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FOLK CELTIQUE  |  STUDIO

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- Style : Acoustic Revolution

BARDIC - The High And The Low (2011)
Par GEGERS le 15 Août 2011          Consultée 1138 fois

C'est en 2017 que débuta la Grande Guerre, qui fut plus tard rebaptisée Guerre du Biniou. L'année, je m'en rappelle bien, car la tension était palpable depuis quelques temps déjà, et la terrible crise du houblon, qui ruina quasiment l'ensemble de la récolte mondiale cette année-là, mit le feu aux poudres. Pensez : quasiment plus de bières produites, alors que la consommation de l'Irlandais moyen est de 3 litres / jour, l'explosion était inéluctable. Le conflit fut long, meurtrier, et sale, très sale. A l'heure des guerres bactériologiques et robotisées, où les belligérants se cognaient depuis leur canapé de salon, ce conflit fut marqué par un retour aux fondamentaux : tranchées et gaz moutarde.

Un tel conflit, l'Europe n'en avait pas connu depuis la Seconde Guerre mondiale... De mémoire d'homme, il s'agissait pourtant de la première guerre déclarée pour cause de préservation du patrimoine musical ! Une bonne vieille bagarre entre nations, mais à coup de clefs de sol cette fois-ci ! Ce sont les folkeux irlandais et écossais qui les premiers lancèrent les hostilités. Une fois n'est pas coutume, les deux régions s'étaient unies pour, disaient-elles, stopper l'épanchement de la « peste folk » qui gagnait alors le reste de l'Europe. Il est vrai que le folk celtique rassemblait alors, je parle ici du début des années 2000, des adeptes un peu partout sur le continent, notamment en Allemagne, au Danemark et en Europe de l'Est, où de nombreux groupes se créaient, et parvenaient en effet à tenir la dragée haute aux cadors insulaires. « Sus à l'imposteur continental, mettons fin aux manifestations démoniaques de cette musique frelatée », scandaient alors les chefs de guerre en kilt pour haranguer leurs troupes.

Les Hongrois furent les premiers à tomber. Eux qui avaient fait de leur éminent représentant, Paddy And The Rats, la fierté de la nation, répétèrent le schéma vécu par leurs voisins polonais face aux chars allemands en 39. Des binious bon marché contre des cornemuses séculaires, le combat était perdu d'avance. Le schéma classique se mit alors en place : déportation, dans des « star academy » où les détenus étaient forcés d'écouter les Pogues et les Dubliners en boucle, sans répit. Obligation de broder une harpe dorée sur ses vêtements, en signe de soumission et de respect éternel face à ceux qui se présentaient comme les uniques dépositaires du folk celtique. L'Italie ne tarda pas à choir, ainsi que les quelques pays scandinaves qui avaient eu le malheur de s'essayer au genre.

La France, pour sa part, ne fut quasiment pas touchée. Pays neutre par nature, le genre n'éveillant au pays du camembert qu'une indifférence polie, bénéficiait en plus d'un patrimoine breton respecté par les belligérants britanniques. L'Allemagne fut pour sa part la dernière à tomber sous les coups des guerriers roux et des bouffeurs de haggis. Je revois encore les images de ce champ de bataille dévasté, quelque part entre Hanovre et Hambourg, sur lequel régnait un silence de mort, à l'exception de ce groupe, composé d'un chanteur/guitariste et d'une violoniste, qui l'arpentait inlassablement, accompagnant les mutilés et les mourants avec une musique folk celtique qui, s'il n'avait pas été du « mauvais côté », aurait sans doute été apprécié au pays des Highlands.

Je les revois encore, mus par une ferveur et une inconscience propres aux véritables artistes, asséner comme autant de missiles leurs compositions d'une beauté incommensurable. Il y avait là des mélodies riches, entraînantes ou doucereuses, et une harmonie entre les deux musiciens que seul le pouvoir de la musique pouvait accomplir. Le sourire en coin, comme fiers de leur forfait, les deux artistes, mari et femme à en juger par leur entente fusionnelle, avaient même le courage (le culot, auraient dit ceux d'en face) de reprendre « When I'm up I can't get down », petite sucrerie originellement enregistré par Oysterband. Des rosbifs, un comble ! Je me rappelle avoir vu aussi, sur mon écran, les bombes (croches, noires) et les blanches explosives fondre sur eux comme pour leur signifier que l'heure du chant du cygne était venue.

Les années ont passé, et la mainmise des Irlando-écossais sur le style s'est fait définitive, violente et sans concessions. Des BARDIC, nulle trace dans les magasins et les écoles de musique. Restent ces mélodies, à jamais ancrées dans l'oreille interne, et qui résonnent encore comme le fait d'armes le plus admirable d'un groupe dont le talent prédominait sur le nationalisme. Une putain de guerre, je vous le dis.

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   GEGERS

 
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- Eddie Arndt-himmelsbach (chant, guitare)
- Sarah-jane Himmelsbach (chant, violon)


1. Dreamtime Walk
2. Days Like These
3. Where Ever We May Roam
4. Set Me Free
5. The Stone
6. When I'm Up...
7. Green And Grey
8. Yesterday's Child
9. Bedlam Boys
10. The Next Market Day



             



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