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Médéric COLLIGNON - A La Recherche Du Roi Frippé (2012)
Par WALTERSMOKE le 19 Mars 2013          Consultée 1165 fois

Reprendre des morceaux de King Crimson est un pari risqué. En effet, savoir capter l'essence des oeuvres de Robert Fripp et de ses compères est une entreprise assez risquée, voire dangereuse. La paroi entre la reprise de bon aloi et le cataclysme est incroyablement fine. Bien sûr, on pourrait citer le 21th Century Schizoid Band comme bon exemple, mais la présence d'un ancien membre (Mel Collins) le met hors de la course. C'est alors que débarque le trublion Médéric COLLIGNON et son Jus de Bocse, prêts à en découdre avec le Roi.

Médéric COLLIGNON est un homme digne de confiance. Son amour de King Crimson plaide largement en sa faveur et celle de son dernier album en date, le quasi-instrumental A la recherche du roi frippé. Derrière ce titre absurde et loufoque se trouvent donc des réinterprétations de différents morceaux de King Crimson, réarrangés à la sauce jazz et classique. D'un côté, ceci n'est que peu étonnant, Fripp ayant déjà flirté avec ces genres (Lizard et Islands). Il est alors légitime de s'attendre à des versions actuelles de "Circus", entre autres. Tout faux ! COLLIGNON et ses compagnons revisitent en vérité certains des titres les plus rock du groupe, en couvrant un spectre allant de Larks' Tongues in Aspic à The Power to Believe. Un programme des plus intéressants, mais qui sonne hélas un peu court, au vu de la sélection finalement assez restreinte. Mais trop de bonheur tue le bonheur, c'est connu. Vive l'équilibre relatif.

Globalement, la principale caractéristique qui affecte la plupart des morceaux réinterprétés, c'est la puissance sonore. Bien évidemment, il ne s'agit pas de pousser le volume à fond ou pas. Par exemple, "Red", qui ouvre l'album de manière brutale (est-ce étonnant pour un tel titre ?), paraît se calmer par rapport à la version d'origine. L'aspect terrifiant et mortuaire se dissipe, au profit d'une fureur contrôlée. Cela pourrait passer pour un défaut, mais l'idée n'est pas de le rejouer à la lettre et à l'émotion près.
Cette distanciation marche cependant moins bien avec d'autres morceaux, comme "Frame by Frame", qui s'éternise inutilement et présente une instrumentation relativement paresseuse – en dehors du cornet fou de COLLIGNON. De plus, le piano électrique ne rend vraiment pas hommage à ce morceau. Dans le bas du panier peut également être ajouté "Dangerous Curves", franchement ratée et perdant toute crédibilité. Heureusement, ce sont les seuls vilains petits canards, les autres morceaux étant relus avec un bien meilleur talent – ou du moins plus visible. "VROOOM" se place ainsi en meilleure relecture de l'album, avec un travail sublime sur les cordes. Pour terminer l'album, un étrange intrus est présent : il s'agit de "River Man" de Nick Drake. Ce sympathique morceau n'a pas de lien avec King Crimson, mais il se laisse écouter sans problèmes.

Médéric COLLIGNON a cherché le roi frippé, et l'a trouvé. La question de savoir s'il s'est fait dominé par ce dernier se pose alors. La réponse sera complexe pour certains, tandis que d'autres pourront trouver la question rhétorique. Pour ma part, je pencherais vers la deuxième catégorie. Personne ou presque ne peut faire flancher le roi.

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1. Red
2. Larks' Tongues In Aspic Ii
3. Larks' Tongues In Aspic Iii
4. Vrooom
5. Vrooom Vrooom
6. Frame By Frame
7. Intrudicsion/indiscipline
8. 21st Century Schizoid Man
9. Facts Of Life
10. Krim 3
11. Dangerous Curves/incursion
12. River Man



             



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