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MAGIC SLIM - Highway Is My Home (1978)
Par LE KINGBEE le 17 Octobre 2016          Consultée 1046 fois

Né le 7 août 1937 à Torrence, une bourgade du Mississippi située près de Grenada, tout près du lac du même nom, Morris Holt débute la musique par l’apprentissage du piano. Suite à un malencontreux accident, il perd un doigt dans une machine agricole, il décide alors de lâcher les ivoires pour se mettre à la guitare, instrument qu’il apprend en autodidacte. Le bonhomme, un véritable colosse, quitte les champs de coton au milieu des fifties et part s’établir à Chicago. Il intègre la scène locale et MAGIC SAM, son copain d’enfance (les deux musiciens étaient presque voisins et ont le même âge) lui met le pied à l’étrier. Pendant près de dix ans, il végète plus ou moins se produisant principalement dans les clubs du West Side et notamment au Florence’s Club où il se transforme en véritable juke-box, Magic Slim qui ne sait pas lire une partition est capable de jouer n’importe quel titre après l’avoir écouté une ou deux fois. Le guitariste tourne brièvement au sein du groupe de l’harmoniciste Slim Willis puis fonde sa propre formation The TEARDROPS. Entre 1966 et 1975, il met boite une poignée de singles pour les labels Ja-Wes et Mean Mistreater qui ne connaissent pas le moindre succès.

Si « Love Me Baby » et « Scuffing » figurent dans deux compilations consacrée au Chicago Blues, le guitariste n’a jusqu’alors pas réussi à se faire un nom, en dehors des clubs de la Windy City. C’est par le biais du label français MCM de Marcelle Morgantini que notre colosse va acquérir une soudaine notoriété bien méritée avec un enregistrement Live capté au Ma Bea’s en novembre 1976, « Born On A Bad Sign » (MCM 900.298)
Deux ans plus tard, le guitariste est engagé par Black & Blue pour le Chicago Blues Festival de 1978. Le label profite de la venue du guitariste pour l’envoyer au Barclay Studio à Paris où il est placé dans les mains de Gerhart Lehner. Grand amateur de Jazz et de Blues l’ingénieur du son allemand a connu quelques bonnes réussites avec Dizzy Gillespie, Earl Hines, Lionel Hampton ou Milt Buckner. Comme souvent, le label français décide de laisser libre cours au guitariste et de ne pas intervenir sur le choix des titres.
Epaulé par une équipe d’enfer: son frangin Nick Holt à la basse, du formidable batteur Fred Below, membre des Aces et créateur de nombreuses structures rythmiques et du backbeat, et du guitariste Coleman « Alabama » Pettis Jr., un ancien partenaire de Big Walter Horton, Little Walter et Lee Jackson, Magic Slim enregistre 12 titres lors de cette session d’un jour.
Initialement, seuls 9 titres apparaîtront sur l’album « Highway Is My Home ». Peu de compositions au compteur, seule « Tell Me Baby » provient de la plume du guitariste. D’entrée de jeu, le guitariste fait mouche avec « Highway Is My Home » un titre clin d’œil à Howlin’ Wolf décédé deux ans avant. La section rythmique solide et heavy mais souple fait merveille. Le chant puissant en brin voilé se superpose remarquablement sur un jeu de guitare qui se veut expressif et délié malgré une relative limite technique.
Hormis « Help Me », standard Chess de Sonny Boy Williamson repris par de nombreux apprentis bluesmen et « The Sky Is Crying », œuvre d’Elmo James & His Bloomdusters (alias Elmore James) gravé en 1960 sur Fire Records, qui connaitra au fil du temps de nombreuses mitonnâdes (on pourra préférer les relectures d’Earl Hooker, Albert King ou celle de Fenton Robinson) Slim ne reprend ici que des inusités : « Living In My Neighborhood » de Buster Benton, « Man Or Mouse » titre Duke de Junior Parker. Le quatuor met les gaz sur le «I Love My Baby» de Jimmy Reed. Mais c’est sur le blues lent « Country Girl » une reprise d’Otis Spann, qu’il donne le meilleur de lui-même.

Très rapidement, Magic Slim s’imposera sur les campus universitaires et les plus grands festivals de Blues. Auteur d’une discographie luxuriante (plus de trentaine d’albums), Magic Slim restera comme l’un des meilleurs représentants d’un low down blues patiné par Chicago et le Mississippi. Il savait installer un climat et n’avait pas son pareil pour créer de la tension.
« Highway Is My Home » demeure l’album qui aura contribué à lancer ce géant débonnaire, ce n’est faire injure à personne mais Cocorico, le label français Black & Blue peut se targuer d’avoir fait connaitre de nombreux bluesmen et de les avoir de surcroît placer dans les meilleures conditions d’enregistrement.

PS : Ce disque a été réédité en en 1990 en CD par Black & Blues avec un titre supplémentaire, puis par Evidence en 1992. Enfin, en 1999, Black & Blues publiait une nouvelle mouture avec deux titres bonus.

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   LE KINGBEE

 
  N/A



- Magic Slim (guitare, chant)
- Alabama Pettis Jr. (guitare, chant 8)
- Nick Holt (basse)
- Fred Below (batterie)


1. Highway Is My Home.
2. Living In My Neighborhood.
3. I Love My Baby.
4. Country Girl.
5. Man Or Mouse.
6. Help Me. The Sky Is Crying.
7. I'm Mad.
8. Tell Me Baby.



             



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