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2011 Love Lies

Kami THOMPSON - Love Lies (2011)
Par MARCO STIVELL le 12 Juin 2012          Consultée 656 fois

Kamila «Kami» THOMPSON n'est personne d'autre que la troisième fille de Richard et Linda, le couple de monstres sacrés du folk britannique sans doute encore aujourd'hui inégalé, même s'ils ne sont plus ensemble depuis belle lurette. Kami est en fait née au tout début des années 80, au moment où ils se séparaient, et bien que les ayant parfois accompagnés sur scène l'un ou l'autre, elle n'émerge vraiment qu'en 2006 dans le milieu musical. On a entre autres pu la voir aux côtés de son grand frère Teddy, de Bonny Prince Billy, de Sean Lennon ou encore du clan Wainwright, dont les filles sont par ailleurs invitées sur ce premier disque solo, Love Lies.

Le jeune femme ne dérogera pas à la règle plus naturelle que réellement imposée de la famille, en consacrant sa vie à la folk music. Sans avoir besoin de savoir si elle s'y cantonnera, on se dit que Love Lies représente un début encourageant. Au premier plan de la personnalité, il faut bien sûr parler de la voix de Kami. Dire qu'elle tient aussi pour cela de ses parents de manière tout à fait naturelle ne serait pas très gentil pour Teddy. Enlevons alors toute notion de légitimité, mais insistons néanmoins sur le fait qu'effectivement, Kami à comme Linda, comme Richard, une voix assez grave bien qu'elle ne semble pas disposer de la même étendue que sa mère, ou alors elle le cache pour le moment. C'est une voix plaintive, très agréable et qui n'a pas besoin de nombreux artifices pour séduire.

Tout comme les chansons. Kami les écrit et compose toutes elle seule, j'ai déjà vu ça quelque part, tout comme le fait de céder à l'envie de la reprise occasionnelle, en l'occurrence «Don't Bother Me», la première chanson de George Harrison publiée pour les Beatles. Le tout est joué en petite configuration : chant et choeurs (souvent réalisés de main maître par Lucy et Martha Wainwright), section rythmique et bien sûr les guitares en avant, comment pourrait-il en être autrement quand on connait les antécédents ? D'ailleurs, Richard est présent pour un trio de titres avec la classe qu'on lui connait, mais sur le plan guitaristique, Sean Lennon ou Danny Albetta apportent aussi une couleur seyante à la fragilité de ce disque. Sans parler des arrangements de glockenspiel et autres petites choses faisant ressortir l'attachement que l'on peut avoir envers cette interprète.

Sur la première partie de son Love Lies, Kami THOMPSON mêle folk et pop avec brio. «Little Boy Blue» et son ton country rapide-mélancolique, l'entraînant «Gotta Hold On» sont des chansons tout à fait remarquables pour leur côté efficace autant que leur profondeur. On retiendra l'intelligence des sons de guitares et sons de synthés qui viennent densifier le tout, ainsi que sur les autres chansons. «4,000 Miles» est un échange de guitares en son clean et d'autres plus incisives. Les choeurs éperdus du refrain font encore ressortir l'urgence de ce titre, tout comme l'escapade orientale du refrain de «Nice Cars». Mais l'apogée de cette première partie reste ce magnifique «Stormy», où les instruments insufflent un parfum de mystère sur les couplets, jusqu'à ces décollages inattendus pour les refrains et en tout points réussis. Kami nous donne l'occasion de constater à quel point son timbre colle bien à ce type d'expérience chaud-froid.

En comparaison, la deuxième partie est un peu moins réussie hélas. Non pas que les chansons soient mauvaises, elles restent agréables mais sans se révéler aussi immédiates, elles laissent aussi le sentiment d'être moins abouties. La ballade folk «Never Again» fonctionne encore plutôt bien, mais les trois suivantes peinent à convaincre sur la longueur, malgré encore une fois de superbes choeurs pour «Tick Tock» et «Want You Back» et la présence de Richard à la mandoline sur «Blood Wedding». «Don't Bother Me» quant à elle, s'éloigne du paysage musical des titres précédents en présentant un emballage électro massif qui lui donne certes un nouveau souffle mais qui l'isole un petit peu trop.

Ce songwriting dont fait preuve Kami THOMPSON a le mérite d'être, en plus de contenir déjà quelques pépites, sincère et bien adapté à sa personnalité vocale. Il ne manque pas grand-chose pour être satisfait sur la longueur de tout un disque, et espérons que ce ne soit que le début d'une belle carrière.

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   MARCO STIVELL

 
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- Kami Thompson (chant, guitare acoustique)
- Richard Thompson (guitares, mandoline)
- Matt Johnson (batterie, choeurs)
- Brad Albetta (basse, glockenspiel, guitare baryton, xylophone, c)
- Teddy Thompson (choeurs)
- Sean Lennon (guitares)
- Bill Dobrow (batterie)
- Rob Berger (piano)
- Jason Crigler (guitares)
- Steve Schiltz (guitares)
- James Campilongo (guitare électrique)
- Danny Albetta (guitare électrique)
- Brett Shearer (basse)
- Felix Penny (synthétiseurs)
- Liam Gerner (choeurs)
- Charlie Grant (choeurs)
- Lucy Wainwright (choeurs)
- Martha Wainwright (choeurs)


1. Little Boy Blue
2. 4,000 Miles
3. Nice Cars
4. Gotta Hold On
5. Stormy
6. Never Again
7. Tick Tock
8. Want You Back
9. Blood Wedding
10. Don't Bother Me



             



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