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COCKNEY REJECTS - The Wild Ones (1982)
Par RED ONE le 9 Novembre 2013          Consultée 884 fois

Lorsqu’on écoute ce quatrième LP studio des REJECTS pour la première fois, on ne peut qu’être stupéfait : par les tripes de Cromwell, qu’est-ce que c’est que ce son heavy metal ?!

The Wild Ones est donc, vous l’aurez compris, le premier épisode d’une très étrange série d'albums hard rock que vont nous proposer les REJECTS durant toutes les années 1980. Les frères Geggus n’avaient, dans le passé, jamais caché leur passion pour la musique heavy metal : des riffs heavy présents sur quelques titres des deux premiers albums (notamment sur la chanson "The Rocker") à la reprise de MOTÖRHEAD sur l’album live Greatest Hits Vol.3, on avait plus ou moins compris le message. L’expérience The Power & The Glory (1981), qui voyait les REJECTS s’essayer sans succès à un punk rock beaucoup plus doux et presque "romantique", n’avait pas été concluante. On peut comprendre alors que les frères Geggus aient préféré se faire plaisir et sortir de leur routine punk pour produire une musique plus raffinée mais non moins brutale. D’où, probablement, cette nouvelle orientation hard rock.

The Wild Ones est un album franchement sympa. En tout cas, s’il n’est bien sûr pas parfait, il est beaucoup plus réussi que ne l’était The Power & The Glory quelques mois plus tôt. De nombreuses chansons regorgent de riffs ravageurs et de solos épiques ("Way Of The Rocker", "Let Me Rock You", "Rock'n'roll Dream"), qui mélangent avec brio un heavy metal speed et visiblement très influencé par MOTÖRHEAD et JUDAS PRIEST avec des sonorités street punk plus traditionnelles (notamment sur "Victim Of The Cheap Wine") mais non moins efficaces. Les choeurs, élément traditionnel de la musique des REJECTS, n'ont certes pas disparu, mais se font ici plus mesurés, à la façon d'un groupe de hard rock classique. Jeff Geggus a le beau rôle, n'hésitant pas à singer le style des chanteurs de hard rock, ce qui peut là encore rebuter j'en conviens. Mais cette fois, à l'inverse du précédent album, l’émotion passe et les aspects "romantiques", déjà présents de façon peu convaincante sur The Power & The Glory, sont parfaitement intégrés aux compos, le mélange fonctionne et les REJECTS maîtrisent mieux leur propos.

Toutefois, ne soyons pas trop laudatifs pour autant : car oui, je l'ai déjà dit plus haut, cet album n’est évidemment pas parfait. Les textes des chansons sont souvent assez sidérants de naïveté : Jeff Geggus y parle essentiellement de sa passion pour le rock et de la vie de rocker (regardez donc un peu les titres des chansons et vous comprendrez). Si ce n’est certes pas une nouveauté dans le monde du hard rock, il faut bien avouer que son approche se révèle assez bancale et peu convaincante. Mais cet aspect est heureusement occulté par les riffs assez monstrueux délivrés par Mick Geggus sur la plupart des titres et le sentiment de bonheur décomplexé qui émane de cet album : les COCKNEY REJECTS veulent faire du hard rock, semblent se faire plaisir du début à la fin et ça marche quand même au final. Les puristes de la période street punk des REJECTS n'ont pas forcément du apprécier cette expérience lorsque cet album est sorti, mais qu'importe en définitive, l'album demeure très bon.

Quatre années avant Grave New World (1986) de DISCHARGE, les COCKNEY REJECTS témoignaient donc déjà d’une attirance étrange (mais pas forcément incompréhensible) des groupes punks pour la scène metal. Si en 1986 DISCHARGE, puis les EXPLOITED quelques mois plus tard, imposeront une fusion assez extrême entre les deux styles, qui donnera naissance par la suite au crossover thrash made in Great Britain, les COCKNEY REJECTS pouvaient se targuer d’avoir déjà sérieusement défriché le terrain quelques années plus tôt avec The Wild Ones puis ses étranges successeurs Quiet Storm (1984) et Lethal (1990), sans pour autant réellement réussir à s’imposer commercialement grâce à cette recette très audacieuse.

Un disque surprenant, par un groupe lui aussi surprenant.

À réécouter d'urgence !

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- Jeff Geggus (chant)
- Mick Geggus (guitare)
- Vince Riordan (basse)
- Keith Warrington (batterie)


1. Way Of The Rocker
2. City Of The Lights
3. Rock'n'roll Dream
4. Til The End Of The Day
5. Some Play Dirty
6. Satellite City
7. Let Me Rock You
8. Victim Of The Cheap Wine
9. Hell's A Long Way To Go
10. Heat Of The Night



             



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