Recherche avancée       Liste groupes



      
ELECTRO / TRAD. AINOU  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


IMERUAT - Black Oceans (2012)
Par CHIPSTOUILLE le 7 Juillet 2013          Consultée 521 fois

On peut comprendre l’envie de compositeurs affiliés à une discipline aussi ingrate que la composition de BO de films ou de jeux vidéo de vouloir voler de leurs propres ailes. La culture japonaise est peu propice aux initiatives personnelles, et les cas de libertinages sont même assez rares. Mentionnons par exemple l’ignoble Phantasmagoria de Nobuo UEMATSU dont seule la rareté peut aujourd'hui justifier le prix onéreux de la galette. Masashi HAMAUZU a lui aussi gagné vidéo-ludiquement sa notoriété, en collaborat avec UEMATSU (et le beaucoup moins reconnu Junya NAKANO) sur Final Fantasy X. Par la suite il ira jusqu’à le remplacer en tant que compositeur attitré de la série sur les différents épisodes "XIII" (1). Mais faisons fit des jeux-vidéo. IMERUAT est un groupe formé par HAMAUZU donc, et la chanteuse Mina (que l'on peut voir sur la pochette). Fort heureusement, contrairement à ce qu’avait produit son prédécesseur, HAMAUZU est loin d’être ridicule hors des contrées du média interactif.

IMERUAT ne produit pas une musique difficile à appréhender dès lors que l’on en connaît et distingue les composantes caractéristiques. Cela revient à définir les origines et personnalités de ses deux membres principaux, aussi diverses que complémentaires. Du côté d’HAMAUZU, peut-être les joueurs des épisodes de Final Fantasy précités ne retrouveront pas de suite leurs marques. Ceux qui se seront essayés à Saga Frontier 2 en revanche, devraient être, pour moitié au moins, en terrain connu. La patte d’HAMAUZU, ce qui le fait se distinguer des autres, c’est son utilisation particulière du piano. Ne vous laissez pas duper par le titre "Black Ocean" qui démarre l’album et en est presque dépourvu. L’instrument à cordes frappées a chez lui une forte empreinte rythmique. HAMAUZU n’hésite pas à répéter un motif complexe mais très court, pour que l’auditeur l’assimile rapidement. Motif sur lequel viennent se greffer bruitages électroniques, nappes de synthétiseur, cordes, rythmes…

Mina, de son côté, apporte le côté traditionnel. La chanteuse fait partie d’une ethnie minoritaire, les aïnous, présents dans le Nord du Japon et l’Est de la Russie. On pourrait comparer leur condition actuelle ainsi que leur culture à celles des amérindiens. Outre la voix, Mina joue de différents instruments tels le Mukkur (ou Mukkuri), une sorte de guimbarde à corde. Non crédité sur l’album, on peut la voir également pratiquer une sorte de chapman stick (instrument à corde sans caisse de résonance) en version acoustique, dont je ne connais pas le nom exact (2).

La recette génère à quelques occasions des merveilles dont seule la world music a le secret. Notons en particulier "Battaki", chant traditionnel aïnou faisant référence aux sauterelles, d’une fraicheur à vous redonner le sourire. Dans un esprit similaire, "Morning plate" (chantée en anglais), plus folk qu’électro ou traditionnelle, tranche dans le vif du sujet et relance l’album de manière judicieuse. Pour les amateurs des musiques de Final Fantasy XIII, Hamauzu a pensé à eux sur "Giant" et "Imeruat", le titre éponyme. Ici comme à maintes reprises dans le jeu, les violons larmoyants partent dans les aigus accompagnés d’une rythmique très (J-)pop.

Malgré le côté enchanteur du mélange, on peut toutefois rester sceptique quant à l’utilisation trop répétitive de la rythmique au piano. C’est d’une grande originalité, mais accapare trop l’attention, noyant du même coup le propos. A ce titre "Left", "Haru no kasumi" ou "Leave me alone" tournent en rond. Et, au même titre que les 4 excellentes versions de Feldschlacht sur l’OST de Saga Frontier 2, finissent par gaver le joueur à force d’être répétées. L'acharnement des motifs au piano assomme. A noter que le disque était donc disponible à la vente en France en ce début d’année 2013 sur le site http://www.shop.wayorecords.net/fr/ mais que celui-ci semble déjà être en rupture de stock à l’heure où j’écris ces lignes. Mentionnons également que l’édition française propose des traductions ainsi que quelques notes explicatives sur les textes, saluons l’initiative !

(1)Pour ceux qui n’y connaissent rien aux jeux vidéo. Sachez que les différents épisodes numérotés de la saga Final Fantasy sont indépendants. Chaque épisode racontant une histoire basée sur un univers et des personnages totalement différents. Des suites (ou préquelles) directes existent pourtant bien et reprennent le numéro dans leur titre. C’est ainsi que Final Fantasy X-2 poursuit l’histoire de Final Fantasy X. Il en va donc de même pour les épisodes XIII, XIII-2 et XIII Lightning returns dont HAMAUZU a donc composé toutes les musiques.
(2)Voir émission OTO du 14/02/2013 sur la chaîne Nolife, accessible sur le site de la chaîne pour les abonnés : http://online.nolife-tv.com/emission/#!/35537/oto-224

A lire aussi en WORLD MUSIC par CHIPSTOUILLE :


Yasunori MITSUDA
Chrono Cross Ost (1999)
Uchronie musicale




LAMBARENA
Lambarena : Bach To Africa (1994)
Du soleil sur la saxe, beaucoup!


Marquez et partagez





 
   CHIPSTOUILLE

 
  N/A



- Masashi Hamauzu (piano)
- Mina (chant, mukkur)
- Sanpe (tonkori)
- Yu Manabe (violon)
- Ayane Hamauzu (violon)
- Matsutami Endo (violoncelle)
- Nobuhiko Chiba (guitare)
- Emi Sasako (accordéon)
- Masayo Tobei (flute)
- Nino Kerl (voix sur 4)
- Jenaska (voix sur 6)


1. Black Ocean
2. Cirotte
3. Leave Me Alone
4. Giant
5. Haru No Kasumi
6. Left
7. 6muk
8. Morning Plate
9. Imeruat
10. Little Me
11. Battaki
12. Yaysama
13. Springs



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod