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Jon HASSELL - Last Night The Moon Came Dropping Its Clothes In The Street (2009)
Par STREETCLEANER le 3 Décembre 2012          Consultée 1530 fois

Avec Last Night The Moon Came Dropping Its Clothes In The Street, le trompettiste Jon Hassell, à l'univers si particulier, produit là un de ses plus beaux albums, peut-être le plus captivant depuis son fameux Fourth World Vol.1, son oeuvre majeure produite avec Brian ENO, en 1980 déjà. Last Night... est aussi le second album de Jon Hassell sur le fameux label ECM, après un premier Power Spot en 1986. Jon Hassell, comme beaucoup d'artistes, n'a pas sorti que de grands albums, mais on peut dire que Manfred Eicher, le patron d'ECM, a eu du nez sur ce coup-là, car Last Night... est une des plus belles réalisations sorties sur son label depuis ces dernières années. Le nom de l'album est tiré d'un poème de Jalaluddin Rumi (13ème siècle) dont Jon Hassell reproduit un extrait dans le livret :

« Last night the moon came dropping its clothes in the street
I took it as a sign to start singing
Falling up into the bowl of sky »

On pourrait s'arrêter sur ce « to start singing »... car il est vrai que la trompette de l'Américain est particulièrement chantante, mais cela n'est pas une nouveauté puisque, on le sait, Jon Hassell n'a eu de cesse de trouver son inspiration dans la technique vocale du Kirana Gharana dont il se servira largement pour définir son jeu de trompette, à la fois expérimental et unique. Pour ceux qui s'attendent à un jeu et un son de trompette « conventionnels » quelle ne sera pas leur surprise, car la technique employée par le trompettiste est tellement particulière et inhabituelle qu'elle en sera pour le moins déroutante, notamment sur l'excellent « Abu Gil » où il dialogue avec un violon oriental et spectral.

L'intervention de Hassell sur « Aurora » est, quant à elle, difficilement décelable, noyée dans des nappes flottantes, vaporeuses et synthétiques. Elle semble émerger tel un lointain appel qu'un épais brouillard aurait assourdi. Les climats, orientalisants, sont parfois proches de ceux que l'on retrouve sur le récent Horizontal Structures (2011) du Moritz Von Oswald Trio, avec notamment des percussions plutôt froides et métalliques « Time and Place », ou une électronique qui marche sur les terrains de la kosmiche musik « Abu Gil ».

Très atmosphérique, voire ambient, Last Night... est un album plein de délicatesse, son mot d'ordre semble être celui de l'apaisement ou de la contemplation de paysages tranquilles et immobiles. Last Night gagne en sérénité mais perd aussi un peu en chaleur car l'utilisation de l'électronique, de percussions aux sonorités métalliques, et la production de Manfred Eicher, donnent un visage un peu plus froid que celui attendu, ce qui semble être un peu paradoxal pour celui qui n'a cessé de nous faire voyager dans son Quatrième Monde, chaud et coloré. C'est donc plus le désert à la tombée de la nuit qu'on pensera plutôt qu'aux terres ocres et ensoleillées de l'hémisphère sud.

Et puis on remarquera que le trompettiste fait une incursion dans le jazz, très légère certes, mais évidente. Les trois derniers titres « Northline », avec sa guitare recherchant l'esprit expérimental dans la période électrique de Miles Davis, « Blue Period » (un remix de « Amsterdam Blue », apparu dans l'OST « The Million Dollar Hotel », un film de Wim Wenders) et « Light on Water » sont de superbes compositions de jazz à l'atmosphère nocturne, la trompette de Hassell est d'une délicatesse et d'un lyrisme remarquables.

Avec Last Night The Moon Came Dropping Its Clothes In The Street, Jon Hassell signe une de ses plus belles réalisations, aux climats enchanteurs, mystérieux, mais aussi irréels. Poétique, délicat, raffiné, dépaysant, magique, mais aussi jazzy, Last Night... éveille tout autant l'imaginaire qu'il développe l'instrospection, encore une superbe tranche de découvertes, d'émerveillement et de songes. Quand on dit que la musique est souvent images...

Hautement recommandé !

Note réelle : 4,5/5.

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- Jon Hassell (trompette, claviers)
- Peter Freeman (basse, percussions, guitare)
- Jan Bang (live sampling)
- Jamie Muhoberac (claviers, batterie)
- Rick Cox (guitare)
- Kheir Eddine M'kachiche (violon)
- Eivind Aarset (guitare)
- Helge Norbakken (batterie)
- Pete Lockett (batterie)
- Dino J.a. Deane (live sampling)
- Steve Shehan (percussions)


1. Aurora
2. Time And Place
3. Abu Gil
4. Last Night The Moon Came
5. Clairvoyance
6. Courtrais
7. Scintilla
8. Northline
9. Blue Period
10. Light On Water



             



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