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2011 1 Bon Iver
 

- Membre : Volcano Choir

BON IVER - Bon Iver (2011)
Par MARCO STIVELL le 26 Août 2011          Consultée 1228 fois

BON IVER (nom d'artiste de l'américain Justin Vernon inspiré du "bon hiver" français) avait déjà pu se faire remarquer avec son premier album For Emma, Forever Ago il y a trois ans. Il mettait alors en exergue un folk rural sans grands artifices, assez proche du Nebraska de Bruce Springsteen mais avec un chant différent, beaucoup plus falsetto. Avec Bon Iver, l'album, il change de formule pour la réalisation, tout en restant ancré dans ce qu'on appelle, à tort ou non, l'indie folk. C'est en Europe le label 4AD qui le distribue, qu'on connait déjà pour avoir "abrité" Cocteau Twins et Dead Can Dance.

Vernon voulait que pour cet album, chaque chanson représente un endroit, une ville le plus souvent, et naturellement l'Amérique du Nord se taille la part du lion. De Washington jusqu'à Calgary en Alaska, le multi-instrumentiste nous fait voyager à travers des climats que seul les grands artistes de l'indie folk sont capables de retranscrire (rappelons Fleet Foxes qui a fait aussi un gros coup il y a quelques semaines). BON IVER est cependant, on l'a dit à des milliers de miles du folk dépouillé qu'il nous a proposé sur son premier album : il ne conserve que le chant, les guitares acoustiques et la sensibilité, amenant beaucoup de nouvelles idées musicales. On aurait presque l'occasion d'entendre chanter Arcade Fire orchestré par Fleet Foxes.

Dès les premières mesures de "Perth", on est happés par ces climats (pour ne pas dire ces forces) parallèles, cette douce grandiloquence menée de front par des guitares et claviers enivrants sur fond de tambour militaire, le tout donnant une impression de mythe. Vernon voulait faire sonner cette chanson sur la guerre de Secéssion de façon... heavy-metal. Evidemment, cela reste relatif par rapport à son genre de prédilection. En tout cas, on sent que les nouveautés affluent sur ce nouveau disque, et pour preuve : synthétiseurs, saxophones, cuivres, percussions multiples se côtoient dans la plus grande finesse. Bien loin de sonner "heavy metal", ces différents vacarmes sont loin d'être assourdissants. Ils ne gardent que leur moëlle torturée, tout en servant la musique de manière soft. Ainsi, sur "Towers", les cuivres sont très présents sans être lourds, et la pedal-steel guitare du mondialement réputé musicien Greg Leisz se fond dans la masse avec élégance. Les saxophones eux-mêmes, une marque de fabrique essentielle de l'opus, interviennent sans jamais trop se faire voir. Il n'y a dont en réalité pas d'instrument soliste sur cet opus. Vernon préfère écrire des pièces aux différents moments forts, reposant sur une certaine unité de l'instrumentation.

Ainsi, on retiendra divers moments essentiels ancrés dans les chansons elles-mêmes. Il y a tous ceux où la voix se pose sur les instruments bien sûr (et l'on notera d'ailleurs "Hinnom, TX" comme l'une des rares escapades dans les graves), mais il y a des moments où elle, comme l'abondance d'arrangements d'ailleurs, paraîtrait presque (je dis bien presque) superflue tant la beauté de cette finesse éthérée est palpable et touchante. Tout "Holocene" par exemple, avec cet arpège délicat de guitare acoustique, ou encore "Wash." et son piano léger (rien que l'intro et le final en apesanteur, miam), ou aussi le milieu de "Michicant", cette douce nappe fantômatique... Que dire encore du magique "Calgary", qui est le prolongement pop de "Wash.", sauf que la ville d'Alaska se voit attribuer le blason de chanson porteuse de l'album. La fin du disque représente d'ailleurs le point le plus fort de l'ensemble, car après ces deux superbes chansons et un instrumental évanescent, court mais séduisant ("Lisbon, OH"), BON IVER conclue avec Beth/Rest. Je ne vais sans doute pas me faire d'amis (pour changer) en disant que c'est l'une des chansons les plus émouvantes de l'opus. Le disque à dominante folk, comporte des facettes rock, soft mais assurées, rock en tout cas. Et pour conclure, Vernon a choisi une chanson que l'on pourrait aisément rattacher à une forme de nostalgie des années 80. Ce piano très d'époque, cette production froide qui l'est tout autant, ça a de quoi en rebuter plus d'un. Pourtant la chanson s'ancre magnifiquement bien dans la tonalité hivernale des climats choisis par l'artiste, et n'est pas sans rappeler certains excellents travaux de monsieur Bruce Hornsby (pas que The Way it is, justement). Sublime...

D'autres chroniqueurs ou même fans tout court se demandent si BON IVER fait encore du folk après ça. Je dirais simplement qu'il est l'un des artistes qui l'amènent à sortir de son ghetto acoustique. Avec brio.

Note réelle : 4,5/5. La même que le Fleet Foxes.

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   MARCO STIVELL

 
   GEGERS

 
   (2 chroniques)



- Justin Vernon (chant, guitares, banjo, basse, claviers, cymbales,)
- Carmen Camerieri (cor, trompettes)
- Sean Carey (batterie, percussions, choeurs)
- Greg Leisz (pedal-steel guitare)
- Mike Lewis (saxophones)
- Matt Mccaughan (batterie, claps, boîte à rythmes, synthétiseurs)
- Rob Moore (violon, alto, arrangements des cordes et cuivres)
- Mike Noyce (voix)
- Jim Schoenecker (synthétiseurs)
- Colin Stetson (clarinette, flûte, saxophones)
- Tom Wincek (synthétiseurs)


1. Perth
2. Minnesota, Wi
3. Holocene
4. Towers
5. Michicant
6. Hinnom, Tx
7. Wash.
8. Calgary
9. Lisbon, Oh
10. Beth/rest



             



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