ces sonorités country-rock et cette voix chaude rappelleront des sonorités familières à ceux qui ont vu Crazy Heart. Ce titre, le plus « énergique » de l'album, est celui qui contient de plus de réminiscences du long métrage, et se fait porteur d'une fausse légèreté, grâce (ou la faute à) des harmonies vocales envoûtantes. Mais bien vite, nous voilà propulsés dans des atmosphères et des ambiances plus sombres, plus troublées, véhiculées par la guitare à la tonalité baryton de Marc Ribot (« Falling short »), à la guitare steel plaintive de « Nothing yet », qui donne au morceau un aspect « générique de fin », ou encore à la voix, posée, profonde et solennelle de Jeff BRIDGES, riche de sens et de d'évidentes désillusions. En évitant la facilité, l'artiste propose également un album appréciable par sa complexité mesurée et ses nombreuses progressions génératrices de morceaux multi-facettes. En témoigne « Blue car », qui débute comme un titre d'americana un peu vieillot, avant de se transformer lentement en un petit brûlot country graisseux et vaporeux.

La rocking-chair se balance toujours, et frémit de plaisir à l'écoute de ces pièces, parmi les plus réussies de l'album, que sont « Maybe I missed the point » (de la country pure jusqu'au bout des croches) et « Everything but love », dont les thèmes (remise en question, bilan de sa vie) peuvent rappeler un Bruce Springsteen période Tunnel of Love. Bien aidé par Roseanna Cash aux choeurs, Jeff BRIDGES semble ici peser chaque mot, mesurer chacune de ses intonations. C'est certain, pour lui, chaque parole a un sens.

La présence de quelques pièces plus art-rock et moins convaincantes (la poussive « Tumbling vine »), ou tout simplement redondantes et moins inspirées (« Either way ») n'y changera rien : Jeff BRIDGES nous livre ici un album fait d'os et de chair, qui vit et respire une country classieuse et née du cœur autant que de l'esprit. Les tempi lents, qui apposent sur l'album une sorte de chape de laquelle il semble impossible de s'extraire, se font le véhicule d'une country sincère et réfléchie, loin des poseurs au chapeau de cowboy qui envahissent les disquaires et cachetonnent sur leur belle gueule. BRIDGES, s'il ne réinvente pas la country, la revitalise tout comme, il y a quelques mois, un autre acteur, interprète du célèbre Dr House, revitalisait le blues des grands parents. De toute manière, le cinéma n'est-il pas la musique de l'âme ?

Note réelle : 3,5/5

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- Jeff Bridges (chant, guitare)
- Marc Ribot (guitares)
- Dennis Crouch (basse)
- Russ Pahl (guitare steel)
- Jay Bellerose (batterie)
- Roseanne Cash (chant)
- Ryan Bingham (chant)
- Sam Philips (chant)
- Benjy Hughes (chant)


1. What A Little Bit Of Love Can Do
2. I Will Wait
3. Falling Short
4. Maybe I Missed The Point
5. Tumbling Vine
6. Nothing Yet
7. Blue Car
8. Slow Boat
9. Either Way
10. Everything But Love
11. The Quest



             



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