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DA SILVA - La Distance (2012)
Par GEGERS le 13 Février 2012          Consultée 907 fois

L'artiste le sait bien, la carrière est un fleuve aux nombreux méandres. Le rocher du succès, friable comme de la craie, n'est pas un port d'attache pérenne pour le chanteur, particulièrement s'il se voit affilié, à tort ou à raison, à la «  Nouvelle vague » de la chanson française. DA SILVA, marin aguerri, sait qu'il n'emprunte pas les voies navigables d'un long fleuve tranquille, mais sa barque est solide. Bien décidé à ne pas s'accrocher au concept de « formule à succès », le Bourguignon n'a eu de cesse de suivre de ses envies au lieu de céder aux sirènes de la célébrité, pourtant à portée de main à la sortie de l'album De Beaux Jours à Venir en 2005, porté par le single « L'indécision ». Un début de carrière orienté punk, puis une formule acoustique, des albums pour enfants, un opus livré clés en main à la chanteuse Elsa Lunghini, l'artiste aux multiples talents n'en fait qu'à sa tête. La voie navigable n'est qu'un prétexte, l'important, c'est le périple.

Forcément, DA SILVA surprend. Après trois albums solo, rock ou acoustiques, le chanteur revient en cette année 2012 avec un quatrième opus bien plus pop et atmosphérique. La participation de Yann Arnaud (Air, Syd Matters) n'est sans doute pas étrangère à cette évolution. Moins de violons et de guitares, plus de claviers et d'orchestrations. Moins d'immédiat, plus de profondeur pourrait-on penser. Le changement n'est pas aussi brutal qu'il paraît. Si La Distance débute en effet de manière audacieuse par « Les concessions », qui voit l'artiste poser des lignes vocales parlées sur un piano et une batterie, « La crise » nous rappelle le DA SILVA d'antan. Ce titre, qui évoque un Stephan Eicher des bons jours, se veut une tendre apologie de l'hédonisme, en ces temps d'incertitudes et de morosité. Dans la même veine, « L'escalier » se veut plus mélancolique et atmosphérique, faisant la part belle aux arrangements électroniques.

Si les guitares se font plus rares, elles sont néanmoins le vecteur des plus belles réussites de l'album. « Les stations balnéaires », syncopée et désabusée, rappelle fortement le cheminement suivi récemment par le groupe Luke. La guitare (électrique en l'occurrence) n'est plus qu'un moyen parmi d'autres de transmettre des ambiances, chargée d'assurer un gimmick répétitif et lancinant. Reste que ce morceau s'impose comme la pièce la plus marquante d'un album qui, faute à des ambiances plus ou moins similaires, manque d'impact et de diversité.

Pianos et claviers, illustrant des thématiques conscientisées (l'usure du quotidien, la violence ordinaire, la dépression), œuvrent à apporter une homogénéité à cet album, qui s'enfonce rapidement dans un certain pathos duquel on peine à s'extirper. Lancinant, « La distance » témoigne de cette volonté de DA SILVA de proposer des ambiances lourdes. Malgré un ton plus léger, « Les premiers » et ses intonations à la Gaétan Roussel (Louise Attaque) se fait aussi léger qu'un cassoulet toulousain, tandis que « Le bâtiment » se fait agaçant par son inutilité et sa redondance.

La formule séduit parfois (« La fin du mois), mais DA SILVA peine malheureusement à tenir cette fameuse distance qu'il chante pendant 40 minutes. Si la prise de risques est remarquable, le résultat n'est pas exactement à la hauteur du talent du bonhomme. Un coup d'essai à saluer, qui donne tout de même naissance à quelques titres fort bien sentis. DA SILVA convaincra néanmoins suffisamment pour poursuivre son périple, en attendant une nouvelle surprise musicale dans quelques années ?

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Non disponible


1. Les Concessions
2. La Crise
3. Le Repas
4. Le Jeu
5. La Fin Du Mois
6. L'escalier
7. Les Stations Balnéaires
8. La Distance
9. Les Premiers
10. Le Petit Tambour
11. Le Bâtiment



             



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