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DEFTONES - Koi No Yokan (2012)
Par SEIJITSU le 15 Avril 2013          Consultée 1311 fois

En 2003, on était prêt à enterrer les DEFTONES lorsqu’ils se décidèrent à sortir leur inégal 4ème album éponyme. La bande à Chino Moreno était une cible facile à une époque où le néo metal commence à ressembler à une fosse septique. White Pony s’était pourtant révélé être une nouvelle direction enthousiasmante, la preuve : il est considéré encore aujourd’hui comme un de leurs meilleurs disques.

Le hic, c’est que l’album suivant était loin de tenir ses promesses. Il n’y avait aucune direction précise puisque le groupe hésitait entre ses envies d’atmosphères éthérées et ses débuts plus brutaux. Tout cela était donc laborieux, contrairement au single vitrine qui fera exploser DEFTONES commercialement : le sublime « Minerva ». Un titre ultra-mélodique mais d’une lourdeur ahurissante, tout aussi bien capable de faire fondre les cœurs que de faire headbanger.

L’avenir nous a heureusement donné tort, DEFTONES a su se ressaisir et nous offrir de bons disques. Certes, ils ne peuvent prétendre égaler les sommets que sont White Pony et Around the Fur, mais aucun ne peut être qualifié d’inutile ou de médiocre. Ces petits gars continuent à nous proposer de la qualité.

Ce qui n’est guère étonnant. N’oublions pas qu’on parle du seul ancien groupe de néo metal qui a su proposer une alternative à un mouvement éphémère. SYSTEM OF A DOWN sera écarté d’office puisqu’il s’est sabordé et a fini par lasser avec le temps. Mais le plus important, c’est que DEFTONES est un groupe unique : personne ne sonne comme eux. On aura beau démêler les influences et se retrouver enseveli par du hardcore, de la new wave, du THERAPY? ou encore du SMASHING PUMPKINS, on en arrivera toujours à la même conclusion : ce groupe est un des fleurons du rock/metal alternatif. Car regroupant tellement d’éléments (à la fois connus et inconnus) qu’on ne peut que trouver cette musique fraiche.

Koi No Yokan est donc leur seulement 7ème album en 24 ans (!) de carrière musicale. Il ne s’agit toujours pas de leur réalisation studio nommée Eros et qui devait sortir en 2008. Ce mystérieux disque ne paraîtra pas avant le bon rétablissement de leur bassiste, Chi Cheng, victime d’un accident de voiture. En attendant que leur bassiste chéri soit de nouveau sur pied, DEFTONES met en suspend l’écriture d’Eros et continue de sortir du matériel. Cet événement semble avoir motivé la troupe car si elle n’évolue plus (mais un groupe original est-il obligé de se réinventer tout le temps ?), elle met un point d’honneur à ne pas tromper sur la marchandise.

Rien que l’ouverture est éloquente. « Swerve City » est un tube potentiel et démontre que malgré son grand âge, la bande de Sacramento n’a pas perdu de son efficacité. Les riffs de Stephen Carpenter sont toujours aussi lourds sans être lourdingues et Abe Cunningham nous fait encore bénéficier de sa frappe inventive car biberonnée au math rock. Mais c’est bien Chino Moreno le plus époustouflant. Son chant est en constante progression et ne se révèle jamais poussifs, que ce soit dans ses soupirs langoureux (magnifique « Entombed ») ou ses hurlements déchainés (« Poltergeist »).

Hélas, si DEFTONES propose nombre de pépites de metal mélodiques (« Gauze » et « Goon Squad »), comme tout album de leur discographie, certains titres sont tout bonnement dispensables. « Romantic Dreams » et « Leathers » sont médiocres et font tâches au milieu de tout cela. Avoir choisi un des deux morceaux comme l’un des premiers singles est d'ailleurs une drôle d’idée.
On peut également regretter que la seule tentative de renouvellement ne soit pas totalement réussie. Le presque post-rock « Rosemary » étant très bon dans première partie, mais s’achève avec une outro hors de propos dont le seul but est de faire un fondu avec le morceau suivant.

Ces quelques reproches ne gâchent pourtant pas le plaisir qu’on peut retirer de cette très réussie sortie. Tout comme avec les deux albums précédents, DEFTONES continue son chemin sans vraiment surprendre, mais sans non plus refourguer une livraison insipide.

Alors que les anciennes gloires du néo-metal se sont enfoncées dans la médiocrité, les DEFTONES sont toujours en bonne santé, malgré plusieurs évènements faisant craindre leur dissolution. C’est bien la marque d’un bon groupe respectable.

P.S.: cette chronique a été rédigée avant la mort du bassiste Chi Cheng. Ce qui explique pourquoi cette dernière ne fait pas mention de son décès.

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- Abe Cunningham (batterie)
- Stephen Carpenter (guitare=)
- Frank Delgado (samples, clavier)
- Chino Moreno (chant, guitare)
- Sergio Vega (basse)


1. Swerve City
2. Romantic Dreams
3. Leathers
4. Poltergeist
5. Entombed
6. Graphic Nature
7. Tempest
8. Gauze
9. Rosemary
10. Goon Squad
11. What Happened To You?



             



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