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Anouk AÏATA - Anouk Aïata (2012)
Par GEGERS le 25 Novembre 2012          Consultée 819 fois

Il se dégage de se premier EP d'Anouk AÏATA une certaine candeur juvénile, que l'on pourrait prendre de prime abord comme une superficialité vide de sens. « Pourquoi regardes-tu la lune ? », y a-t-il question plus futile que cette question que se pose la jeune artiste sur son premier morceau ? Il est vrai que la fascination des êtres humains pour cet astre mort dépasse l'entendement. Un agglomérat de déchets rejetés par la Terre dans sa prime jeunesse, même pas capable de tourner sur elle-même ou de refléter sa propre lueur, se contentant de nous restituer celle du Soleil, la lune est un objet de culte bien surestimé. Mais voilà, Anouk AÏATA, « la femme mangeuse des nuages du ciel » en langue maorie, fait de la lune une entité dans laquelle on souhaite se perdre, à l'écoute de ses paroles empreintes d'une poésie délectable et longuement mûrie. Le premier titre de cet EP est un folk lancinant et envoûtant qui, transcendé par un violoncelle soyeux, se fait une sucrerie dont on se repaît jusqu'à l'indigestion.

Anouk n'est pas une de ces étoiles filantes que l'on a retiré de leur anonymat pour leur offrir un instant de gloire, puis que l'on jette comme un mouchoir usé. Depuis plus de deux ans, la trentenaire peaufine et polit les titres qui constituent cet EP, et qui constitueront un premier album prévu pour fin 2013, alors que la carrière de la chanteuse va prendre un nouveau tournant en décembre, en première partie des concerts du groupe Zebda. Entichée de l'artiste Amos Mâh, co-auteur des musiques et des textes, l'artiste chante comme elle respire. Les quatre titres de cet EP semblent couler de source, complémentaires dans leur variété. Melting-pot bien digéré d'influences diverses, l'EP mêle espièglerie et mélancolie, énergie et tendresse. « Errer », donnant une nouvelle fois la part belle au violoncelle, se fait une rencontre majestueuse entre l'univers gitan et les mélodies de Brassens. On applaudit des deux mains à l'écoute de ce morceau dédié au vagabondage.

Après ces deux premières réussites, Anouk lève légèrement le pied. « I forgot to love », entre folk et ska, séduit raisonnablement avec sa guitare sautillante et ses choeurs bien sentis. Flamboyante et naturellement groovy, la voix de la chanteuse constitue le « liant » idéal de l'ensemble. « Naci En Alamo », lamento en espagnol issu de la bande original du film Vengo de Tony Gatlif, n'est pas la plus grande réussite de l'EP, mais voit Anouk faire preuve d'une puissance et d'une sensibilité vocale qui ne sauraient laisser indifférents.

L'ensemble atteint bien aisément son objectif, celui d'en découvrir plus sur cette artiste prometteuse et rafraîchissante. Cet première sortie constitue une sorte de croisière sonore dont « Pourquoi regardes-tu la lune » constitue la plus belle des escales. En attendant que le bateau s'éloigne à nouveau du port...

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- Anouk Aïata (chant, guitare)
- Amos Mâh (violoncelle)


1. Pourquoi Regardes-tu La Lune ?
2. Errer
3. I Forgot To Love
4. Naci En Alamo



             



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