Recherche avancée       Liste groupes



      
PUNK CABARET  |  STUDIO

Commentaires (3)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

 The Dresden Dolls - Brechtian Punk Cabaret (388)

The DRESDEN DOLLS - The Dresden Dolls (2004)
Par UDUFRU le 11 Avril 2005          Consultée 3085 fois

Le crépuscule étendait son manteau rougeoyant sur la vieille cité ouvrière dans les ruelles de laquelle je flânais, sombre et désolée, à l’image des bâtiments anthracites qui bordaient le quai malodorant. Mais alors que mes pas nonchalants me conduisaient vers la chaleur toute relative d’un troquet mal famé dans lequel je trouverais l’oubli de mes désillusions, mon oreille fut alpaguée par quelques notes cristallines jaillissant d’une porte entrouverte, si discrète que je ne l’avais jamais remarquée malgré mes fréquentes errances dans la ville industrielle. « Un petit divertissement me ferait le plus grand bien », songeai-je alors, et je m’engouffrai dans l’immeuble à la façade grise, la curiosité aiguisée par la ritournelle qui se faisait de plus en plus sonore.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je m’aperçus que je venais de pénétrer dans un authentique cabaret, avec ses murs tapissés de velours pourpre, son bar désert sur lequel trônaient pourtant quelques coupes de champagne, ses objets hétéroclites collectés au fil des ans et qui résumaient à merveille la futilité du siècle écoulé, et sa petite scène au centre de laquelle se trouvaient un piano, une batterie, et deux drôles d’individus maquillés de blanc et vêtus à la façon de marionnettes. Je pris place au comptoir afin de profiter d’un spectacle musical engageant. Mais dès que le premier morceau commença, je compris que les deux poupées de cire qui s’affairaient devant mes yeux étaient plus que de simples musiciens…

De leurs instruments sortit une espèce de punk-rock théâtral très original puisque quasiment dépourvu des guitares coutumières du genre. Contre toute attente, la batterie, excellemment maîtrisée par un pantin du nom de Brian Viglione, s’harmonisait parfaitement avec les accords de clavier assenés par sa partenaire, Amanda Palmer, ainsi qu’à la voix de cette poupée-chiffon, qui se surimposait au reste. Une voix sans artifice, brute, qui ne cherchait pas à chanter juste à tout prix mais à chanter vrai. Ainsi, cet automate organique interprétait des contes souvent drôles, parfois grotesques, mais toujours tendres, et ses vocalises jouaient le texte mieux que l’aurait fait un comédien. Passant du murmure au cri, de la douceur à l’agressivité ("Missed me"), on oubliait qu’elle était là, devant, penchée sur son piano, et un autre monde se dessinait sous nos paupières closes.

Comme dans les vieux films, une petite ballerine métallique tournait perpétuellement sur sa boîte à musique ("Good Day"), quand soudain un diable à ressort jaillit du coffret avec fracas ("Girl Anachronism") ! Il jongla avec des ambiances tantôt tragiques ("Half Jack"), tantôt éruptives ("Bad Habit"). Un coup de baguette magique survint ("Coin-Operated Boy") et la marionnette de ventriloquie se dédoubla et entonna un chant plein d’entrain ("The Jeep Song") ! Le clou du spectacle fut exécuté avec maestria par les deux clowns tristes qui, accompagnés de la fanfare du cirque, quittèrent la scène sur une pièce mélodramatique et poignante d’intensité ("Truce").

Le silence revenu dans le petit cabaret, je secouai la tête quelques instants en écarquillant les yeux, et recouvrai peu à peu mes esprits. Je venais d’assister à un concert intime et délirant, tour à tour grave ou tragicomique, calme ou survolté. Et à aucun moment, je ne m’étais ennuyée, car ces deux musiciens hors pair avaient conçus une œuvre kaléidoscopique qui ne m’évoquait absolument rien de préalablement entendu !

Un peu hagarde, mais euphorique, je repris le chemin de mon logis, sautillant sur les pavés détrempés, et me jurant de retourner, dès le lendemain, dans cette ruelle sombre qui recelait, bien cachée, un tel concentré de plaisir auditif.

A lire aussi en ROCK :


FLEETWOOD MAC
Future Games (1971)
Virage mélodique entièrement consommé




MIDNIGHT OIL
10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 (1982)
Les "oils" prennent le pouvoir en australie


Marquez et partagez





 
   UDUFRU

 
  N/A



- Amanda Palmer (chant, piano)
- Brian Viglione (batterie, guitare)


1. Good Day
2. Girl Anachronism
3. Missed Me
4. Half Jack
5. 672
6. Coin - Operated Boy
7. Gravity
8. Bad Habit
9. The Perfect Fit
10. The Jeep Song
11. Slide
12. Truce



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod