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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

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- Style : Cheap Trick
- Membre : Black Sabbath, Roy Wood , Electric Light Orchestra, Wizzard

The MOVE - Move (1968)
Par BAAZBAAZ le 7 Mars 2012          Consultée 1843 fois

A Birmingham, dans la seconde moitié des années 60, un monstre nommé BLACK SABBATH est en gestation. Mais la ville n’a pas encore accouché de la créature infernale qui va bientôt l’incarner aux yeux du reste du monde. En attendant, les gloires locales sont deux groupes tout aussi stupéfiants mais très différents l’un de l’autre : le SPENCER DAVIS GROUP, dont la soul assez prévisible est transcendée par le gosier en or massif du jeune Steve Winwood, et surtout THE MOVE, qui représente pendant quelques années ce que l’Angleterre a de meilleur à offrir en matière de rock psychédélique, d’expérimentations baroques et de fulgurances hard rock.

Pourtant, à l’époque, la concurrence est rude. Rien qu’en 1968, l’année où sort le premier album du groupe, les chefs-d’œuvre se bousculent. Mais il ne faut pas se laisser leurrer par l’oubli relatif dans lequel THE MOVE est tombé. Ces musiciens-là boxent bel et bien dans la même catégorie que les fous furieux ahurissants de talents qui sortent alors leur Village Green, leur Ogdens' Nuts Gone Flake ou leur double blanc… Et surtout – c’est indispensable pour jouer dans la cour des grands – le groupe couve un songwriter de génie en la personne du chanteur et guitariste Roy Wood, maître à penser d’une musique puissante et chatoyante qui le hisse, au moins pendant un temps, à la hauteur d’un Ray Davies ou d’un Pete Townshend.

C’est bien simple, Wood donne l’impression de ne pas savoir écrire une mauvaise chanson. Au sein de THE MOVE, il fait un sans faute absolu, passant d’un style à l’autre avec une aisance presque arrogante. En 1968, il ne pratique pas encore le hard rock assourdissant ni l’éclectisme glam qui seront sa marque de fabrique après l’arrivée de Jeff Lynne. L’heure est au psychédélisme, aux divagations néoclassiques et aux petits chœurs vicieux. Et dans ce domaine, il excelle à tel point que le groupe sort en un an une série de singles jouissifs qui ravissent les Anglais. Un signe ne trompe pas : sur les treize chansons du disque, on ne compte que trois reprises, qui expriment le goût jamais démenti de Wood pour le rockabilly et le doo wop.

Mais l’important réside dans ses propres compositions. Lorsque sort Move, deux singles ont déjà hystérisé les charts : le terrible « Night Of Fear », au riff outrageusement pompé sur l’« Ouverture 1812 » de TCHAÏKOVSKI, et l’hymne à la drogue « I Can Hear the Grass Grow », sous légère perfusion BEACH BOYS. Ces chansons ne figurent pourtant pas sur l’album. Mais peu importe, le groupe peut se le permettre. Contrairement au SPENCER DAVIS GROUP qui, à la façon des YARDBIRDS, pond des singles phénoménaux mais peine à composer un album décent, THE MOVE dispose d’un vivier de tubes inépuisable.

Des tubes, dans Move, il n’y a d’ailleurs que ça. C’en est même déconcertant. Au fil des chansons, un monde savoureux se construit, à la fois enjoué et enfantin, débordant de refrains délicats et d’arrangements minutieux. Un monde à part, qui donne immédiatement au groupe une identité unique faite de riffs rock (car cette musique-là n’est jamais mièvre), de tempos freakbeats et d’influences classiques. Sans compter que le style de Wood, en 1968, est carré et concis. Les chansons sont courtes et efficaces, comme l’attestent les deux singles à succès qui figurent sur le disque : « Flowers in the Rain », la perle diffusée par BBC Radio 1 lors de son inauguration, et le fringant « Fire Brigade ».

Et ces chansons ne sont que l’avant-goût d’une œuvre géniale. Que dire ainsi de « (Here We Go Round) The Lemon Tree », petite chose merveilleuse dont on doit pouvoir écouter le refrain inlassablement jusqu’à la fin de sa vie ? Et ce n’est même pas un single, juste une face B… Il n’y a aucun déchet sur le disque. Et si l’on croit parfois entendre les KINKS (« Girl Outside »), c’est lorsque les clavecins surgissent sur « Mist on a Monday Morning » que la pop se fait baroque. Chaque fois, en moins de trois minutes (mais toutes les grandes chansons font moins de trois minutes), Wood et son groupe livrent un condensé excentrique et désarmant de richesse du meilleur de leur époque.

Ce disque, toutefois, est une exception dans la discographie de THE MOVE. C’est que la mode n’est alors plus vraiment aux sucreries sonores dont il est parsemé. L’ambiance change, le ton se durcit et le hard rock s’impose. Roy Wood le comprend et s’apprête à lester ses compositions de plomb, épaulé par le puissant Bev Bevan, batteur solide qui sera à ses côtés le seul membre constant d’un line-up instable. D’autres brûlots suivront donc. Mais le prix à payer sera l’abandon de ces chansons délicieuses, véloces et mélodiques, parfois aussi un peu mélancoliques, dont regorge Move, ce beau chef-d’œuvre.

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- Carl Wayne (chant)
- Roy Wood (chant, guitare)
- Trevor Burton (guitare)
- Ace Kefford (basse)
- Bev Bevan (batterie)


1. Yellow Rainbow
2. Kilroy Was Here
3. (here We Go Round) The Lemon Tree
4. Weekend
5. Walk Upon The Water
6. Flowers In The Rain
7. Hey Grandma
8. Useless Information
9. Zing Went The Strings Of My Heart
10. The Girl Outside
11. Fire Brigade
12. Mist On A Monday Morning
13. Cherry Blossom Clinic



             



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