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MAGIC SLIM - Bad Boy (2012)
Par MANIAC BLUES le 8 Avril 2013          Consultée 1042 fois

Je souhaite rendre hommage à Magic Slim, mort le 21 février à l’âge de 75 ans. Lorsque j’ai commencé à chroniquer son album Bad Boy, j’ignorais encore que Magic Slim avait rejoint Muddy Waters et Magic Sam au paradis des bluesmen…

J’avais alors commencé cette chronique en ces termes :
« Magic Slim peut se targuer d’être le dernier représentant de la tradition du Chicago blues d’après guerre…qu’il est dur de porter seul sur ses épaules un tel fardeau ! Buddy Guy l’a lâché il y a bien longtemps et a préféré suivre le chemin balisé d’un blues-rock stéréotypé. Peu à peu, les derniers dinosaures s’éteignent. Le grand Pinetop Perkins a fini par lâcher son piano le 21 mars 2011 au vénérable âge de 97 ans… Il y a également ceux dont on entend plus du tout parler. Mais que fait donc ce diable de Jimmy Dawkins ? Et enfin, le grand Magic Slim est toujours là. Il fêtera ses soixante-seize ans en août prochain. On ne sait pas encore combien de temps il va tenir la baraque du Chicago blues…donc autant profiter à fond de chacun de ses albums. »

Finalement, ce Bad Boy fera figure d’œuvre testamentaire à la fois pour Magic Slim, mais aussi pour le Chicago blues. Non le Chicago blues n’est pas mort en 1981 avec Muddy Waters, il a rendu son dernier soupir le 21 février 2013 avec Magic Slim...enfin pas tout à fait, James Cotton n'a pas encore dit son dernier mot.

Il nous avait quittés en 2010 sur une excellente impression. Raising the bar était un album de fort bon niveau. Même si depuis il n’a guère tourné sur la platine, ce disque a eu tout de même le mérite de prouver que Morris Holt avait toujours la magie dans les doigts.

C’est donc avec une émotion redoublée que j’écoute Bad Boy. Toujours accompagné par son groupe Teardrops, Magic Slim apparaît en moins bonne forme qu’en 2010. Vocalement, il envoie toujours du lourd dans le micro, mais avec moins de puissance qu’auparavant. De plus, le blues band distille une musique un peu moins précise qu’à l’accoutumée.

Mais le bad boy de 75 balais a du métier derrière lui. Cela fait plus d’un demi-siècle qu’il vadrouille sur les routes, qu’il égrène des riffs incisifs et tricotent inlassablement les mêmes gammes de blues. Un peu moins rock que Raising the bar, ce nouveau disque propose du Chicago blues traditionnel, énergique et électrique à souhait. Le « Bad boy » d’Eddie Taylor pose des bases solides : la guitare Magic Slim n’a pas l’intention de faire de la figuration, la section rythmique impose avec assurance un rythme dynamique tandis que le leader peut compter sur le renfort des troupes sur le refrain.

Il ne faut donc pas s’attendre à être surpris d’une quelconque manière. C’est du blues pur et dur et on en demande de toute façon pas plus. Au programme des reprises de standards qui nous rappellent avec émotion les grands maîtres disparus. « Champagne and Reefer » de Muddy Waters, « Matchbox blues » d’Albert King, le grand Magic Slim connaît son répertoire et nous le transmet avec ferveur. Il montre toutefois ses limites sur le tempo très rapide de « How Much More Long » composé par J.B. Lenoir. C’est là que l’on se rend compte que le gaillard n’est plus dans sa prime jeunesse, même s’ il peut compter sur le soutien d’un groupe toujours au top. Le bassiste André Howard vient même partager le micro avec le leader sur « Someone Else Is Steppin’ In » : ce duo inattendu donne un véritable souffle à ce morceau qui apparaît étonnamment aérien à côté du terre-à-terre « Sunrise blues ».

Comme à son habitude, Morris Holt est tout à fait à son aise dans les mid-tempos, domaine dans lequel il a toujours excellé. Il l’est également dans les ballades. Tout en souplesse, « Hard Luck blues » de Roy Brown apparaît comme l’un des morceaux les plus aboutis de l’album. La voix rocailleuse de Magic Slim s’y exprime aussi avec le plus de facilité.

A noter enfin la présence de deux compositions originales qui s’insèrent parfaitement au milieu des standards : l’archi classique « Gambling blues » et l’instrumental trépident mais un peu brouillon « Country joyride ».

Bad Boy est un album solide qui contentera les fans du bluesman et les amateurs de Chicago blues. C’est sans doute l’un des derniers albums dans le genre que l’on aura l’occasion d’entendre. Enfin, la fin de carrière de Magic Slim n’est pas sans faire penser à celle de Muddy Waters. Tous les deux ont livré un dernier album sur lesquels ils donnaient l’impression d’être fatigués mais sur lesquels ils chantaient aussi une ultime fois leurs standards avec la même passion. En jouant « Champagne & Reefer » (également présent sur King Bee), Magic Slim avait peut être le pressentiment que ce disque serait le dernier.

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   MANIAC BLUES

 
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- Magic Slim (guitare, chant)
- Jon Mcdonald (guitare, choeur)
- André Howard (basse, chant )
- Bj Jones (batterie, choeur)


1. Bad Boy
2. Someone Else Is Steppin In
3. I Got Money
4. Sunrise Blues
5. Girl What You Want Me To Do
6. Hard Luck Blues
7. Gambling Blues
8. Champagne And Reefer
9. How Much More Long
10. Matchbox Blues
11. Older Woman
12. Country Joyride



             



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