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Frank TURNER - Poetry Of The Deed (2009)
Par FROMAGE_ENRAGE le 24 Janvier 2012          Consultée 782 fois

Mon père est sans conteste la personne la plus Rock'N'Roll que je connaisse. En effet, non content d'avoir vu The Clash trois fois en son jeune âge, ou plus récemment d'écouter avec intérêt les formations que je lui fais découvrir (Neurosis, Soilwork ou Mogwai à fond en voiture avec son paternel, ça a de la gueule, je peux vous l'assurer !), l'individu profite également de ses voyages d'affaires pour aller... en concert. Si, si. Je vous plante le décor : 10 novembre dernier. Atlanta, United-States. Sorti d'une réunion sans doute ennuyeuse, mon géniteur se rend au Tabernacle, une belle salle de concert pour y voir Social Distortion. Non seulement le concert fut, de son avis, excellent, mais il en a également profité pour me ramener l'album de l'un des artistes de première partie, ce soir-là. Il s'agit bien sûr de l'album qui nous intéresse aujourd'hui.

Alors Frank Turner, qu'est-ce que c'est ? Hé bien c'est un petit briton de même pas 30 ans, qui nous propose de la folk largement mâtinée de punk-rock. Au programme donc : textes réfléchis, guitare acoustique à tous les étages (souvent appuyées par leurs consœurs électriques tout de même), ballades, et quelques hymnes. Trois quarts d'heure de bonne humeur, en somme ? Pas tout à fait.

L'album s'ouvre en effet sous les meilleurs auspices, avec un entrain et une pêche énorme : "Live Fast Die Old" fédère immédiatement, et "Try This At Home" appuie encore plus sur l'accélérateur, pour un résultat décoiffant en même pas deux minutes. "Dan's Song", plus typiquement folk (acoustique et harmonica, il manque plus que le feu de camp !) nous invite à partager un bon moment entre potes, la title track, elle, porte un message aussi simple que positif dans un final particulièrement enthousiaste : "Life is too short to live without poetry, if you got soul, darling, now come on and show it to me".

Puis coup de frein. La mélancolie pointe enfin le bout de son nez. Mais pas pour gâcher les festivités, au contraire, la première ballade de l'album apporte une variété bienvenue. Tant que j'y suis, autant parler des ballades de l'album dans son ensemble (enfin, des titres plus calmes et émotionnels disons), pour briser cette chronique par trop linéaire. L'album en compte cinq, pas toutes de la même qualité. D'un côté, "Isabel" et "The Fastest Way Back Home" sont de qualité, touchantes et bien composées. De l'autre, "Faithful Son" appuie un peu trop sur le pathos. Pas trop mon genre de tirer sur l'ambulance, et je suis sûr que Turner y met toute ses tripes et sa sincérité, on va dire que ça s'écoute gentiment en attendant la suite. "Sunday Nights" est classique, sympathique mais pas spécialement marquante, malgré la participation d'un orgue. "Journey Of The Magi", offre elle une fermeture toute en douceur et en rêverie, avec des chœurs de toute beauté.

Le single de l'album, "The Road", est par contre excellent. Une véritable invitation au voyage, entraînante, ultra-fédératrice avec un refrain magnifique et de bien belles paroles. Au registre des hymnes, citons aussi "Sons Of Liberty", appuyée par un violon très à propos. Le genre de titres qu'on écoute le poing serré, avec conviction et à plein volume.
Le chant de Turner est très bon, très juste, varié comme il faut, soulignant à merveille toutes les intentions de l'album : chargé en gnaque pendant les titres rapides, ou tout en simplicité et en sincérité pendant les ballades.

Finalement, Poetry Of The Deed est l'album typique qu'on écoute beaucoup et souvent, sans lassitude, dont on regrette la présence de quelques titres un peu superflu (les ballades citées plus haut, mais surtout "Our Lady Of The Campifires", qui m'agace par ses lignes de chant trop abruptes, ce morceau n'a pas l'air de savoir où il va), mais qui ne sauraient éclipser la bonne humeur et le talent évident de notre cher petit prodige anglais.

A noter pour finir qu'au moment où j'écris ces lignes, j'ai eu la chance de revoir Social Distortion, et Monsieur Turner était de la partie. Deux titres de l'album furent joués : "Try This At Home" et "The Road", aussi excellents l'un que l'autre.

3,5 arrondi à l'inférieur, car je suis sûr que l'ami Turner peut faire encore mieux, encore plus concis et plus affûté.

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   FROMAGE_ENRAGE

 
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- Frank Turner (chant, guitare acoustique, harmonica)
- Ben Lloyd (guitare électrique, mandoline, chœurs)
- Tarrant Anderson (basse)
- Matt Nasir (piano, orgue, claviers, chœurs)
- Nigel Powell (batterie, percussions, chœurs)
- Anna Jenkins (violon sur 'sons of liberty')
- Marika Hughes (violoncelle sur 'faithful son', 'our lady of the c)


1. Live Fast Die Old
2. Try This At Home
3. Dan's Song
4. Poetry Of The Deed
5. Isabel
6. The Fastest Way Back Home
7. Sons Of Liberty
8. The Road
9. Faithful Son
10. Richard Divine
11. Sunday Nights
12. Our Lady Of The Campfires
13. Journey Of The Magi



             



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