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FREE - Tons Of Sobs (1969)
Par BAAZBAAZ le 26 Août 2012          Consultée 1423 fois

Des gamins. Des fichus gamins qui surgissent de nulle part. A l’origine, FREE n’est rien d’autre que ça : des petits morveux sûrs de leur force, pétris de talent et pleins d’arrogance qui déboulent dans le Londres de la fin des années 60. Mais ce Londres-là est à part. Ce n’est pas celui des mods – déjà ringards – ni des esthètes de la pop baroque. C’est celui du British blues, né de la fascination d’une génération de jeunes Anglais pour MUDDY WATERS et le blues électrifié de Chicago. Ici, pas de comptines pop, de chœurs précieux ni de clavecins. FREE pénètre avec aplomb dans un monde élitiste, puriste et ultra-codifié dont les tables de la loi ont été écrites dès 1966 par le Beano de Mayall et Clapton. Sous le patronage d’Alexis Korner, gourou de la scène locale et leader de BLUES INCORPORATED, le groupe brûle les étapes. Formé en avril 1968, il se rode en concert et enregistre Tons of Sobs dans la foulée.

Le son est rude, la production est sèche et agressive. La voix écorchée de Paul Rodgers – déjà sidérant de feeling – surnage au-dessus de compositions lourdes, pour la plupart des mid-tempos puissants et obstinés : « Worry » et « Walk in My Shadow », placés en début d’album, sont des litanies sombres et brûlantes portées par la guitare râpeuse du merveilleux Paul Kossoff, immense artiste, étoile filante au destin pathétique qui s’aventure ici aux lisières du hard rock. On sent ainsi poindre ce qui sera plus tard la marque de fabrique de FREE, ce rock lent, rampant et envoutant, gorgé d’émotions, qui en fera l’un des plus grands groupes du monde. Mais ce n’est qu’une impression fugace. Car si le disque est convaincant le temps des deux ou trois premières chansons, il s’avère vite inégal, prisonnier d’un carcan blues dans lequel Rodgers, songwriter en chef, ne semble pas pouvoir donner la plénitude de son inspiration.

Techniquement, il n’y a rien à dire. Chaque membre du groupe fait preuve d’une maturité sans faille. Est-ce si étonnant quand on sait que le plus jeune de la bande, le bassiste Andy Fraser (âgé de seize ans lors de l’enregistrement) a déjà joué aux côtés de JOHN MAYALL ? Mais la maîtrise technique ne suffit pas. Sur « I’m A Mover », « The Hunter » ou « Sweet Tooth », la musique de FREE apparaît quelque peu répétitive et lassante, l’efficacité rythmique ne suffisant pas à compenser une certaine monotonie. En fait, Tons of Sobs est monolithique, et peut susciter l’ennui chez ceux qui ne goûtent pas les stricts codes d’un blues rock exigeant. Tout cela manque cruellement de diversité, voire d’idées. Et les sales gosses culotés se permettent même un brin d’auto-complaisance et de suffisance avec le long « Goin’ Down Slow », reprise d’un standard de ST. LOUIS JIMMY ODEN, inutilement étiré sur plus de huit minutes.

Par la suite, FREE saura faire preuve de plus de concision. Mais au-delà de ses défauts, Tons of Sobs demeure un moment singulier dans la carrière d’un groupe qui n’a pas encore trouvé sa pleine identité sonore. C’est aussi le témoignage d’un état d’esprit qui, à l’époque, est déjà presque rétrograde si l’on considère que le British blues est quasiment mort au moment où sort le disque. Clapton, dieu vivant du genre, est déjà passé depuis longtemps à autre chose avec le rock psychédélique de CREAM. De même, LED ZEPPELIN, sur son premier album – paru au même moment – n’utilise le blues que comme une rampe de lancement vers une musique plus complexe et plus riche. Sans démériter, FREE ne regarde alors pas encore tout à fait vers l’avenir. En soi, bien sûr, cela n’a rien de déshonorant. Mais le talent et la créativité de ces gamins précoces ne pouvaient que les inciter à entrer dans l’histoire avec leur propre style, pas en copiant les autres. Ce qu’ils ont fait ensuite, à grands coups de chefs d’œuvre.

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- Paul Rodgers (chant)
- Paul Kossoff (guitare)
- Andy Fraser (basse)
- Simon Kirke (batterie)


1. Over The Green Hills, Pt. 1
2. Worry
3. Walk In My Shadow
4. Wild Indian Woman
5. Goin' Down Slow
6. I'm A Mover
7. The Hunter
8. Moonshine
9. Sweet Tooth
10. Over The Green Hills, Pt. 2



             



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