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BEIRUT - The Rip Tide (2011)
Par MARTIN le 1er Juillet 2012          Consultée 841 fois

The Rip Tide, c'est du tout bon, si vous aimiez les précédents albums de BEIRUT, vous pouvez y aller l'esprit tranquille. De toute manière, l'esprit, si vous ne l'avez pas tranquille, ça n'est pas un souci : la bande à Zach Condon se chargera une fois de plus de vous détendre et de vous communiquer son allégresse si particulière. Inutile de tenter de maintenir un quelconque suspens quant à la qualité de ce troisième album qui réussit à succéder avec un certain brio à l'immense The Flying Club Cup, la précédente œuvre de BEIRUT qui fit grand bruit (à raison). Sans, toutefois, réussir à provoquer un enthousiasme tout à fait similaire. Explications.

L'auditeur qui a déjà entendu la musique du groupe ne sera pas désorienté, le groupe nous livrant une musique immédiatement identifiable, sorte de mixture très cohérente puisant dans le folklore de musiques éclectiques, avec des influences plus particulièrement notables du folklore balkanique. L'ensemble recouvre toujours ce paradoxe réussit en proposant une musique comme un peu passée de mode, mais malgré tout, indémodable. En somme, difficile de dire pour le néophyte si ce son est récent ou si il n'existait pas déjà alors que Johnny sortait ses premiers tubes, et pourtant, Dieu que c'est « frais ».

Pourtant BEIRUT fait évoluer sensiblement son son, qui tend ici légèrement vers la pop, ou pourrions nous dire qui se normaliserait un chouïa (mais vraiment un chouïa). Pour témoin le titre Santa Fe, qui, à la première écoute, avait provoqué chez moi un début d'indignation, avec son intro un peu nian-nian, son clavier pas vraiment inspiré et ce chant timide, un peu impersonnel, pas vraiment digne des plus grandes prestations du sieur Zach, et enfin ces percussions bien banales. Et puis, cette structure couplet / refrain / couplet / refrain qui n'est pas là pour rassurer l'auditeur habitué à l'aspect un peu informel et très libre de The Flying Club Cup. Bien sûr, ça, c'est avant qu'une envolée de cuivres ne vienne vous prendre aux tripes, et vous fasse comprendre que cette apparente (et relative) banalisation du son de BEIRUT ne bride en rien le talent du groupe. L'album regorge de ces moments mémorables où les divers instruments s'expriment avec un entrain et une facilité qui ravira vos esgourdes. C'est tantôt dansant, tantôt émouvant, et toujours réussit.

Au chapitre de l'évolution du son, on peut aussi noter une couleur générale peut-être un peu plus mélancolique, mais une fois de plus l'évolution est légère, et un titre de The Rip Tide aurait pu figurer sur The Flying Club Cup sans dénoter dans l'ensemble. Même si l'on commence à connaître la recette et que la surprise n'est pas aussi forte et plaisante que les deux premiers albums, sortie de tout contexte comparatif, force est de reconnaître que l'ensemble est très inspiré, très équilibré, et que l'album ne souffre d'aucun titre faible. Tout juste peut-on noter un mixage un peu timide, qui va de paire avec cette impression de normalisation du son de BEIRUT. C'est le chant de Zach qui en pâtit le plus, un peu en retrait, moins convaincant et entraînant que sur les précédents albums, et cela est bien plus imputable à ce mixage timoré plus qu'à une inspiration qui serait en berne (et qui ne l'est donc pas). Faites un test avec n'importe quel titre de The Flying Club Cup, la différence est assez marquée.

Un réel regret néanmoins, hormis ces quelques questions de réglages qui au final nuisent assez peu à l'ensemble de l’œuvre, il est à noté que l'album atteint tout juste 33 minutes, ce qui nous laisse quand même sur notre faim. Cela gène d'autant plus que le son de The Rip Tide est plus aéré et moins « éprouvant » que ses prédécesseurs, et, cette fois-ci, on ne râlerait pas si l'écoute se prolongeait avec quelques titres supplémentaires.

Impossible pour autant de ne pas être séduit à nouveau par The Rip Tide, qui sait se faire pardonner ses quelques défauts par des qualités toujours aussi éblouissantes. Il m'aura fallu plus de temps pour aimer cet album, mais aujourd'hui, difficile de le lâcher.

BEIRUT signe donc ici encore un chouette album, même si pour ma part j’émets quelques incertitudes quand à son successeur si le groupe poursuit dans la voie entrevue ici que l'on pourrait qualifier d'un peu facile et paresseuse. Il ne reste plus qu'à espérer que je me trompe dans mes analyses, et à patienter sagement en attendant le prochain, qui, à l'heure ou j'écris ces lignes, n'a fait l'objet d'aucune annonce. D'ici là, comme je l'annonçais en introduction : The Rip Tide, c'est bon, allez-y. Court, mais bon.

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   MARTIN

 
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Non disponible


1. A Candle’s Fire
2. Santa Fe
3. East Harlem
4. Goshen
5. Payne’s Bay
6. The Rip Tide
7. Vagabond
8. The Peacock
9. Port Of Call



             



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