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MEIN SOHN WILLIAM - Mein Sohn William (2012)
Par JOVIAL le 6 Avril 2012          Consultée 1422 fois

Cela doit bien faire trois ans que j'ai envie d'écrire cette chronique. Comprenez : cela fait trois ans que j'attends la sortie de ce disque, trois ans depuis que j'ai posé l'oreille sur Orchestre National, premier fantastique album de MEIN SOHN WILLIAM. Son folk névrosé, addictif et dégoulinant de sueur m'avait littéralement pris en otage, et l'artiste squattait alors mon mange-disque au moins une fois par semaine, tandis que du coin de l’œil je surveillais avec attention ses dates de concerts, histoire d'espérer le revoir un jour quelque part pas trop loin de mon patelin. Et depuis trois ans, le Rennais n'a cessé de grandir, écumant sans relâche les salles de France, de Bretagne et de Navarre, les festivals aussi, pour finalement, double point d'orgue de son ascension, signer chez le prestigieux label nancéen Ici d'ailleurs et participer aux Transmusicales en décembre 2011. Et c'est ainsi que MEIN SOHN WILLIAM sort enfin son premier « vrai » album en février 2012, évidemment pressé cette fois-ci à plus grande échelle qu'Orchestre National, ce dernier étant, et c'est peut-être un peu dommage, relégué au rang de simple démo, possédée seulement par quelques centaines d'aficionados chanceux. Mais trêve de palabres, intéressons-nous donc à ce nouvel album, certes court, mais qui tient, je vous l'assure, toutes ses promesses ou presque durant ses quelques vingt-cinq minutes de durée.

Premier constat, Dorian Taburet a investi. Investi dans du nouveau matos, en particulier un très bô clavier qui vient désormais se greffer aux arpèges bruts et décalés de ses compositions, mais aussi investi dans de nouveaux amis, qui viennent lui prêter main forte sur presque l'ensemble des morceaux de l'album. Le résultat, on le qualifierai sans peine de flamboyant, en particulier lorsque MEIN SOHN WILLIAM revisite cinq titres déjà présents sur Orchestre National. Si « Million Thousand People », toujours aussi fraîche et de bonne humeur, n'a globalement pas beaucoup changé, « Husband » et « Walk Around » en revanche ont été transfigurés, et demeurent sans doute bien meilleurs que leurs déjà excellents originaux. En effet, lorsque la première gagne en folie et en dramatique grâce au violon alto de Carla Pallone (Mansfield.TYA), essoufflant en fin de partie, c'est la clarinette basse d'Eric Thouvenel qui donne à la seconde, très prenante, toute son intensité et sa tristesse, voyant ainsi Dorian Taburet évoluer dans une musique étonnamment plus immersive. Toutefois, rassurons-nous, le Rennais garde à côté de ça un peu de place pour des compositions plus remuantes, toutes percussions frénétiques, mélodies binaires et autres guitares follement samplées dehors, pour nous fournir, ici encore, de très grands moments. Alors que « Carbonnade » et ses arpèges hypnotiques nous font rapidement perdre la boule, tout comme le faux tube math folk (quelle horrible étiquette hein ?)de l'excellent « Until The End », c'est encore et toujours cette petite perle de « Megawatt Megawatt » qui recueille tous mes suffrages. D'une intensité grimpante en flèche, complètement hors du temps, elle reste sans aucun doute celle que je présente toujours en premier lieu au pauvre hère qui n'a encore jamais entendu parler de ce timbré de MEIN SOHN WILLIAM.

L'humour est également au rendez-vous, avec l'entraînante « Our Naked President », dédiée à un certain « black brown americain president », que je vous laisse découvrir par vous-même, de même que « The Jazz Hot », avec son clavier et son chant débiles, s’achevant dans un délire de percussions et d'électronique aussi jouissif qu'inattendu. Mais enfin, après tant d'enthousiasme de ma part et avant de conclure, je vais cependant être un peu relou à propos de deux morceaux, qui m'ont déçu, ou pour mieux dire frustré (Dorian, t'as réussi ton coup !), « The Quiet Man » et « Tchèque », beaucoup trop courte à mon goût et passant la main au plus mauvais moment. Non, allons, quand même, à l'écoute des géniales cinquante et une secondes de « Tchèque » et de son ambiance tzigane-autour-du-feu, j'ai quand même bien le droit de râler un peu lorsque la musique s'arrête. Espérons au moins que ce morceau tourne un peu plus longtemps en concert, le contraire serait bien dommage.

En somme, MEIN SOHN WILLIAM frappe de nouveau très fort avec ce second disque, malgré les quelques défauts énoncés plus haut. Sa musique, toujours très habitée, a certainement gagné en maturité et en créativité. On peut toutefois reprocher à l'album de manquer parfois de compositions plus franches et encore plus libérées, à l'instar d'un fantastique « Coton Tige » sur Orchestre National, dont mes membres inférieurs frémissent encore. M'enfin bref, ne soyons pas si chiant, et reconnaissons que, comme Dorian Taburet nous le souffle sur « Carbonnade », Mein Sohn William nous file une sacrée « patate ».

4/5

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- Dorian Taburet (tout)
- Guests :
- Eric Thouvenel (clarinette)
- Carla Pallone (violon/choeurs)
- Anne Moullier (choeurs)
- Amélie Grosselin (choeurs)
- Valérie Courtois (choeurs)
- Vincent Pouplard (choeurs)
- Rachel Langlais (choeurs)
- Pauline Deniel (choeurs)
- Antoine Bellanger (clavier/chant/oeuf)


1. Husband
2. The Quiet Man
3. Until The End
4. Million Thousand People
5. Carbonnade
6. The Jazz Hot
7. Megawatt Megawatt
8. Tchèque
9. Walk Around



             



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