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KLUB DES LOOSERS - La Fin De L'espèce (2012)
Par PRODUKTEEF le 11 Mai 2012          Consultée 1313 fois

Si l’on me demandait d’imager la joie qui émane de La Fin de l’Espèce, je dirais que c’est au moins aussi gai qu'un employé de France Télécom misanthrope écoutant du Brel un samedi de pluie le dixième anniversaire de la mort de son grand-père. Mais il n’est pas nécessaire de chanter l’ode à la joie pour être appréciable n’est-ce pas ? Je sais qu'il y a des amateurs de Funeral Doom dans le coin.

« Si la vie est une série, j’ai encore raté une saison. »

Le titre, La Fin de l’Espèce, a le premier mérite de ne réserver aucune mauvaise surprise. A l’écoute des textes, on peut l’entendre comme la sentence qui menace l’espèce humaine si elle décidait dans son ensemble de s’abstenir de procréer. On en déduit donc aussi facilement que cinquante plus cinquante font cent-quarante en Russie (si vous voyez à quoi je fais allusion), que les thèmes abordés au cours de l’album seront le couple, la descendance, l’ascendance, etc.

« Pas Papa. Pas Papa Paa Paa. »

Les textes sont bourrés de métaphores et c’est bien la première fois qu'il est nécessaire de mettre sur pause pour analyser la dernière phrase et en comprendre tous les sous-entendus. Parfois plus proche du poète déchu que du rappeur masqué, Fuzati nous fait part d’un album plus poétique que musicale.

L’album commence avec une piste intitulée "Vieille Branche" qui commence par les mots suivants : « Je suis vivant. Bizarrement même les branches n’arrivent plus à me supporter, elle a fait comme la mort en trois secondes elle s’est cassée. J’ai l’air con la corde au cou, le cul par terre, super. ». Cette Vieille Branche dont parle Fuzati est celle avec laquelle il a voulu en finir à l’aide d’un nœud coulissant. Ce terme Vieille Branche qui désigne parfois un ami de longue date, désigne probablement ici ce bon vieil ami de Fuzati qui revient souvent au cours de ses chansons, et qui rend également de nombreuses visites dans les maisons de retraites : la mort. Un peu plus loin nous trouvons "Volutes" et "Non-Père" qui sont probablement les meilleurs titres de cet album, traitant respectivement de la recherche de l'amour, et du souhait de ne pas être père. Comme dit, ne vous attendez pas à un album respirant la joie, la gaieté, et les Minikeums.

« Ils sont tous à gerber, j’ai toujours un petit sachet. C’est vrai. Quand il sera plein je m’arrêterai pour le vider. »

Ce qui est reprochable à La Fin de l’espèce est peut être son manque de punch qui rend l’album lassant par moment et le rap du Fuzati qui a son teint si particulier commence peut-être à perdre son charme. En effet, si les textes du Klub des Loosers sont aussi bien ficelés qu’une pièce de bœuf chez votre meilleur artisan boucher, le côté mélodique de l’album laisse parfois un peu perplexe. Les flow sont assez monotones et ne varient que rarement, cachant parfois les beats type Old-School-Jazz de Detect qui sont pour la plupart entraînants. C’est pourtant ce qui fait la popularité du Klub Des Loosers, le faisant passer pour le vilain petit canard du rap français, parfois adoré par les MCs de France, parfois rejeté. La Fin de l’Espèce est donc un album à écouter comme on lit Les Fleurs Du Mal : on le savoure uniquement pour son lyrisme. Les amateurs d'Orelsan devraient également apprécier (même si Fuzati a horreur qu'on le compare à ce dernier.)

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